Quelques légendes

Un raton-laveur qui passait par là...

La plus féérique légende du Coon en fait le croisement improbable entre un chat et un raton-laveur, expliquant ainsi son persistant goût pour les bêtises aquatiques et sa queue en panache...

Le nom Coon rend hommage à ce joli conte folklorique, s'agissant vraissemblablement d'une abréviation de racoon, le raton-laveur en anglais (apparemment, ce sont les ratons-laveurs qui ont été pris pour de "gros chats sauvages" à l'origine, par les premiers colons).

L'imaginaire a aussi fait du Maine Coon le croisement d'un chat et d'un chat sauvage ou d'un lynx...

Les chats de Marie-Antoinette...

Plus nobiliaire, une autre légende rattache le Coon aux joyaux de la couronne française...

Un certain Samuel Clough, marin de son état, avec pour port d'attache le Maine, aurait été de ces fervents défenseurs de la couronne française (ou mercenaires de tous poils ?) tentant d'aider à la fuite de Marie-Antoinette, de prison et de France, pendant la Révolution.

L'existence de ce personnage manifestement haut en couleurs est de fait attestée, ainsi que sa ferme intention d'amener la reine déchue dans le Maine à bord de son bateau, par une lettre pleine de saveur demandant à son épouse d'organiser leur propre maisonnée pour que Marie-Antoinette se sente comme chez elle.

Marie-Antoinette n'aura jamais vu le Maine, ne quittant la prison des Tuileries que pour aller perdre la tête à la Concorde...

Mais ses chats, eux, six chats à poils mi-longs, auraient, selon la légende, eu un sort plus heureux, embarquant dans le bateau du Capitaine Clough. Ils seraient parvenus à bon port sur les terres du Nouveau Monde, où ils auraient eu tout loisir de s'ébattre avec la population féline locale, donnant naissance à des petits aristochats... les ancêtres de nos Maine Coons.

Comme l'écrit Marilys Hornidge[1] : il est savoureux de s'imaginer Marie-Antoinette marcher vers l'échaffeau avec la consolation que ses chats auraient une bonne famille d'adoption...

Si l'on se laisse aller à divaguer sur cette légende, la révolution française a contribué à la naissance de la démocratie... et à celle du Maine Coon. Vraiment, la Révolution Française a été un bel épisode de l'histoire... Sans compter que cela flatte l'imaginaire cocoricoien d'imaginer qu'il y a dans le Maine Coon un peu de sang bleu de France pour garantir ses lettres de noblesse.

Bien sûr, rien n'interdit de mélanger les genres et les contes, et l'on peut rêver au croisement d'un raton-laveur, d'un lynx, d'un chasseur de souris au grand cœur et des précieux angoras du chateau de Versailles !

Et une légende plus contemporaine : le poids du Coon !

Le Maine Coon est un grand chat. Les femelles peuvent peser 4 ou 5 kg et les mâles atteindre 6 à 8 kg - et certains chats exceptionnels peuvent, de temps en temps, effectivement, atteindre 9 ou 10 kg, voire plus. Et avec sa belle fourrure bouffante, le Maine Coon gagne quelques centimètres en volume (tous mouillés, ils impressionnent nettement moins...).

Un peu comme la blague éculée du poisson grand "comme ça", on leur rajoute facilement quelques 500 grammes, qui, additionnés les uns aux autres, ont donné le mythe du chat de 10 kilos (voire, par surenchérissement perpétuel, de 12 ou même 15 kilos... Une tonne en 2060 ?).

Cinq, six ou sept kilos, c'est déjà terriblement lourd pour un chat. Mais ce qui donne cet air si impressionnant au Maine Coon ne tient pas au poids sur la balance : c'est une stature, une ossature, un certain look (et, vraiment, le pelage joue pour beaucoup).

Mais c'est, sans doute, une légende qui a encore de beaux jours devant elle !

Une origine naturelle

Le pied marin & le creuset du Maine...

