Les mini-dossiers du bric à brac

Elevage & main de l'homme Introduction aux bases de la génétique Couleurs & patrons, la génétique à rebrousse-poil Consanguinité - inbreeding L'élevage outcross Articles & autres ressources

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi ! Albert Einstein

Dans cette rubrique-à-brac, vous trouverez abordés différents thèmes relatifs à la félinotechnie.

Félinotechnie ? Oui, oui, je sais, encore un mot barbare ! Cette fois il s'agit des pratiques et des théories de l'élevage félin - lesquelles, malheureusement, ne coïncident pas toujours avec celles de l'ailurophilie.

Elle réunit des mini-dossiers plus techniques... Bref, c'est pour les grands curieux !

Au menu :

Une réflexion sur l'élevage ... à compléter avec plaisir par des échanges !Qu'est-ce que ça signifie au fond, "élever" des animaux ? Quels droits prend-on sur le vivant, quand on élève des animaux de compagnie pour son agrément ?
... Et, surtout, quels devoirs et responsabilités en découlent ?

Une initiation aux notions de base de la génétique... Ne fuyez pas, c'est très ludique !Qu'est-ce que c'est, au juste, ces fameux gènes? Comment ça marche "concrètement" ? Comment les "caractères" se transmettent-ils aux descendants ? Pourquoi tel caractère s'exprime et pas tel autre ? C'est quoi une mutation génétique ?
Une initiation aux réponses à toutes ces questions, avec des illustrations, des schémas et des animations

La "génétique à rebrousse-poils"... ou comment sont déterminés les couleurs et patrons de la robe félinePourquoi les chats tabbys ont-ils des rayures ? Comment ça un brown et un noir ne sont séparés que par un seul petit gène ? Pourquoi les red self ont-ils un patron fantôme ? Et pourquoi, en parlant de rouquins, n'y a-t-il que des filles écailles de tortue ? Ah bon! C'est encore un seul petit gène de rien du tout qui sépare un brown d'un black silver !!! Et les bleus dans tout ça ? Le même gène que pour les crèmes ?!? Pourquoi les chats blancs ont-ils aussi parfois les yeux bleus ou vairons ? Et ceux qui n'ont qu'un peu de blanc, ce n'est pas la même chose alors ?
Mmmmh, comme ça a l'air intéressant, la "génétique des couleurs" !

Une tentative de mise à plat d'une notion très large en félinotechnie : la consanguinitéEn félinotechnie, on parle beaucoup de "consanguinité". C'est "logique", puisque la plupart des races félines ont été élaborées à partir de quelques chats, mariés entre eux.
Mais ce terme très large recouvre pleins de notions : des pratiques d'élevage, des conséquences sur le patrimoine génétique des chats et leur santé, ainsi que sur toute la race...
On utilise aussi divers indices statistiques pour l'estimer.
Pas toujours facile de s'y retrouver ! - mais, normalement, après la lecture de ce dossier, ça devrait aller mieux : plus d'excuse !

Une présentation de l'élevage outcross et de fondationOutcross et fondation, même si ce n'est pas tout à fait la même chose, sont des méthodes d'élevage qui visent à faire naître des chatons au patrimoine génétique diversifié, en créant de nouvelles lignées (fondation) ou en mariant des chats sans lien de parenté (outcross).
C'est possible avec une race comme le Maine Coon, qui existe à l'état "naturel". C'est le contraire, en somme des pratiques répétées de mariages consanguins.

Des traductions d'extraits d'articles de zootechnie essentiels, pour les non-anglophonescurieux

Petit mot à l'intention de tous ceux que la notion de "race de chat" étonne voire révolte...

... moi aussi elle m'a longtemps perturbée !

J'ai toujours eu des chats... authentiques chats de gouttière, qui venaient de refuges, avec un passé plus ou moins trouble et les traits de caractère qui en découlaient. La notion même de chat de race me faisait bien plus pitié qu'envie : pour moi, un "chat de race", c'était un Persan avec des problèmes d'yeux qui coulent et de nez bouché par la faute d'humains qui aimaient l'air d'un chat... qui a l'air de s'être violemment écrasé contre un mur, et un nom à particule dérisoirement plus élégant que celui de la plupart de mes connaissances. Quelques uns trouvaient vaguement grâce à mes yeux parce que je percevais alors comme une race "naturelle" ; mais de manière générale, j'étais l'exemple même de la personne qui n'aura jamais de "pure race" chez elle, à moins d'en recueillir un.

Dans mon esprit, la création d'une race au sein d'une espèce, sur des "critères physiques", par la seule décision humaine et l'institution de livres et autres procédures en garantissant l'origine, avaient les relents d'un réflexe hiérarchisant que l'humain adopte parfois à l'égard de sa propre espèce, et qui m'est hautement insupportable : pour dire simplement, c'était le racisme appliqué aux chats.

Enfin, l'achat d'un chat me paraissait de l'argent fort mal employé, quand de nombreux humains en auraient bien davantage besoin... et que de nombreux félins peuplent les refuges en attendant d'être adoptés.

>> Comment quelqu'un qui pense ça peut-il changer d'avis au point non seulement d'acheter un chat de race, mais d'en élever ???

Je n'ai tout simplement pas changé d'avis...

Mais j'assume d'avoir aimé la bouille et le caractère d'un Maine Coon au point de le convoiter et d'acheter mon chat. Et j'assume d'avoir ensuite tant apprécié la compagnie de ce "chat OGM", comme j'aime à dire mi-sérieusement, mi-plaisantant, pour souhaiter à mon tour participer à ce travail de "sélection".

