Qu'est-ce qu'un standard ?

Le standard d'une race définit les grandes caractéristiques de celle-ci. C'est à la fois un idéal, projection du "Coon parfait" et une réalité, puisque le chat est décrit en des termes suffisamment généraux pour que tous les chats de la race s'y intègrent (ils doivent y répondre), nonobstant les variations de look individuelles.

Il est donc à la fois le garde-fou d'une race, en recensant les caractères en partage des chats qui lui appartiennent, un guide pour éleveurs (& juges) et un espace à l'intérieur duquel une marge d'interprétation est possible (on n'élève pas des chats "industrialisés" et tous identiques!), qui laisse place aux goûts et donne autant de looks, les grandes chatteries implantées de longue date ayant même parfois "le leur propre".



Sur cette page...

Le(s) standard(s) du Maine Coon dans le monde
En image, c'est plus joli !
Les looks du Maine Coon à travers l'histoire, le temps, les modes et les styles
Les Maines Coons polydactyles : les oubliés du standard
Variation sur un même thème

Le(s) standard(s) du Maine Coon dans le monde

Parcourez le contenu du standard du Maine Coon français (LOOF), avec la comparaison aux autres standards du monde...


Ce que dit le standard français : Le Maine Coon est un chat à poil mi-long natif de l'Etat du Maine, sur la côte est des Etats-Unis. La race s'est développée à partir de croisements entre des chats de ferme locaux et d'autres chats aux origines mal cernées, importés par les immigrants européens et qui ont su s'adapter aux conditions de vie et au climat difficiles de la région. Le Maine Coon est un grand chat avec de grandes oreilles, une poitrine large, une ossature et une musculature fortes, un corps rectangulaire et musclé, une queue longue et bien fournie. La fourrure, de longueur inégale sur le dos et les flancs, offre une bonne protection naturelle.

Le standard français insiste sur l'origine naturelle et "melting-potée" du Coon.
Le standard TICA fait de même, en développant davantage l'idée de sélection naturelle qui a donné le Coon : La race, de caractère intrinsèquement aimable, s'est développée au travers d'un processus de sélection naturelle auquel seuls les plus aptes ont survécu. On devrait toujours se souvenir que le Maine Coon s'est développé pratiquement comme un "chat de travail", capable de se débrouiller tout seul dans un environnement forestier abrupt et dans des conditions climatiques extrêmes.

Le standard de la CFA reprend cette idée de "chat de travail" en lui ôtant même ses guillemets, et mentionne de même cette douceur de caractère, en lui attribuant d'ailleurs un rôle dans la survie du Coon à travers le temps. Tout comme le standard historique de la MCBFA, il insiste aussi sur la solidité et la rusticité du Maine Coon.

Les standards CFA & TICA insistent tous deux le plus sur l'équilibre/l'harmonie du Maine Coon (5 points leur sont même exclusivement réservés dans l'échelle de jugement de la CFA, quand le standard TICA précise : L'équilibre et les proportions d'ensemble sont essentiels au Maine Coon et aucun trait ne devrait attirer l'attention bien plus qu'un autre).
Dans le même ordre d'idée, le standard français mentionne une "remarque importante" : le type ne doit pas être sacrifié à la taille, ni la taille au type, affirmation reprise des standards TICA et MCBFA, lequel ajoute : l'optimum étant un grand chat typé :-D

Dans ses "remarques importantes", le standard LOOF précise aussi que le Maine Coon est une race longue à arriver à maturité et qu'il doit en être tenu compte en jugement. Le standard de l'ACFA n'hésite pas à porter à l'âge de 3 ou 4 ans l'arrivée en pleine maturité du type.
Tête & profil - Ce que dit le standard français : En longueur comme en largeur, la tête est de taille moyenne avec des pommettes hautes et saillantes. De profil, la ligne du nez forme une légère courbe concave sans stop. Une légère bosse est autorisée sur le bout du nez.

Les standards TICA & CFA précisent que la tête est légèrement plus longue qu'elle n'est large. Le standard TICA rappelle aussi qu'elle est proportionnelle au corps.

Les standards MCBFA & CFA rappellent dans cette catégorie que l'élargissement de la tête des mâles parvenus à maturité doit être tolérée. Le standard de l'ACFA y inclue même les bajoues des mâles. Quant au standard FIFé, il établit une distinction entre mâles et femelles à cet égard, les premiers ayant la tête plus large à maturité.

Les standards TICA & FIFé n'oublient pas le front, légèrement courbe.

Dans le standard TICA, la tête est qualifiée de large, tout comme on trouve un crâne large et massif dans le standard WCF, quand elle est moyenne dans les autres.

Les débats (sans fin...)
  • Le bump (bosse sur le nez) - Toléré par le standard LOOF sans que les limites de la "légèreté" soient aisées à définir, toléré pour les chatons par le standard TICA, exclus des standards MCBFA, CFA, ce nez un peu bossu chez le jeune, parfois annonciateur d'un bon museau à l'âge adulte, n'a pas fini de faire parler de lui.... Mais pas autant que le suivant :
  • Profil & stop ("cassure" nette à la base du nez) - La concavité du profil suppose pour autant l'absence de stop, ou du moins l'absence de stop prononcé (aïe, aïe, ça commence...), celui-ci étant exclu de tous les standards. Mais bien des amateurs y voient aussi une participation à l'angulosité de la tête, à l'effet "carré" du museau et à la séparation distincte de celui-ci... Bref, le stop et sa mesure de tolérance sont des débats sans fin....


L'importance relative accordée à la tête - Dans le standard LOOF, la tête occupe 35 des 100 points de l'échelle de jugement, comme l'ACFA ou la GCCF. C'est un peu plus que la CFA (30), mais moins que la TICA et la FIFé (40).