Quand il y a un Coon, il y a de l'eau pas loin... Peut-être les Maine Coons n'ont-ils pas pour ancêtres les chats de Marie-Antoinette, mais certains de leurs aïeuls sont, pour partie, venus avec les colons, les marins... et tous les bateaux qui ont bien voulu accoster en Nouvelle-Angleterre - les chats étaient les grands amis des marins pour les débarasser de tous les rongeurs des fonds de cale (... et, bien entendu, ces apports divers et variés nous ramènent tout droit au folklore, aussi, avec, pêle-mêle, un certain Capitaine Coon, un marchand anglais ailurophile dont le bateau comptait toujours ses chasseurs de souris, de jolis angoras, lesquels, quittant le navire à quai pour compter fleurette aux minettes locales, auraient contribué à l'apparition de poils longs dans les portées, que les habitants de Nouvelle-Angleterre auraient alors appelé des "chats de Coon". Sans oublier les Vikings, découvrant l'Amérique bien avant Christophe Colomb, venus avec des chats à poils longs scandinaves !).

Leo, un Maine Coon de la fin du 19° siècle

Leo, un Maine shag brown tabby, né en 1884 et mort en 1901.

Photo Hunton, Hallowell. Tirée de l'article The Maine Cats, écrit par Frances Pierce dans The book of the cat, 1903, le premier livre sur les "races félines".

Des bateaux à quai aux villes côtières, puis des côtes aux fermes et forêts du Maine, le chat du Maine s'est ainsi forgé dans un creuset local (quelle belle coïncidence avec l'un des mythes fondateurs américains !), d'apports divers et variés et de rencontres de hasard entre la population féline locale et des chats venus avec les colons puis les marins, et sous l'effet d'une forte sélection naturelle liée à la rigueur du climat dans cette région.

De loin en loin, la présence de ces chats à poils mi-longs dans le Maine est attestée tout au long du 19° siècle. On les appelait les "les chats du Maine", tout simplement (le mot "Coon" n'est vraisemblablement venu s'adjoindre qu'au 20° siècle), ou, alternativement, les Maine shags, les "poilus du Maine", et, parfois, les snugheads, les "bonnes bouilles". Quand on parcourt les collections historiques de photos anciennes du Maine et de ses habitants (enfin... si tant est qu'on ait une telle idée biscornue), on trouve en effet, au détour d'une image ou l'autre, des authentiques shags du cru, comme Sandy à la longue queue, appartenant à un compositeur de musique vivant à Portland en 1900, ou dans les bras d'une petite fille au premier rang sur une photo de classe de 1925 !

Une "race féline" ?

Cosey, femelle Maine Coon brown tabby, 1895

Cosey, lors de l'une des premières expositions félines, à Madison Square, en 1895.

Photo: CFA Breed Booth

De loin en loin aussi, les shags, fierté de certains amateurs félins de la région, ont pointé le bout de leur museau dans les premiers "concours félins" au sein de kermesses, foires locales et autres variantes de comices agricoles dans le dernier quart du 19° siècle, où certains ont fait leur petit effet, voire ont connu leur heure de gloire dans le "monde félin" en constitution dans la Nouvelle Angleterre au tournant du siècle : une femelle brown tabby répondant au nom de Cosey a même remporté tous les honneurs à l'une des toutes premières "vraies" expositions féline à part entière, à New York, en 1895 (elle affiche, sur la photo ci-contre, toute sa joie de pouvoir ainsi arborer le ruban de la victoire autour de son cou...), pendant qu'un mâle brown, "King Max", appartenant à Frances Pierce, l'auteur du plus ancien article existant sur les chats du Maine, a dominé le "circuit" des concours de Boston pendant les 3 dernières années du 19° siècle - rien que ça, rien que ça !

Un Persan en 1906

Un Persan en 1906

Photo de N.S. Hardy

Puis, vint le vingtième siècle... Bien qu'il y eût 28 chats du Maine inscrits en 1908 dans l'un des tous premiers livres d'origine américain, celui de la CFA, les Maine shags se sont vus peu à peu voler la vedette par les Persans, récemment importés sur le sol américain - Persans, qui, d'ailleurs, ne ressemblaient guère aux Persans d'aujourd'hui (voir illustration ci-contre, à gauche). Ah... fièvre de la mode et goût du rare et du lointain, quand tu nous tiens...

