<< Page précédente : La dilution Menu Suite : Rufisme >>

SIlver l'Inhibiteur

Non, non, ce n'est pas le titre d'un film d'action :-)

Un petit "quizz" pour savoir où vous en êtes?

I comme Inhibiteur de mélanine

Le gène I entraîne la fabrication d'un inhibiteur de pigmentation. Celui-ci est surtout efficace sur les pigments clairs (jaunes à oranges, phæomélaniques), même s'il agit aussi sur les pigments sombres (noirs, eumélaniques) dans une moindre mesure.

Ainsi, sous l'effet du gène I, un poil agouti présentera non plus une alternance noir-jaune-noir-jaune, mais noir-argent-noir-argent.

Poil agouti eumélanique et effet de l'inhibiteur de mélanine

Un tabby qui exprime le gène I est appelé un silver.

Brown blotched tabby et Black silver blotched tabby

Sur les solides (aa), le gène I limite la pigmentation seulement à la base du poil : on dit que le chat est smoke. Mais c'est bien l'effet du même gène I qui s'exprime chez les silver et les smoke : son action est simplement combinée avec les effets de A (silver tabby) ou non (smoke).

Le coin du p'tit chimiste

Les poils silver et smoke à la loupe... (ouverture dans une nouvelle fenêtre)

L'allèle I est dominant : que le chat soit homozygote II ou hétérozygote Ii, il l'exprime.

L'allèle i est récessif. C'est lui qui est l'allèle sauvage, "originel" : le gène I est une mutation dominante.

Les rentrées d'argent, ça va, ça vient, ça varie :-)

Le gène I est dominant à expressivité variable.

Du poil d'un Persan chinchilla (tout blanc sauf la pointe pigmentée) au poil d'un "mauvais" silver tabby, grisâtre avec des restes de pigmentation jaune, ou d'un "mauvais" smoke chez qui on devine à peine une pigmentation plus claire à la base, le "spectre d'expression" du gène I est large.

expresso
Un petit café avant de se lancer !

Interaction avec A et expression variable de l'inhibition de la mélanine

La première interaction qui module l'expression de l'inhibiteur de mélanine, on vient d'en parler (même pas douloureux!), c'est celle avec un autre gène majeur, le gène agouti A.

"L'interrupteur de couleur sombre" qui est fabriqué par le gène A (la protéine agouti) facilite sacrément le boulot de l'inhibiteur de mélanine, puisque, lui, son truc, c'est plutôt les pigments clairs (phæomélaniques).

Sur les noirs ou les bleus unis, plus de boulot : les pigments sombres (eumélaniques) "résistent" nettement plus à son action inhibitrice, et il n'y arrive qu'à la fin de la pousse du poil : seule la base du poil est moins pigmentée.

Même gène I, mais expression variable en fonction de la combinaison (ou non) avec le gène A.

Polygènes modificateurs

Sans polygènes, la vie serait monotone !

Avec une "logique implacable", si le "champ d'action" de la protéine agouti et sa "concentration" sont maximisés par des polygènes, comme c'est le cas chez un chat shaded (groupe de polygènes et/ou éventuel gène majeur Wb, Wide band - voir page tabby), l'expression de I est elle aussi facilitée, et donc "optimisée".
Exemple le plus extrême, chez un Persan chinchilla, l'inhibiteur de mélanine rend la bande agoutie élargie complètement blanche.
En dehors de cet exemple-type "d'accumulation" de polygènes amplificateurs d'agouti, chez un tabby, bon agouti & bon silver, mauvais agouti & mauvais silver, ça va quand même souvent ensemble !

Mais ce n'est pas tout... L'intensité d'une pigmentation est variable, sous la dépendance de polygènes "potentiomètres" qui ajoutent chacun des petits effets amplifiants (plus de pigments) ou minorants (moins de pigments).
Suivant "l'intensité" de la pigmentation eumélanique, l'efficience de l'inhibiteur de mélanine varie (dépigmentation plus ou moins importante à la base des poils smoke, par exemple).

Surtout, l'expression de la pigmentation jaune (phæomélanique) chez le chat est elle-même très variable (la page rufus suit...). Les facteurs favorisant une expression intense de la phæomélanine ne "font pas bon ménage" avec l'inhibiteur de mélanine : des pigments jaunes peuvent alors "résister" à son action et subsister sur la bande agoutie du poil.

Le coin du p'tit biologiste

Dans les plus "faibles" expressions du silver (beaucoup de phæomélanine subsistante chez le black ou le bleu silver rufisé, par exemple), on peut parfois distinguer un hétérozygote d'un homozygote "à l'œil nu".

Hein ?!? Une différence entre hétérozygote et homozygote pour un gène dominant ?!?

Explications... (ouverture dans une nouvelle fenêtre)

Interaction de O et I : Oï, oï, oï !

Les red/crèmes silver (caméos) ou smoke sont sans doute le meilleur exemple de l'expressivité variable de I (... et, tout autant, des variations phæomélaniques, tant "en elles-mêmes" que par effet d'optique, les différentes nuances étant d'autant plus perceptibles par l'œil que ce type de pigment réfléchit plus la lumière).

L'effet croissant de l'inhibiteur de mélanine se manifeste progressivement au long de la pousse du poil, laissant d'abord, réduisant ensuite, puis supprimant la phæomélanine.
Chez un smoke, la dépigmentation de la base du poil apparaît généralement plus tôt que chez un smoke à la pigmentation eumélanique, après que la teinte de red (ou de crème) s'est "éclaircie".
Chez les tabby, s'ajoute l'effet de la protéine agouti (... et chez les non-tabby, l'effet résiduel plus important de la protéine agouti mutée sur la phæomélanine). Avec l'action inhibitrice plus élevée de I sur la phæomélanine, la teinte des red silver peut aller jusqu'à une nuance très claire.
Plus généralement, il tend à être plus "facile" d'obtenir du tipping (coloration "repoussée" à la seule extrêmité du poil) sur les caméos. Avec l'action inhibitrice plus élevée de I sur la phæomélanine, le dessin du patron des caméos peut plus facilement avoir tendance à s'estomper et à tendre vers le shaded.
Par exemple, dans une race comme le Maine Coon où les "couleurs sophistiquées" sont peu travaillées, on ne rencontre pas de chinchillas, par contre il existe quelques shell (la version red du chinchilla, un red/crème silver dont la couleur est limitée à "l'extrême extrêmité" du poil, le reste étant quasi-blanc) : un Maine Coon shell. Globalement, les rares Coons shaded sont plutôt des caméos que des black silver.

Bref, les caméos ne se ressemblent pas !


Laisser un commentaire ou poser une question | commentaires.
<< Page précédente : La dilution Menu Suite : Rufisme >>

© Elevage Ailuropus, chatterie de chats de race Maine Coons, Paris, Ile de France