Un profil droit vaut une pénalité dans les standards LOOF, TICA, FIFé (de même qu'un profil convexe).
Un stop vaut une pénalité dans les standards LOOF, FIFé et MCBFA. Il vaut une disqualification en GCCF. Un stop "comme un Persan" est pénalisé dans le standard ACFA.
Une bosse sur le nez (bump) vaut une pénalité dans les standards LOOF, MCBFA, TICA (de même qu'un nez romain) et une disqualification dans le standard anglais.
Museau - Ce que dit le standard français : Anguleux, le museau vu de face est carré. De profil, il peut paraître rectangulaire et n'est jamais ni pointu ni étroit. Le nez, les lèvres et la pointe du menton sont alignés sur la même verticale renforçant l'impression "carrée" du museau. Le menton est ferme et fort. L'équilibre des proportions entre la tête et la longueur du museau est essentiel.

Tous les standards sont au diapason sur l'alignement vertical du menton, de la bouche et du nez. Voilà quelque chose qui ne se discute pas ;-D

Pour le standard de l'ACFA, le museau est carré quel que soit l'angle de vision.

Les standards TICA & FIFé ont la même insistance pour la "séparation" distincte du museau, décroché des pommettes hautes et saillantes.

Importance relative du museau - Avec 5 points (inclus dans les 35 points dédiés à la tête), le museau a un peu moins d'importance dans l'échelle de points qu'en TICA (où il occupe 10 points), mais ce sont les deux seules échelles où il se voit attribué une notation propre. Dans les autres systèmes, il est inclus dans les points dédiés à la forme de tête.

Un museau court, rond ou pointu vaut une pénalité dans les standards LOOF, MCBFA, FIFé et ACFA.
Un museau avec des patons (base des moustaches) proéminents vaut une pénalité en TICA et FIFé.
Un menton fuyant ou faible, étroit ou manquant de profondeur vaut une pénalité en TICA.
Un menton prognathe, c'est-à-dire dont les dents de la mâchoire inférieure dépassent celles de la mâchoire supérieure, vaut une disqualification en CFA & ACFA et est une faute en FIFé.
Yeux - Ce que dit le standard français : Grands, légèrement ovales et bien espacés l'un de l'autre, les yeux sont implantés en oblique mais peuvent apparaître ronds quand le chat est attentif. Toutes les nuances de vert, de doré, de cuivre ou de jaune sont acceptées sans qu'il y ait de relation entre la couleur des yeux et celle de la robe. Les yeux bleus ou impairs sont acceptés chez les chats blancs.

Le standard historique de la MCBFA ajoute quant à lui : la netteté de la couleur des yeux est souhaitable, ce que reprennent les standards ACFA et FIFé.

Le standard TICA est plus précis sur le placement, en ajoutant que le coin externe de l'œil pointe vers la base extérieure des oreilles, mention que l'on retrouve aussi dans les standards CFA et FIFé.

Le standard CFA, toujours attaché à l'harmonie, précise aussi que les yeux sont expressifs.

Importance relative accordée aux yeux - Les yeux ont droit à 5 points dans l'échelle de jugement de quasi tous les standards, ceux-ci portant sur la forme et le placement.
Exception notable pour les standards CFA et WCF, qui réservent 5 points à leur couleur, ce qui ne traumatise pas les autres.

Des yeux bridés ou en forme d'amande valent une pénalité en FIFé et en TICA, cette dernière pénalisant aussi les paupières supérieures plates quand les yeux sont ouverts.
Oreilles - Ce que dit le standard français : Grandes, larges à la base, placées haut sur la tête, les oreilles sont séparées l'une de l'autre par un espace équivalent à la largeur de la base d'une oreille. Modérément pointues, elles sont très légèrement inclinées vers l'extérieur. Elles sont bien fournies et des plumets (lynx tips) sont souhaitables.
Dans les "remarques importantes" placées en préambule, il est précisé : Les mâles adultes présentent une évolution caractérisée par un élargissement de la tête qui fait paraître les oreilles plus petites et plus basses.

Le standard TICA est l'un des plus prolixes sur les oreilles. Il précise aussi que la base externe des oreilles est juste au-dessus du niveau du haut des yeux. La légère inclinaison extérieure est également plus détaillée : la base externe est placée juste un peu plus en arrière que la base interne et les bords extérieurs ont une légère inclinaison extérieure qui n'excède pas la position 11 h 05. Et, surtout, il apporte aussi des précisions sur leur taille : elle sont plus longues que la largeur de leur base mais toujours en harmonie avec la taille de la tête.
Il tolère de même un espacement plus important chez le mâle mature, mais aussi plus étroit chez le chaton.

Importance relative des oreilles - Ce sont 10 points de l'échelle dans quasi tous les standards, mais avec des critères plus ou moins "pointus" en fonction des détails du standard :-D

Des oreilles au placement très étroit ou à l'éloignement trop important, à la base étroite ou evasées valent une pénalité en TICA.
Oreilles éloignées ou évasées sont de même une faute dans le standard FIFé.
Corps - Ce que dit le standard français : De format long et substantiel, le corps est de taille moyenne à grande, bien musclé, avec une poitrine large. De forme rectangulaire, il ne doit cependant montrer aucune exagération qui viendrait nuire à l'équilibre général.
Pour l'encolure, il précise : de taille moyenne, l'encolure est bien musclée.

Le standard TICA précise que la largeur du corps est identique des épaules aux hanches.
Le standard MCBFA examine le Coon sous plus d'angles : Vu de l'arrière, le postérieur a un air définitivement carré, ce que reprennent aussi l'ACFA et le standard anglais.