Trop "terroir", pas assez exotiques, et pas assez élevés selon des critères félinotechniques "modernes" (les critères modernes étant cependant une notion toute relative à l'époque considérée, tels que produire la même couleur), nos bons gros shags se sont vus fermer peu à peu les portes de ce qui était en train de devenir les "prestigieuses" expositions félines et non plus de simples comices... La dernière "victoire" d'un chat du Maine en exposition date de 1911, à Portland. Puis nos poilus sont restés dans leurs granges. Trop "nature" pour être définitivement reconnus comme une race féline et se voir dotés d'un pedigree ! Retour à la ferme, sans papiers, mais sans doute sans s'en porter plus mal !

 

Le Maine Coon devenu race féline

Le Maine Coon redécouvert...

Un Maine Coon en 1942

Snowball, un Maine Coon blanc né en 1942.

Photo : Chatterie Dirigo

... ou jamais oublié ? Un peu comme dans un village d'irréductibles résistant encore et toujours, dans le Maine, bien des amateurs félins ont continué à préférer leur shags locaux à des félins plus "sophistiqués" - ou, en tout cas et plus simplement, comme les marins qui avaient amenés avec eux leurs ancêtres, les paysans du Maine savaient reconnaître leurs grandes qualités de chasseurs de souris !

Un Maine Coon en 1955

Cappy, champion de l'exposition annuelle du Central Maine Cat Club de 1955

Photo tirée du livre de M. Hodge, That Yankee cat

Une poignée d'amateurs éclairés en faisaient élevage, localement. Face au risque de voir le Maine Coon tomber dans l'oubli et "dissous" dans les accouplements de hasard, un club régional fut créé au début des années 1950, le Central Maine Cat Club, par deux ardentes amoureuses du Maine Coon, originaires de la petite ville de Skowhegan, Alta Smith et Ruby Dyer. Armées de passion et d'énergie, elles organisèrent des expositions annuelles de Maine Coons dans les granges et gymnases (je donnerais cher pour une machine à remonter le temps !), qui gagnèrent en succès chaque année, sans doute autant pour leur saveur que pour les chats présentés. Un premier standard fut couché sur papier en 1956, par le Dr. Rachel Salisbury, juge félin & éleveuse de Persans (qui, pour l'anecdote, fut aussi d'une première éleveuse de caméos).

Ce premier épisode du Maine Coon revival prit fin en 1963, ses énergiques mais débordées fondatrices ne trouvant personne pour reprendre le flambeau du CMCC...

... mais en août 1968, décidément année de bien des changements et de combats militants, des éleveurs de la première heure (chatteries Tati-Tan, Whittemore, Norwynde, Jo Stad...) fondèrent la MCBFA (Maine Coon Breeders and Fanciers Association), avec pour objectif d'obtenir la reconnaissance de la race Maine Coon. Ils déployèrent un ardent prosélytisme en faveur de la reconnaissance de la race dans les expositions félines et s'entendirent sur un standard consensuel...
... et tout consensus supposant des compromis, une particularité, la polydactylie (un doigt supplémentaire, trait commun à un certain nombre de Maine Coons "des bois", et, plus généralement, à la population féline de Nouvelle Angleterre) ne fut finalement pas retenue. Il était déjà si difficile de faire admettre des "chats de ferme" dans l'atmosphère feutrée des expositions félines que des "chats de ferme avec un doigt en plus" était un combat perdu d'avance. Les Maine Coons polydactyles sont ainsi devenus les exclus du standard... et c'est toujours le cas - même si des éleveurs perpétuent cette particularité.

Peu à peu, les différentes organisations félines américaines reconnurent le Maine Coon, le dernière ayant été la CFA en 1976 - ironiquement puisqu'elle avait été aussi la première à "presque" le faire en 1908.

Les Maine Coons étaient désormais des "chats à pedigree", dont l'avenir se trouvait entre les mains de l'homme, pour le meilleur et pour le pire...