J'ai des réflexes d'humaine, un cerveau d'humaine et j'aime ce qui est beau, ou du moins plaît à mes goûts : je n'ai aucune prétention à lutter contre cette tendance. Pas plus que je n'ai honte à avouer que je prends plaisir à vivre au quotidien avec un félin câjoleur, patient et équilibré, ou du moins que cela simplifie nettement nos vies respectives - même si j'aimais feu mes gouttières "névrotiques" tout autant, dont les troubles comportementaux s'étaient d'ailleurs estompés après quelques années de bon traitement.

J'assume donc que l'élevage de mes chats soit un petit plaisir "égoïste", et leur élevage un loisir "coûteux", et suis toute prête à reconnaître que j'aurais pu aider l'humanité (mais pas la sauver...) avec l'argent qui a servi à l'acquisition des mes félins. Mais en comparaison de tout autre achat "superflu" dont nous autres occidentaux avons le secret, mes chats ont le mérite d'être vivants et affectueux, ce à quoi ni un ordinateur dernier cri, ni un authentique meuble Louis XVI ne sauraient prétendre... Finalement, cela vaut peut-être le coup...

Quelle est au fond la frontière entre un chat de race et un chat de gouttière ?

La frontière entre un "chat de race" et un "chat de gouttière" n'est pas une muraille : ce sont bien des chats, et les classifications à l'intérieur de cette espèce relèvent exclusivement d'un choix humain. L'acquisition d'un chat de race par rapport à un chat de gouttière garantit une certaine apparence et certains traits de caractère généraux. C'est tout.

D'un côté, c'est très peu : les chats, eux, ne sont pas au courant et ils jouent, ronronnent, dorment, etc. (presque) de la même manière.

Dans le même temps, si cette apparence vous donne un pincement au coeur tant vous la trouvez belle et que ces traits de caractère vous plaisent au point de rêver d'un chat "comme ça", l'infime différence fait toute la différence.
Il est vrai également que si vous vivez dans un environnement urbain, sans balcon ni jardin, l'adoption d'un chat au caractère réputé calme et placide peut s'avérer une très bonne idée pour l'équilibre du chat, comme pour le vôtre : un félin qui hurle à la mort devant la fenêtre 4 heures par jour tant l'animation du monde extérieur l'attire peut se révéler très usant pour les nerfs de tout le monde à l'usage.

Néanmoins, si vous trouvez tous les chats beaux, que vous les aimez tous, y compris les peureux ou les lunatiques, et que vous trouvez idiot d'acheter un chat alors qu'il y a pleins de minous moins chanceux qui attendent vainement leur tour dans un refuge, je suis entièrement en accord avec ce point de vue : foncez dans le refuge le plus proche. Le chat que vous adopterez sera aussi beau et aussi sympa qu'un "chat de race", puisque ce sera votre chat.

Je refuse toute vue élitiste inhérente au pedigree : un "chat de race", c'est d'abord et avant tout un chat. Autant le pedigree est absolument nécessaire dans l'acquisition d'un chat de race, autant le pedigree ne crée pas du chat de race un "sur-chat" et du chat de gouttière un "sous-chat".

Les races félines : invention artificielle ?

Reste la question de "l'artificialité" des races. Je n'aurais pas pu tomber amoureuse d'une race qui ne soit pas "naturelle". Néanmoins, je suis très lucide sur l'aspect "naturel" de la race Maine Coon, qui a été travaillée et modifiée par l'intervention humaine : je préfère d'ailleurs concéder que les Maine Coon n'ont plus qu'un lointain rapport avec la race "naturelle" des chats du Maine, que de défendre cette idée de race "naturelle" sans assumer la responsabilité qu'impliquent les choix humains de la sélection... pour le meilleur et pour le pire.

Cela dit, je n'ai pas changé d'avis sur les Persans aux nez bouchés... toute sélection qui tend à l'extrême, ce qu'on appelle l'hypertype, me semble dépasser une limite pour le seul agrément de l'humain (qui d'ailleurs finit par connaître très peu d'agrément avec son chat au nez bouché). Je n'ai rien contre les Persans dont le nez n'est pas enfoncé dans le crâne : c'est l'extrêmisation jusqu'au malaise pour l'animal qui me dérange. Je n'ai pas le goût pour "l'ultra-exceptionnel".

Après m'être fait beaucoup d'ennemis parmi les éleveurs de Persans, je poursuivrai en ajoutant que cela vaut aussi pour ma conception du Maine Coon (qui n'engage que moi, et les chats qui vivent ou naissent chez moi) : je n'aime pas les types extrêmes. J'aime les Maine Coon harmonieux, terme flou il est vrai. Dans mon travail de sélection, j'ai besoin de considérer que je n'outrepasse pas les droits que j'ai déjà l'arrogance de prendre en "sélectionnant" des mariages : cette "arrogance" intrinsèque au travail d'élevage est quelque chose dont je préfère avoir conscience et assumer.

Si la question des droits, des devoirs et des responsabilités du "travail" avec le vivant vous intéresse : l'élevage et la main de l'homme est une page faite pour vous.

Et malgré mes convictions, je n'ai jamais brûlé qui que ce soit parce qu'il n'était pas de mon avis, aussi respecté-je qu'on ne le partage pas : j'ai même plaisir à en débattre.

© Chatterie Ailuropus, élevage de chats de race Maine Coon, Paris, Ile de France.