MCBFA, TICA, CFA et FIFé n'oublient pas de préciser que les femelles sont généralement plus petites que les mâles, et le standard TICA reprend même plus loin : Le standard favorise les mâles. Une tolérance DOIT être observée à l'égard d'une différence de taille significative entre mâle et femelle.

Le standard CFA insiste aussi sur la tolérance vis-à-vis de la lenteur d'arrivée à maturité de la race, comme la TICA, la FIFé ou l'ACFA dans leurs remarques générales.

Le standard TICA précise que l'ossature est substantielle, de même que la musculature, en outre qualifiée de puissante. L'ossature est également mentionnée dans le standard FIFé.

Quand à l'encolure, c'est pour les mâles seulement que le standard FIFé réclame une très forte musculature. Pour l'ACFA, c'est pour les mâles plus âgés qu'elle est épaisse et musclée.
Elle est moyenne à longue dans les standards MCBFA, CFA et ACFA.

Importance relative du corps - L'échelle LOOF accorde 40 points sur 100 au corps, dont 10 pour la forme & la taille et 10 pour la musculature & l'ossature.
C'est au total plus que la CFA (30 au total), la TICA (35 au total), la FIFé (35 au total)... et que tout le monde en fait.
Mais dans le détail, taille, forme, ossatures & musculature peuvent avoir une importance plus grande dans les autres échelles (15 points pour la seule forme en CFA, toujours attachée à l'harmonie d'ensemble, tout comme en ACFA ; une somme de 27 points allant au tronc, à la musculature et à l'ossature en TICA ; 25 points pour le pack en FIFé)

Un corps court et trapu (cobby) vaut une pénalité dans les standards LOOF et FIFé, et une disqualification dans les standards MCBFA et ACFA.
Une ossature fine vaut une pénalité dans les standards LOOF, MCBFA et FIFé et une disqualification dans les standards CFA, ACFA et WCF.
Un tronc étroit vaut une pénalité en TICA.
Pattes & pieds - Ce que dit le standard français :
Pour les pattes : Solides, avec une musculature puissante et une ossature substantielle, les pattes sont moyennement hautes, ce qui renforce l'apparence rectangulaire du corps. Le poitrail est large entre les pattes avant.
Pour les pieds : Grands et ronds, avec cinq doigts à l'avant et quatre à l'arrière, les pieds présentent une importante pilosité interdigitale.

Importance relative des pattes et des pieds - Elles ont droit à 10 points dans l'échelle du LOOF. C'est plus qu'en TICA (3 points) et en CFA (5 points), mais autant qu'en ACFA.

L'absence de poils inter-digitaux vaut une pénalité dans les standards LOOF, GCCF, ACFA et MCBFA.

Un débat sans fin... - La polydactylie (un doigt en plus) n'est reconnue dans aucun standard.
Couleurs - Ce que dit le standard français - Couleurs reconnues:
Catégorie: traditionnelle
Division: toutes
Couleur: toutes sauf le chocolat, le lilas, le cinnamon et le fawn ainsi que le patron ticked tabby.


La catégorie colorpoint, le chocolat, le cinnamon et leurs dilutions (lilas et fawn) ne sont autorisés dans aucun standard. Le patron ticked est exclu de tous les standards sauf FIFé.

Le standard TICA précise que les particolores doivent avoir les quatre pattes blanches.
Le standard FIFé en revanche autorise toute quantité de blanc pour les particolores.

Les standards CFA & ACFA détaillent la qualité attendue de chaque patron et couleur, leur accordant ainsi plus d'importance.

Importance relative de la couleur - La couleur vaut 5 points dans l'échelle du LOOF, comme en TICA (mais qui accorde en sus 5 points au patron). C'est également moins qu'en CFA et ACFA (10 points pour chacune) et dans le standard anglais (15 points pour la couleur & le patron).

Une tache blanche isolée (locket) est disqualificatoire, sauf FIFé.

Le motif van (plus des deux tiers du corps blanc) est disqualificatoire dans le standard anglais.
Robe - Ce que dit le standard français : Courte et irrégulière sur les épaules, la fourrure s'allonge graduellement sur les flancs pour atteindre sa pleine longueur sur le ventre et les culottes. Recherchée sous la gorge, la collerette ne s'étend pas sur la poitrine. La texture est soyeuse tout en ayant de la tenue et tombe naturellement de chaque côté du corps. Le sous-poil est fin. La longueur de la fourrure et la densité du sous-poil varient avec les saisons et une robe nettement plus courte en été ne doit pas être pénalisée en jugement.

Le standard MCBFA précise que le poil a une tenue proche du corps. Il indique aussi que, si on n'attend pas une pleine collerette, à tout le moins une collerette frontale devrait commencer à partir de la base des oreilles. Dans le standard TICA, il est précisé que la collerette se développe avec l'âge. Quand au standard ACFA, il établit une distinction entre femelles et mâles à cet égard (collerette plus fournie chez les mâles).
Concernant la texture, le standard TICA mentionne aussi que le pelage n'est pas cotonneux, et que le léger sous-poil lui donne du corps tout en lui laissant un tombé lisse. Quand à celui de l'ACFA, il précise que la texture peut varier en fonction de la couleur.


Importance relative de la robe & de sa texture - La robe vaut 20 points dans l'échelle LOOF (10 pour la longueur et 10 pour la texture), autant qu'en FIFé, CFA, ACFA et GCCFS. Mais c'est plus qu'en TICA (10 également pour la longueur mais seulement 5 pour la texture).