Un interlude pour un paradoxe

Etrange paradoxe que celui des races dites naturelles... La nature marie au hasard. Elle se moque éperdument de savoir si une chatte appartenait à Marie-Antoinette et a foulé des pattes les tapis versaillais, ou si un chat est un authentique produit des bois. Elle brasse, mélange, crée au hasard du vent, des rencontres et des mâles dominants. Pour qu'une population plus ou moins homogène apparaisse dans une zone géographique, il faut beaucoup de temps. En l'occurrence, pour "fabriquer" le Maine Coon, la "nature" a pris au moins deux siècles. Deux siècles de sélection naturelle, dans un climat rigoureux l'hiver, ce qui suppose en outre un certain nombre de chats.
Mais depuis 4 décennies, ce sont les hommes qui ont pris le relais dans la sélection de cette race naturelle. Parce que la nature a si bien fait les choses, il ne faudrait surtout pas les perdre... ce qui suppose de supprimer le hasard, autrement dit d'adopter une démarche profondément anaturelle. Et, parce que la population naturelle n'est tout de même pas si homogène que ça, cela suppose de sélectionner en son sein quelques individus dont on s'emploiera à perpétuer les traits, et de s'entendre sur des critères de définition de la race, le standard. Quoi de plus anaturel que la standardisation ? Pas de sélection artificielle, pas de standard & de standardisation, plus d'homogénéité, plus de spécificités, plus de "race"... quand bien même celle-ci est originairement le produit de la seule sélection naturelle ! Etrange paradoxe, donc, que celui des races naturelles...

Et depuis...

Depuis sa "reconnaissance", le succès du Maine Coon n'a jamais été démenti, ni aux Etats-Unis, ni en Europe, qu'il s'agisse des faveurs des amateurs de félins domestiques, séduit tant par son caractère en sucre que par son allure de "mini-tigre", ou des plus esotériques récompenses obtenues en expositions félines.

Le Maine Coon a compté dans la première vague d'enregistrement de fondateurs de lignées de la fin des années 1960 et de la décennie 1970, beaucoup plus de chats de fondation que bien des races félines.
Jusqu'à la fermeture des livres d'origine de la CFA (au début des années 1980), il y a eu environ 150 chats enregistrés et utilisés comme fondateurs de lignées - cela peut sembler et c'est peu en un sens si l'on se dit que pour baser toute une race, il existait un large "stock" où puiser dans la population naturelle, mais cela reste infiniment supérieur à bien des situations dans d'autres races.

Toutes les lignées ainsi créées n'ont cependant pas eu le même impact sur le Maine Coon d'aujourd'hui. Au fur et à mesure que le type du Maine Coon s'unifiait, certaines ont été davantage utilisées que d'autres. Ca n'a pas vraiment été un "plan", plutôt la somme de choix individuels et indépendants les uns des autres : ça s'est fait comme ça, peu à peu. Ce sont le genre de choses dont on se rend souvent compte a posteriori seulement.

Andy Katt of Heidi Ho

Andy Katt of Heidi Ho, né en 1969 dans le Maryland.
Principal ancêtre de presque tous les Maine Coons d'aujourd'hui
.

Photo : Maine Coon Ancestors Gallery

Parmi ces lignées très utilisées, il y a d'abord des descendants d'un couple, Andy Katt of Heidi Ho (photo ci-contre) & Bridgett Katt of Heidi-Ho. Tous deux sont nés en 1969. Et bien que la chatterie Heidi Ho soit sans doute la plus célèbre chatterie de Maine Coons du fait de ce couple, ils sont arrivés par hasard dans la vie de Connie Condit, leur éleveuse, qui n'avait aucune intention de le devenir - ironie du sort !
Andy Katt est né dans une portée dont la mère "squattait" les dortoirs de l'école d'infirmière où Connie Condit enseignait à Washington (Washington, oui. Non, ce n'est plus tout à fait le Maine. Mais en cette période initiale, il s'agissait avant tout de fixer les grandes caractéristiques de la race, de sorte que la conformité au standard pouvait l'emporter sur d'autres considérations strictement géographiques) et elle le recueillit. C'est une autre éleveuse de la première heure (chatterie Richelieu) qui tenta de la convaincre d'enregistrer Andy comme Maine Coon de fondation & lui ramena Bridgett d'un voyage en Floride (Floride, oui. Oui, c'est "assez" loin du Maine. Non... que dire, sinon que tous les Maine Coons ne descendent pas des Maine shags sauf dans leur version un tantinet idéalisée...).

Heidi Ho Henry Sayward

Heidi Ho Henry Sayward, un fils d'Andy et de Bridgett, père de Sonkey Bill

Photo : Maine Coon Ancestors Gallery

Parmi les petits nés du couple Andy & Bridgett, certains furent mariés avec des chats des toutes premières lignées du Maine (Whittemore, Sundar...) qui avaient alors besoin de nouveaux apports de sang.

