Si votre chat est malade, consultez votre vétérinaire.

Sur cette page :

Présentation rapide des différentes maladies génétiques connues

Les différents "tests", leurs possibilités et leurs limites

Présentation rapide de quelques abréviations barbares...

HCM / CMH : Hypertrophie cardiomyopathique / Cardiomyopathie hypertrophique

C'est une maladie héréditaire qui affecte le cœur, et sans doute celle dont on parle le plus... jusqu'à en faire parfois "la maladie héréditaire du Maine Coon", revers de médaille du fait que l'HCM chez le Maine Coon a fait l'objet de recherches très approfondies, et qu'il s'agit de la seule race dont une cause génétique de cette maladie est aujourd'hui identifiée.
Il est important de garder à l'esprit que l'HCM ne concerne pas seulement le Maine Coon... mais le chat en général (d'autres races sont concernées par le problème, mais tout comme le bon vieux chat de gouttière -- de façon générale, un chat sur 5 est touché par des problèmes cardiaques au cours de sa vie, et l'HCM est la pathologie cardiaque la plus fréquente chez le chat tout court).

L'HCM consiste en un épaississement des parois du cœur, ce qui demande à celui-ci davantage d'effort pour se contracter et le fatigue.

L'HCM est transmise sur un mode dominant. C'est une maladie très insidieuse car elle est évolutive : les chats qui en sont porteurs ne l'expriment pas à la naissance, mais la développent au cours de leur vie, avec des rythmes de progression, des niveaux de sévérité et des âges d'apparition très variables.

Sur la page qui lui est consacrée, vous pourrez en savoir plus sur la cardiomyopathie hypertrophique (HCM/CMH).

Deux moyens complémentaires existent pour en réduire l'incidence : l'échographie et un test ADN pour une forme d'HCM caractérisée.

HD / DH : Dysplasie des hanches

La dysplasie des hanches, qu'on associe généralement aux chiens, concerne néanmoins aussi les chats. Elle fait l'objet d'une vigilance particulière chez le Maine Coon, chat de grande taille, afin d'en éviter les formes les plus sévères, handicapantes.

La transmission de la dysplasie des hanches est complexe, se faisant sur un mode polygénique (plusieurs gènes différents sont impliqués et accumulent leurs effets).

Une radiographie des hanches permet de connaître l'état de celles-ci, mais il faut l'associer à une étude de l'état des hanches du maximum de chats apparentés (étant donné son mode de transmission complexe).

Sur la page qui lui est consacrée, vous trouverez plus d'information sur la dysplasie des hanches.

PKD / MPR : Polykystose rénale / Maladie polykystique rénale

La polykystose rénale est une maladie des reins, sur lesquels se développent des kystes. Elle concerne les Persans, et les races apparentées. Le Maine Coon a très peu de "sang Persan", et l'incidence de cette maladie est relativement faible (mais pas nulle, d'où la vigilance à son égard).

De façon générale, les reins sont un organe fragile chez le chat.

Le principal moyen pour détecter un problème rénal est l'échographie.

Vous trouverez plus d'information sur la page polykystose rénale et problèmes rénaux.

SMA : Atrophie musculaire spinale / Amyotrophie spinale

L'atrophie musculaire spinale est une maladie neurologique, qui entraîne une paralysie de l'arrière-train (sans douleur pour le chat, un peu comme une anesthésie).

L'amyotrophie spinale se transmet sur un mode récessif, c'est-à-dire que même si un chat a un exemplaire du gène muté, il n'exprime pas les symptômes de cette maladie.

Un test ADN permet très facilement d'identifier les porteurs de cette maladie, malheureusement souvent méconnue.

Vous trouverez plus d'information sur la page dédiée à l'atrophie musculaire spinale.