Une robe courte en hiver apporte une pénalité au LOOF.
Une robe d'égale longueur vaut une pénalité dans les standards LOOF, TICA, CFA, FIFé, WCF et une disqualification MCBFA et ACFA.
Le manque de fourrure ventrale est pénalisant dans les standards TICA et FIFé.
Un sous-poil laineux vaut une pénalité au LOOF, comme un sous-poil "à la Persane" dans le standard ACFA.
Le manque de léger sous-poil est pénalisant dans les standards TICA et FIFé.
Queue - Ce que dit le standard français : Longue, la queue doit idéalement atteindre la base de l'omoplate. Large à la base, elle est particulièrement bien fournie de poils longs qui forment des mèches souples et se termine en pointe.

Les standards MCBFA, TICA, CFA précisent la forme fuselée de la queue.
Dans les standards TICA et ACFA, elle est au moins aussi longue que le corps.

Importance relative de la queue - La queue se voit attribuer 10 points dans le barème LOOF. C'est plus qu'en TICA et CFA (5 points), mais autant qu'en FIFé et ACFA.

Un nœud à la queue est disqualificatoire.

Une queue trop courte est pénalisante dans les standards TICA, FIFé et ACFA.

Le tour du monde des standards du Maine Coon en quelques liens...

Le standard français du LOOF (Livre Officiel des Origines Félines)

Les standards américains

Reste du monde

En image, c'est plus joli !

En 2004, le Maine Coon Seminar a été organisé par Beth Hicks (une éleveuse de Maine Coon -chatterie Tanstaafl- et juge Tica) afin d'illustrer le standard TICA en images.

Non seulement le document final est très pédagogique, mais il fait plaisir aux yeux !

Voici le lien vers la page de sa traduction française, ainsi que vers d'autres ressources illustratives et l'original du séminaire en anglais (versions TICA et CFA) :


Cochez cette case pour ouvrir les liens des onglets en pleine fenêtre plutôt que dans le cadre

Les looks à travers l'histoire, les styles et les modes...


... était le "Coon des bois", le shag poilu des forêts du Maine, bon chasseur à l'air un peu bourru et irrésistiblement gentil...

... comme Léo (à gauche) ou bien comme Tobey (à droite), des shags de la fin du 19° siècle...

Leo, Maine Shag, 1903 Tobey, Maine Shag, 1903

L'air de famille est là, dans la fourrure "toutes intempéries", le museau distinct, les grandes moustaches ou le regard "mi-ovale mi-rond"...

Snowball, Maine Shag, 1942

... et d'autres leur ont succédé...

... comme Snowball, ci-contre, un shag blanc d'une ferme du Maine dans les années 1940 (le blanc fait partie des couleurs "originelles" du Coon depuis le 19° siècle, la légende le ramenant aux précieux Angoras blancs ramenés d'Europe, et le pragmatisme... au camouflage très pratique de cette couleur dans la neige, ce qui explique sans doute comment elle a pu se perpétuer dans la population locale)...

Whittemore, 1956 Whittemore Senator Muskie of Norwynde

... ou comme les tous premiers Maine Coons élevés par Ethelyn Whittemore, sans doute la "première éleveuse de Maine Coon" de l'histoire, s'employant à perpétuer la beauté et la douceur de ces chats, alors que la race n'était pas encore reconnue...

A gauche, Whittemore Sho Sheen (Whittemore Snow Queen???), 1956, et à droite, Whittemore Senator Muskie, mâle bleu né en 1968.

... Puis d'autres passionnés se lancèrent dans l'aventure, et le Maine Coon vit sa naissance comme race féline reconnue...

La mémoire de ces chats, les "tous premiers Maine Coons", repose aujourd'hui au tout début de nombreux pedigrees...

Emin-Dale Frosty Emin-Dale Frosl Dirigo Fluffanutter of Abnaki

De gauche à droite : Emin-Dale Frosty, né en 1966 - Emin-Dale Fos'l, né en 1969 - Fluffanutter of Abnaki, né en 1969.

Et puis le type du Maine Coon a commencé à s'homogénéiser, encore rond et plus "petit", l'ancien type...


L'ancien type est celui des premiers temps du Maine Coon : proche encore du look naturel des shags, le museau est plus court, les oreilles plus petites et écartées et la tête plus ronde que chez les descendants d'aujourd'hui de ces glorieux ancêtres...



Le "look doux" (sweet-faced Maine Coon) est l'héritier de nombre des anciennes lignées.
Plus "travaillés" aujourd'hui, les Maine Coons au look doux et équilibré sont très à l'honneur en CFA.



Objet d'un réel engouement notamment à partir des années 1990, le look "sauvage" (feral) est souvent le plus connu de tous les "styles" du Coon, abondamment représenté tant dans les articles dédiés à cette race que par des sujets arborant ce "mufle" de félin des savanes en miniature, popularisant l'image d'un "mini-tigre d'appartement" en provenance directe de la nature, quoiqu'il soit la résultante d'une intense sélection. Sans conteste, le "look sauvage" a fait l'image du Maine Coon et sa popularité d'aujourd'hui.


Le "nouveau type", fruit toujours de la sélection, désigne un Coon aux oreilles et au museau plus longs, ce qui peut aussi donner une impression de tête plus allongée.

Pour se délecter de bien davantage de photographies de Maine Coons du passé, présents dans de nombreux pedigrees, la Maine Coon Ancestors Gallery (dont sont issues la quasi-totalité des illustrations des "looks") peut occuper de longues heures...

Sur Cooncept, vous pourrez parcourir des diaporamas illustrant les différentes couleurs du Coon, tout en retrouvant leurs grands ancêtres.

Maine Coons polydactyles, les oubliés du standard...

La polydactylie (un doigt en plus) est une particularité des Maine Coons originels, et, plus largement, de la population féline de Nouvelle-Angleterre.