L'un de ces fils d'Andy & Bridgett, Henry Sayward (ci-contre) fut marié à sa sœur, puis à la fille qu'il avait eu de ce mariage (ah les relations familiales des chats d'élevage !), ce qui donna naissance à Sonkey Bill.

Sonkey Bill eut de nombreux descendants de divers mariages...

Heidi Ho Sonkey Bill, petit-fils d'Andy & Bridgett, père des clones

Tanstaafl Polly Adeline, mère des clones

Photos : Maine Coon Ancestors Gallery

... mais un mariage entre tous allait avoir une grande influence sur le Maine Coon d'aujourd'hui, celui de Sonkey Bill et de Polly Adeline. Les chatons nés de ce mariage, entre 1979 et 1982, furent surnommés les "clones", à partir d'une boutade sur leur ressemblance.

Quelques clones (ici des "clonettes")... De haut en bas : Molly B, Aurora, Canth

Photos : Maine Coon Ancestors Gallery

Les clones, hormis qu'ils se ressemblaient vraiment beaucoup, étaient vraiment beaux. Ils ont sans conteste, comme beaucoup de leurs descendants directs, représenté et personnifié "le" Maine Coon, introduit son look "sauvage". Et par un sentiment très humain, la plupart des éleveurs de Maine Coon ont alors voulu introduire un peu de ces beaux chats dans leurs pedigrees...

Il y a eu ainsi une sorte de "mode des clones Heidi Ho".

Les clones (ou fils de clones, petit-fils de clones, etc...) ont été introduits dans la majeure partie des chatteries des années 1980. Et, par voie de conséquence, la plupart des Maine Coons, insensiblement, ont eu de plus en plus pour ancêtres récurrents Polly Adeline & Sonkey Bill, et, toujours par voie de conséquence, Andy Katt & Bridgett Katt.

Et, alors que les clones n'étaient pas eux-mêmes des chats fortement consanguins, leur utilisation intensive ainsi que celle de leurs descendants a introduit une forme de "consanguinité incompressible" dans la plupart de la race.

Ainsi, dans un pedigree moyen d'aujourd'hui, le couple Sonkey Bill/Polly Adeline "participe" à 30 à 35% du patrimoine génétique du chat considéré, et, si l'on remonte aux fondations, le couple Andy Katt & Bridgett Katt y contribue pour 35 à 40% (Andy & Bridgett sont ainsi souvent appelés les "top 2", c'est-à-dire les deux principaux contributeurs au pool allélique de la race).

Dauphin de France of Tati-Tan

Dauphin de France of Tati-Tan, né à New York en 1967.
Le 3° ancêtre "majeur" des Maine Coons d'aujourd'hui
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Tatiana of Tati-Tan

Tatiana of Tati-Tan, née à New York en 1965.
La 4° principale aïeule commune aux Maine Coons contemporains

Photos : Maine Coon Ancestors Gallery

Un autre couple qui a profondément influencé le Maine Coon d'aujourd'hui est celui de Dauphin de France of Tati-Tan et de Tatiana of Tati-Tan. Tous deux sont nés à New York, Tatiana en 1965 et Dauphin en 1967. Sonya Stanislow était l'une de ces éleveuses de la toute première heure, qui élevait des Maines Coons avant qu'ils soient "reconnus" et a participé à la "lutte" pour qu'ils le soient.

Tati-Tan Coquette (en haut) & Tati-Tan Caprice (en bas).
Deux sœurs nées du mariage Dauphin de France x Tatiana, en 1968
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Photos : Maine Coon International/MCHS

Polly Adeline, la mère des clones, descendait pour partie de ce couple, de sorte que l'engouement pour les clones a également contribué à augmenter indirectement l'impact de Dauphin & Tatiana sur la race.
En outre, les chats issus de ce mariage ont été mêlés à la plupart des lignées originelles, de sorte qu'il n'est guère de pedigrees où le mariage Dauphin/Tatiana ne se rencontre lorsqu'on remonte aux fondations.

Comme il y a le "look" des clones, il y a un "type Tati-Tan", assez doux, aisément identifiable (voire ci-contre, à gauche).