Les différents "tests de dépistage", leurs possibilités et leurs limites

Par définition, les dépistages pratiqués pour limiter l'incidence de certaines maladies connues... supposent que celles-ci soient connues. Celles qui sont inconnues le sont de fait. Le vivant ne se "maîtrise" pas comme de la mécanique.

Les tests de dépistage fournissent des informations cruciales et participent à la prévention de l'apparition des maladies génétiques connues et à la réduction de leur fréquence, mais dans le même temps, aucun ne constitue une "garantie à 100%" (on peut le considérer comme un verre à moitié vide ou comme un verre à moitié plein selon sa tendance personnelle à l'optimisme ou au pessimisme). Les limites inhérentes à chaque mode de dépistage, en fonction de chaque pathologie, mais aussi les possibilités de connaissance qu'ils permettent et qui les rendent nécessaires sont détaillées dans le tableau ci-dessous.


Moyens disponibles Objectif Limites Remarque
Echocardiographie Observer le cœur pour voir si ses parois présentent un épaississement ou une anomalie - L'HCM étant une maladie évolutive, l'échographie n'est pas réalisée "une fois pour toutes", mais doit être renouvelée pour vérifier qu'il n'y a pas eu de modification de l'état du cœur.
Aussi, l'échographie donne une "photo" de l'état du cœur uniquement au moment de l'examen
- Par définition, l'échographie ne détecte les symptômes de la maladie qu'une fois celle-ci déclarée. Cela peut être tardif.
Echographie et test ADN ne se substituent pas l'un à l'autre : ils sont complémentaires et indissociables.
Test ADN HCM1 (mutation du gène MyBPC3) Identifier la présence d'une cause d'HCM avant l'apparition de symptômes Le test ADN n'identifie pas toutes les causes d'HCM, seulement une, et on sait qu'il en existe au moins une autre.
Moyens disponibles Objectif Limites Remarque
Radiographie des hanches Constater l'état de l'articulation La dysplasie des hanches est une maladie complexe et polygénique, et deux chats aux hanches correctes peuvent donner un chaton dysplasique (ils portaient tous deux des polygènes qui se sont trouvés combinés).
C'est seulement avec la connaissance du statut de nombreux chats de leur parentèle qu'il devient possible de se faire une idée plus précise du "fardeau de polygènes" qu'ils peuvent ou non porter, avec cependant des limites dans les déductions permises par ce genre "d'enquête".
Les spécialistes à même d'interpréter les radiographies ne sont pas nombreux ; néanmoins il existe deux programmes de santé (Pawpeds en Suède et OFA aux Etats-Unis) qui proposent un service d'interprétation des clichés normalisé (ainsi qu'une base de données de résultats pour aider à la collecte d'informations sur les chats apparentés aux siens).
Moyens disponibles Objectif Limites Remarque
Test ADN Permet notamment d'identifier les porteurs sains. Pas trop de limites : la cause de cette maladie est bien cernée et il n'en est connue qu'une seule.  
Moyens disponibles Objectif Limites Remarque
Echographie Observer directement les reins pour voir s'ils présentent des kystes ou une anomalie La majorité des cas de PKD sont détectés par échographie quand celle-ci est réalisée vers l'âge d'un an.
Restent les quelques cas (rares) qui passeront "entre les mailles de l'écho" et les autres éventuels problèmes rénaux plus tardifs (pas nécessairement d'origine génétique) qui ne seront pas détectés précocément.
Le seul test ADN ne se substitue pas à l'échographie rénale.
Test ADN pour la mutation PKD1 (la "PKD du Persan") Identifier une cause de PKD avant l'apparition de symptômes "Optionnel" au sens où une échographie permet de détecter une PKD à un an, avant la première mise en reproduction. Cette cause de PKD est faiblement disséminée dans la race ; il semble aujourd'hui que la "PKD persane" ne représente tous les cas de PKD chez le Maine Coon et qu'il y ait aussi une seconde cause.

© Elevage Ailuropus, chatterie de chats de race Maine Coons, Paris, Ile de France