Lorsque les Maine Coons ont été reconnus comme race féline à pedigree et que, comme telle, elle a été dotée d'un standard, les Maine Coons polydactyles ont été "sacrifiés", la reconnaissance du Coon en elle-même demandant déjà, en cette fin des années 1960, force conviction.
A vrai dire, l'organisation à travers laquelle les éleveurs des premiers temps ont œuvré à faire reconnaître le Maine Coon, la MCBFA, avait préparé deux standards : l'un avec "l'option" polydactylie, l'autre sans. Le premier, difficile à faire admettre, a donc été conservé pour un "combat ultérieur". Dans les organisations félines, la polydactylie est en effet "exclue d'office", pour toute race féline. Un standard l'autorisant suppose donc "un droit à l'exception".
Aujourd'hui, ce standard existe toujours... dans les tiroirs, attendant toujours sa lutte ultérieure.

Retardant toujours sa reconnaissance, la polydactylie a souffert d'une autre source de mauvaise réputation. Il y a en effet plusieurs formes de polydactylie (dues à des gènes différents, chacun propre à telle ou telle forme) : un gène défectueux, entraînant non pas seulement le développement d'un doigt surnuméraire, mais une malformation des pattes antérieures (les Twisty Cats), a fait scandale et a été assimilé à toutes les formes de polydactylie (qui sont elles sans incidence sur la santé), faisant ainsi beaucoup de mal à l'image de la polydactylie en renforçant les croyances sur sa nocivité, par amalgame.

Contre vents et marées, des éleveurs passionnés ont cependant perpétué cette particularité depuis l'origine. Les Maine Coons polydactyles ont bien un pedigree et sont dûment enregistrés dans les livres d'origine. Ils sont en revanche disqualifiés d'office des expositions.

Mais les choses changent aussi : en 1998, le Pixie-Bob fut reconnu comme race féline par la TICA (en 2004 par le LOOF), et la polydactylie, une caractéristique d'origine de ces chats, fut admise pour eux en même temps qu'ils se virent dotés d'un standard.
Des éleveurs de Maine Coons polydactyles se mobilisent aussi, à travers le monde, pour que des études scientifiques soient menées en vue d'établir que la forme de polydactylie du Coon est sans incidence aucune sur la santé... et que "différent" ne veut pas dire "malade". Comme en tout domaine, seule la connaissance et les preuves peuvent l'emporter sur les préjugés... avec le temps nécessaire.


La polydactylie chez le Maine Coon, quelques liens...

En français

Polydactylie & standard

Maine Coons polydactyles en exposition...

Articles généraux sur la polydactylie chez le Maine Coon

Photos de Maine Coons polydactyles

Variations sur un même thème...

Un standard est à la fois "rigide", puisque, définissant l'apparence commune aux chats de la race (... ce qui fait la race), ceux-ci ne peuvent sortir de ce cadre (faute de quoi sa légitimité même risque de finir par être mise en question), et "souple", non seulement parce qu'il permet une marge d'interprétation et la cohabitation de styles différents, mais aussi parce qu'un standard peut évoluer avec la race et être modifié (la race n'existe pas indépendamment de son standard... mais le standard n'est pas non plus une entité extérieure à elle).

Bien sûr, ce n'est pas sans poser problèmes et débats... Celui de la part de la mode, versatile, et de "l'évolution de fond", d'abord, qui peuvent ne pas toujours être aisées à distinguer.
Mais aussi, plus en profondeur justement, celui de la finalité de la sélection. L'élevage de chats de race vise non seulement la conformité au standard, mais aussi la perfection de celui-ci, étant entendu toutefois que le "chat parfait" n'existe pas. C'est ce à quoi les éleveurs réfèrent souvent par la notion d'amélioration de la race, c'est-à-dire que les générations successives sont toujours plus proches du standard, les enfants "mieux" que les parents. C'est ainsi que les frontières de l'idéal sont non pas atteintes, mais repoussées toujours plus loin, et que les races félines évoluent en se distinguant toujours plus dans leur spécificité, par éloignement de la "moyenne" des croisements "portes et fenêtres" des braves gougouttes.
Pour les races félines les plus anciennes (Persan bien sûr, mais aussi Siamois, Burmese...), l'évolution qu'elles ont connues depuis leurs origines est particulièrement nette.

Le rythme de ces évolutions est plus ou moins rapide, plus ou moins uniforme (la nature humaine est ainsi faite qu'indépendamment de toute autre considération, il y aura toujours des hommes pour "préférer comme c'était avant"), et plus ou moins impressionnant.

La question est alors de savoir jusqu'où peut-on aller dans l'évolution d'une race féline et avec quelle rapidité. Pas tellement en pratique, mais plutôt dans l'esprit - car il n'y a pas tant en la matière de limites "techniques" (tout caractère peut potentiellement être accentué et accentué encore), mais celles que les éleveurs se donnent comme règle.

Cette question est d'abord interne au monde de l'élevage, la sélection exercée par les éleveurs étant leur propre choix, conscient et consciencieux. Le trop étant l'ennemi du bien, le corollaire d'une recherche perpétuelle d'amélioration est de ne pas verser dans le "tout-esthétique", au détriment de la qualité de vie du chat, ce qu'on appelle l'hypertype. Les standards ont connu une évolution dans ce sens - ainsi du préambule le type ne doit pas être sacrifié à la taille, ni la taille au type dans le standard du Maine Coon, ou de mentions telles que des narines suffisamment ouvertes pour que la respiration se fasse naturellement dans celui du Persan.