Dauphin, premier Maine Coon à devenir "Grand Champion", a eu un impact plus important que Tatiana sur le Maine Coon, dans la mesure où il a été marié à plusieurs autres femelles des premiers temps. Si l'on remonte aux fondations d'un pedigree ordinaire, il participe pour 15% au patrimoine génétique originel du chat considéré.
On appelle souvent Andy Katt, Bridgett Katt & Dauphin les "top 3", c'est-à-dire les 3 principaux contributeurs au pool allélique originel d'un Maine Coon. Leur contribution moyenne est de l'ordre de 50 à 55%. Autrement dit, trois chats fondateurs seulement représentent pourtant la moitié de l'apport allélique à la race si l'on remonte aux fondations.

L'héritage de Tatiana, quant à elle, est de l'ordre de 8% du patrimoine allélique des Coons. Le couple Dauphin/Tatiana contribue ainsi, en moyenne, à un cinquième du patrimoine génétique originel d'un Coon.

En Europe, c'est en 1983 que la Fifé a reconnu le Maine Coon. Au préalable, les tous premiers Maine Coons avaient débarqué en Allemagne (à vrai dire, la chatterie Heidi Ho s'est installée en Allemagne pendant un peu plus de deux ans, dans les années 1970) et en Suisse.

En France, c'est en 1981 que le premier Maine Coon, Charly de Silvercoon, un mâle noir et blanc, est "arrivé", et, depuis le début des années 1990, l'engouement pour cette race a connu un réel essor dans notre pays, qui, loin de s'essoufler, tendrait plutôt à culminer ces dernières années.

Le Maine Coon d'aujourd'hui, race amplement "travaillée" par la sélection humaine au cours des dernières décennies, est-il encore une race naturelle (ou, à tout le moins, d'origine naturelle) autrement que dans une vision quelque peu mythifiée ? Reste-t-il vraiment un lien fort entre une race dont la généalogie remonte majoritairement à 4 chats originaires de NY, Washington & de Floride avec les shags forgés par les hivers rigoureux dans le creuset du Maine, ailleurs que dans l'imaginaire et la légende ? Cette "origine naturelle" serait-elle, ou du moins deviendrait-elle peu à peu, finalement, une part du mythe seulement ?
Certes, la plupart des Maine Coons d'aujourd'hui n'ont plus qu'un rapport partiel avec ceux de leurs ancêtres qui furent des shags "naturels". S'en étonner outre mesure serait peut-être quelque peu "naïf", cependant. On peut rarement tout avoir... Dès lors que les chats ont été intégrés dans un processus de sélection artificielle & humaine, la "race" a tendu vers une homogénéisation, d'ailleurs pleinement recherchée, puisque c'est cela qui la définit et l'identifie, qui ne pouvait que l'éloigner de ses racines naturelles - même en quelques décennies seulement. Les Maine Coons d'aujourd'hui sont autant une race "artificielle" que "d'origine naturelle". Tant et si bien qu'une quelconque opposition offre peu de résistance : les Coons d'aujourd'hui sont bien les deux à la fois, sur des plans différents.

Trois générations de chats de fondation récente

L'imposant Thunderpaws Seedrack, 100% "Maine shag". Fondateur de lignée nouvelle.

Thunderpaws Tamirack, fille de Seedrack ci-dessus et d'une chatte de fondation.
Une vraie queue de raton-laveur !

The Great Simon Underfoot, fils de Tamirack ci-dessus et d'un chat de fondation. Né en 1990.

Photos: Donna Chase/
Maine Coon Ancestors Gallery

La question du maintien de l'ouverture des livres d'origines, pour aller puiser aux sources mêmes de la race en intégrant des shags à la race n'est en fait pas si récente. Elle fait presque partie de l'histoire du Maine Coon elle-même.
Au début des années 1980 déjà, la fermeture des livres d'origine par la CFA a divisé. D'un côté, ses défendeurs voyaient le temps venu d'homogénéiser les Maine Coons à partir d'une base suffisante, quand ceux qui y étaient opposés considèraient que c'était couper le Maine Coon de ses racines naturelles, voire se couper l'herbe sous le pied en s'obligeant à fonctionner en "circuit fermé", lors même qu'il continuait à y avoir des shags à disposition.

