J'ai bien failli ne jamais être éleveuse (... et je me sens obligée d'ajouter : "et ça n'aurait manqué à personne"). Non pas que je n'en aie brûlé d'envie, mais j'ai eu bien eu du mal à lever les objections que je ne cessais de me faire.
Décider "d'élever" une espèce animale et, à l'intérieur d'elle, une "race" artificiellement déterminée par l'homme (ce même quand il s'agit d'une espèce à l'origine naturelle comme le Maine Coon), suppose, à un moment, de lever le pied sur tout ce que cela implique, sauf à prendre peur : sélectionner parmi des êtres vivants ceux qui sont les plus beaux, les plus aptes à la reproduction, les plus doux ? Mais comme c'est bizarre ! Est-ce que j'ai un permis de reproduire moi ? De quel droit et selon quels critères ? Des critères de beauté aux yeux des humains ! Cela semble un très grand droit pris pour quelque chose de somme toute assez dérisoire...
Et en même temps, il est nécessaire de garder tout cela à l'esprit : plus on a conscience des droits qu'on s'arroge sur le vivant, plus on prend la mesure des responsabilités et des devoirs que cela implique.