Et ainsi peut-on lire, sur le site du LOOF (Qu'est-ce qu'un standard ?) : Il ne faut pas oublier que le standard doit toujours aller dans l'intérêt de l'animal. Si élever et sélectionner un animal de race implique généralement de s'éloigner du modèle moyen façonné par la nature, les éleveurs et juges doivent rester attentifs au bien-être de l'animal dont ils ont la charge. Maintenir le type, c'est-à-dire l'ensemble des caractéristiques communs à une race et qui la distingue d'une autre, signifie refuser l'hypertype. L'hypertype, qui commence lorsqu'il y a souffrance ou inconfort pour l'animal, est une déviance du standard et doit être considéré comme une faute au même titre que le manque de type. Sélectionner, c'est aussi choisir les animaux les plus aptes dans leur caractère et leur santé à offrir le plus grand bonheur à ceux qui les aiment.

En filigrane, entre les lignes d'un standard, il y a plus que la seule description du chat idéal et qu'un aide-mémoire pour les juges : l'amélioration d'une race féline n'est pas seulement une affaire d'esthétique et d'idéal, mais s'inscrit bien plus globalement dans le bien-être et la santé des chats qui la composent en chair et en os. Avant d'être amélioration, elle est protection et respect. Tout n'est pas dans la lettre, mais dans l'esprit.

Mais c'est aussi, malheureusement et par la force des choses, une question exogène à l'élevage félin. Il est des associations (dites) de "protection" de la nature pour lesquelles l'idée même de sélection animale est le mal absolu, et des législateurs dont la finesse de rédaction législative n'a d'égale celle de choisir ses conseillers.

En 1987 a été signée la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie. Il s'agit d'un texte très important pour la défense des droits des animaux de compagnie, interdisant par exemple le dégriffage des chats, ce en quoi les Européens ont une avance considérable sur les Etats-Unis par exemple, où cette pratique barbare (amputation de la dernière phalange, c'est-à-dire réelle mutilation) n'est pas interdite uniformément. Elle énonce aussi les principes fondamentaux de la protection animale (Nul ne doit causer inutilement des douleurs, des souffrances ou de l'angoisse à un animal de compagnie et Nul ne doit abandonner un animal de compagnie), avec lesquels nul ne saurait être en désaccord (... enfin j'espère!).
Elle est favorable à l'élevage raisonné des animaux de compagnie en cela qu'elle promeut le découragement de la procréation non planifiée des animaux de compagnie. Elle a aussi annoncé dans l'esprit nombre des mesures d'encadrement légal de l'élevage telle que par exemple la loi de 1999 en France.

L'article 5 de cette convention concerne plus particulièrement l'élevage, en posant que toute personne qui sélectionne un animal de compagnie pour la reproduction doit être tenue de prendre en compte les caractéristiques anatomiques, physiologiques et comportementales qui sont de nature à compromettre la santé et le bien-être de la progéniture ou de la femelle. En l'état, il n'y a pas grand chose à en dire, si ce n'est qu'il est difficile d'être en désaccord avec ce principe...

Pourtant tout n'est pas si rose... En 1995 fut adoptée une Résolution sur l'élevage des animaux de compagnie qui précise l'interprétation de cet article dans un sens pour le moins "hypertypé" : Partant du principe que des problèmes sont rencontrés dans la mise en oeuvre de ces dispositions, en particulier avec le développement de caractéristiques extrêmes qui sont nuisibles à la santé et au bien-être des animaux et, partant, convaincues que ces problèmes sont liés pour une large part à la façon dont les standards de race sont formulés et interprétés, les parties se sont résolues à encourager les associations d'éleveurs, en particulier les associations d'éleveurs de chiens et de chats:
- à revoir les standards de race afin, le cas échéant, de modifier ceux susceptibles de causer des problèmes de bien-être
[...]
- à revoir les standards et à sélectionner les animaux en tenant compte non seulement des critères esthétiques, mais également des caractéristiques comportementales [...] et des aptitudes
- à s'assurer, par une information et une formation correctes des éleveurs et des juges, que les standards de race sont interprétés de façon à ne pas inciter au développement de caractéristiques extrêmes (hypertypes) susceptibles de causer des problèmes de bien-être
et, surtout, si ces mesures ne s'avèrent pas suffisantes, d'envisager la possibilité d'interdire l'élevage et de mettre fin progressivement à l'exposition et à la vente de certains types ou races lorsque les caractéristiques de ces animaux correspondent à des anomalies nuisibles telles que celles présentées dans l'Annexe.

Si l'Annexe en question se focalise surtout sur les chiens (les races canines étant globalement plus anciennes que les races félines, et la sélection exercée sur elles l'étant tout autant, les questions d'hypertype peuvent y être plus prégnantes), elle en remet une couche en commençant par : Les Parties sont convaincues que dans l'élevage de plusieurs races ou types d'animaux de compagnie, mammifères et oiseaux, les caractéristiques anatomiques, physiologiques et comportementales qui sont susceptibles de menacer la santé et le bien-être des animaux ne sont pas suffisamment pris en compte, avant d'énumérer les lignes directrices pour la révision des politiques d'élevage, qui ne laissent pas de répit aux Persans mais "suggèrent" aussi d'éviter ou, si il n'est pas possible d'éliminer les tares importantes, arrêter l'élevage [...] des animaux porteurs d'anomalies génétiques récessives (par exemple Scottish Fold Cat homozygote: pattes courtes, malformations de la colonne vertébrale et de la queue), des chiens et chats sans poils (absence de protection contre le soleil et le froid, tendance à une réduction importante du nombre de dents, facteur semi-létal), du Chat de l'Ile de Man (trouble de la locomotion, prédisposition à des anomalies de la colonne vertébrale, difficultés d'élimination de l'urine et des fèces, facteur semi-létal), et, même eux : des chats porteurs du caractère "blanc dominant" (importante prédisposition à la surdité).