Ce que la sélection naturelle a fait, continue-t-elle à le faire ? Pour partie, oui.
Il existe toujours un "résevoir" de shags dans le Maine, et c'est une chance pour le Coon que de pouvoir disposer de ces retours aux sources.

Ils sont, pour partie, les lointains cousins des Maine Shags des premiers temps (et l'on ajoute alors "authentiques" si l'on est, pour des raisons sentimentales, historiques ou autres, très attaché à l'idée du Maine Coon originaire du Maine).

Et comme l'on peut le voir ci-contre, l'air de famille peut être frappant ! Joli pied de nez de la nature, qui nous rappelle qu'elle sait y faire.
Seedrack, sa fille Tamirack et son petit-fils The Great Simon sont de véritables shags, originaires de l'état du Maine, à la base d'une nouvelle lignée (... en toute objective subjectivité, l'une de mes favorites).

Au début des années 1990, les livres d'origine ont été réouverts par l'une des organisations américaines (l'ACA, la plus ancienne). Depuis, les beaux shags peuvent ainsi obtenir le précieux pedigree les autorisant à convoler en "justes noces" avec des Maine Coons dûment enregistrés, voire fonder intégralement une nouvelle lignée. Et, après 4 générations, ledit pedigree, enfin, est complet.

Ces nouveaux apports, "puisés à la source", tout en renouant le Maine Coon avec ses propres origines naturelles, aident à maintenir une diversité génétique suffisante au sein de la race.

Bien sûr, l'histoire est un éternel recommencement, et joue à faire des boucles... Tout comme les tous premiers Maine Coons, les chats de nouvelles fondations sont parfois perçus comme des "chats de ferme" ne méritant pas la considération qu'on leur porte. Ironie de la répétion, à seulement quelques décennies de distance !

Dommage que les Coons ne puissent pas nous donner leur avis sur la question... Quoique... ils sont tous aussi bavards les uns que les autres !

 

Et demain ?

Demain est un autre jour...

Mais les plus belles pages restent sans doute à écrire !

D'autres lectures...

Liens vérifiés le 23/04/07

En ligne

En français

The Maine Coon Heritage Site (sur Pawpeds)

Histoire du Maine Coon (MCCF - Maine Coon Club de France)

En anglais

The Maine Coon America's Native Longhair, par Mike & Trish Simpson (Cheeptrill cattery)

Of cats and queen..., par Mary L. Daniels, 1994 (site de la MCBFA).

The Maine Coon cat Maine Origin authentificated, par Beth Kus (chatterie Dirigo)

Maine Coon history, par P. Moren (chatterie Tarascani)

America's first show cat - The Maine Coon Cat, par Gail Frew (site de la CFA)

The origin of the Maine Coon, 1976. La restranscription d'une discussion à batons rompus sur l'origine du Maine Coon, entre un juge tica, Don Shaw, et des éleveurs de Maine Coon.

Legends of the Maine Coon cat (chatterie Dirigo)

Articles et interviews présentant les plus anciens élevages de Maine Coons (sur le Maine Coon Heritage Site)

Notamment : l'histoire de la chatterie Heidi Ho et celle de la chatterie Tati-Tan (et un témoignage en Allemand)

L'histoire du Maine Coon racontée par Sweetie : la vérité sort parfois aussi de la bouche des petits chats (chatterie Athabaske).

Articles anciens

The Maine Cats, par Fr. Pierce, dans The book of the cat (1903).

What is a Maine Cat ?, dans The Cat Journal (1907).

Archives photos

Coons-ancêtres sur Cooncept.

Maine Coon Ancestors and Breeders. Archives photos des Maine Coons qui ont le plus influencé le devenir de la race.

Great Maines of the past (Cheeptrill cattery)

Sur papier

En français

Le Maine Coon de Martine Allain comprend des informations sur l'origine et l'histoire du Coon.
Le Maine Coon de Philippe Noël comprend une narration de l'histoire du Maine Coon et un recensement des premières chatteries.

En anglais

Le livre le plus détaillé sur l'historique du Maine Coon est sans doute celui de Marilis Hornidge, The Maine Coon, that Yankee Cat. Et en plus, il est drôle !

[1] Marilis Hornidge, That Yankee Cat, p. 8.

© Chatterie Ailuropus - élevage de chats Maine Coons