Le degré plus qu'approximatif d'infomation dont ces lignes directrices font montre peuvent laisser songeur... Le gène de la pliure des oreilles des Scottish n'est pas récessif mais dominant (et entraîne effectivement des problèmes en homozygotie, mais jamais les éleveurs de Scottish Fold ne font ce type de mariage), les "poncifs" sur le Sphynx font partie des préjugés sur les chats nus, etc...

Néanmoins, l'existence d'un tel texte, très officiellement publié par le Conseil de l'Europe, avec son côté "menaçant", a le "mérite" de bousculer (pour le moins...).
Non, les écologistes "extrêmes" n'aiment pas les éleveurs et les races félines. Du tout. Et oui, leur lobbying est efficace... puisque c'est l'empreinte de leurs thèses que l'on retrouve dans cette résolution explicative, non celles défendant les élevages félin et canin. C'est pour le moins une invitation à se rassembler sur ce qui réunit, plutôt qu'à se déchirer et se quereller sur des questions somme toute mineure comparée à une passion commune. Ce serait œuvrer et dans le sens du bien commun des chats de race, et, plus largement, dans le sens de leur promotion.
Si la réflexion sur l'évitement des dérives hypertypées ou les mobilisations pour la santé n'ont certainement pas attendu que cette résolution paraisse pour venir des éleveurs eux-mêmes, il n'en demeure pas moins que l'auto-satisfaction béate n'est pas de mise, et que ces points pourraient encore être approfondis collectivement. Il n'est de meilleure réponse à ces attaques que d'être irréprochable. Par exemple, si la gestion stricte du suivi et de la minimisation des risques de surdité des chats blancs, visés par l'annexe de cette résolution, ne vient pas des éleveurs, dans leur ensemble, il n'est à craindre qu'elle vienne autrement du législateur, et les solutions politiciennes peuvent avoir les mains pour le moins lestes...
Et, toute langue de bois mise à part, il est de reconnaître que ce type de texte "tape là où ça fait mal"... Lui nier toute pertinence dans les questions soulevées serait se desservir. Quoiqu'il en soit, ces débats ont de ceci de positif qu'ils incitent à entrer dans une démarche d'analyse objective de la situation (Le LOOF et les hypertypes). La question de la prépondérance de l'esthétique et du rôle des expositions dans la "validation" des sélections des éleveurs est réelle, et ouverte. L'accent sur l'éthique et les responsabilités, extrêmisme en moins, est pour le moins important, quand bien même l'élevage est un loisir. L'image que véhicule chaque éleveur de la race féline qu'il a choisie invite également à la réflexion.

Concernant les hypertypes, le Pr. Bernard Denis, dans un article dont la lecture est à chaque ligne une mine de réflexion (Réflexion sur la génétique du chien de race et le nécessaire maintien d'une variabilité génétique), écrit ces lignes pleines de mesure et de bon sens - le propos porte sur les chiens, mais il est possible de transposer aux chats :

Le mot "hypertype" est couramment utilisé pour qualifier les animaux qui exagèrent l'expression du type morphologique de leur race dans son ensemble, ou bien d'une particularité qui y est recherchée. Une race tout entière peut être hypertypée - les exemples classiques sont le Bulldog et le Sharpei - et comprendre néanmoins des animaux encore plus hypertypés que d'autres : i ls sont volontiers utilisés par la publicité, ce qui contribue à la mode en leur faveur. Toutefois, le cas le plus fréquent est celui où apparaissent de temps à autres des animaux hypertypés au sein d'une race qui demeure encore "normale" ; on voit alors apparaître des poids excessifs, des faciès qui amorcent - ou exacerbent - un aplatissement ou un allongement, des plis de peau en nombre plus important que de coutume, des brévilignes qui passent à l'ultrabrévilinéarité, des poils qui s'allongent par trop, etc.
La dérive vers les hypertypes constitue l'une des "maladies" de la cynophilie actuelle. Elle est malheureusement favorisée par les propriétaires de chiens, qui se laissent facilement attirer par un animal "différent", par exemple parce que son type morphologique, dans l'ensemble ou sur un point particulier, est particulièrement accusé. Elle est ensuite encouragée par les juges, qui n'hésitent pas à attribuer les récompenses suprêmes à des chiens hypertypés. Le comble est que, le plus souvent, ces animaux sont hors standard ! La commission zootechnique de la SCC a, il y a plus de dix ans, souligné que "hypertype" devait être assimilé à "manque de type", ce qui, en toute logique, interdit la confirmation. Il s'ensuit que certains champions sont des chiens non confirmables !
On entend parfois dire qu'on a besoin en élevage de chiens hypertypés pour permettre, grâce à des accouplements judicieusement planifiés, de retrouver le type moyen qui tend à se perdre. Nous récusons le mot "besoin" car il y a d'autres solutions, plus progressives, dans le cadre d'une sélection bien conduite ; d'ailleurs, comment faisait-on à l'époque où il n'existait pas d'hypertypes ou qu'ils étaient très rares ? A supposer néanmoins que cela soit vrai, il conviendrait au moins de garder ces animaux dans les chenils et non pas de les "afficher" en exposition.
Si l'hypertype concrétisait seulement une nouvelle orientation de la race, il n'y aurait guère que deux questions qui se poseraient :

  • s'interroger sur l'image que l'on donne de la race, à une époque où la "protection animale" prend de plus en plus d'importance, parfois trop. Celle-ci est soucieuse du bien-être des animaux mais également du respect qu'on leur manifeste : or, il faut bien reconnaître qu'un chien hypertypé est un peu un "jouet"...
  • comment faire pour ne pas laisser cette nouvelle orientation éliminer toutes les autres ?

En réalité, souvent, les chiens hypertypés sont fragilisés au regard de certaines maladies, et leur longévité tend à se réduire. Leur bien-être est donc altéré et la cynophilie, à cause de cela, offre des arguments à ses détracteurs, surtout lorsqu'ils appartiennent à la frange radicale de la protection animale. Très active, celle-ci se propose de faire interdire d'élevage, grâce à la législation européenne, un nombre important de races qu'elle qualifie de "torturées".
Pour contrer les excès de la protection animale, il ne faut à notre avis pas rejeter en bloc ses arguments, refuser d'entrer dans le débat, bref "se draper dans sa dignité", mais au contraire s'efforcer d'identifier sereinement les authentiques dérives qui nuisent aux animaux et reconnaître qu'il est nécessaire de les enrayer. Le débat n'est pas forcément simple au plan scientifique mais il doit être entamé. C'est de la collecte de multiples observations et de la discussion que sortira l'objectivité. [...]
Le problème est moins dans d'éventuelles modifications à apporter au standard que dans l'utilisation qui est faite de ce dernier. [...] Une application stricte des standards (sauf sur les quelques points litigieux) devrait permettre de faire un grand pas sur la voie de la lutte contre les hypertypes. Les juges ont donc besoin d'être informés et, ce qui est plus difficile, convaincus. Peut-être des expériences comme celle qui a été conduite cette année par la Société Centrale Canine au Salon de l'Agriculture sont-elles susceptibles d'y aider : les champions de race étaient examinés par un jury dans lequel un scientifique était présent. Ce fut l'occasion d'intéressants échanges.
Au niveau des clubs de race, il importe qu'une discussion sur les tendances qui s'observent dans la sélection ait lieu régulièrement, et qu'elle intègre les avis d'un vétérinaire lui-même sensibilisé à la question. A cette fin, une lecture critique du (des) standard(s) doit être conduite et il faut s'interroger sur les chiens récompensés en exposition. Les résultats de la discussion sont évidemment à communiquer aux éleveurs par l'intermédiaire du bulletin du club, ainsi qu'aux juges, en essayant diplomatiquement d'expliquer à ceux qui tendent à récompenser les hypertypes pourquoi ce choix n'est pas vraiment souhaité par les responsables de la race.
Le rôle des éleveurs est fondamental, mais comment leur demander d'adopter des objectifs de sélection qui aillent à l'encontre de leurs intérêts, au moins tant que la situation n'a pas changé aux étages précédents ? Le facteur économique prime, et c'est bien normal. Une action au niveau des éleveurs doit donc se doubler d'une information du grand public. Les médias en sont un élément privilégié mais ils servent malheureusement à tout aujourd'hui : aussi bien à diffuser les thèses extrêmistes de la protection animale qu'à populariser les hypertypes, notamment par la publicité. Quand on connaît le rôle de la télévision sur la mode en faveur de telle ou telle race, on imagine aisément qu'elle puisse agir sur la mode en faveur d'un simple type de chien. C'est dire que les hypertypes devraient être interdits de télévision, mais comment agir ? Il en est évidemment de même de la publicité sur affiches ou dans la presse.
On ne fait pas d'élevage de chiens sans passion, ni sans en éprouver un certain plaisir. Il ne faut pas sous-estimer pour autant la responsabilité que cela suppose :

  • vis-à-vis de l'Homme, qu'il s'agisse des clients qui se sont beaucoup investis psychologiquement dans l'achat d'un chien, ou des futures générations d'éleveurs qui auront à leur tour à gérer les races
  • vis-à-vis des chiens eux-mêmes, à l'égard desquels le souci éthique prend de plus en plus d'importance, ce qui est heureux dès lors que l'on ne tombe pas dans les dérives extrêmistes. Assumer ses responsabilités suppose de ne pas se laisser forcément aller aux habitudes ni imprégner par la mode ambiante, mais d'exercer une observation critique de ses propres activités d'éleveur, inciter les autres éleveurs à faire de même et échanger les expériences et les réflexions au niveau du club. Les critiques, expériences et réflexions seront d'autant mieux conduites et interprétées qu'un effort aura été fait pour comprendre et, dans une certaine mesure, accepter le message des scientifiques sur les dérives génétiques qui menacent l'élevage canin.

Si la France a signé la Convention en 1996, elle n'a pas été ratifiée avant 2003, long délai lié aux marges d'interprétation qu'elle pouvait susciter. Elle est pour autant entrée en vigueur depuis mai 2004.

A l'échelle nationale, des décrets d'application des différentes lois relatives à l'élevage sont en attente de parution, sans que les forces en présence susceptibles d'en influencer le contenu ne soient nécessairement claires (en tout cas, elles sont inconnues de moi). Il est à espérer en tout cas qu'elles ne soient pas les mêmes qu'au niveau européen...

Mais après cette longue parenthèse (...) revenons à nos moutons... enfin nos Coons !

Comme le dit si bien le standard TICA, le standard favorise les mâles... Le coup de cœur pour la race, lui aussi, porte bien souvent sur un Maine Coon, avouons-le ! Tant et si bien que le "doux géant", avec son corps de taille moyenne à grande, est parfois dépassé par l'ombre de sa propre réputation : oui, le Maine Coon est un chat impressionnant ! Non, ils ne font pas 12 kilos à l'âge adulte...

Quant à l'évolution du Coon, toute la question est celle de l'équilibre entre sa beauté naturelle et son "approfondissement" dans la sélection... comment le "dénaturaliser" sans le "dénaturer", en quelque sorte :-D

© Chatterie Ailuropus, élevage de chats de race Maine Coon, Paris, Ile de France.