On a bien cru qu'on ne le ferait jamais, ce voyage !
Et notre entourage goguenard encore plus : les paris étaient engagés à 40 contre 1 !
Réservée en décembre 2005 quand elle avait 3 mois, Covergirl s'est pour le moins faite attendre et désirer...
Première galère, les "passeports biométriques"
(c'est-à-dire, le nom pompeux en moins, exactement les mêmes avec juste quelques gadgets numériques, en fait) :
impossible de prévoir d'aller la chercher avant que la France ne puisse nous en fournir
(enfin, égocentrisme en moins, pas qu'à nous d'ailleurs, vu le nombre de gens énervés à la préfecture !
Par contre, c'est quasi sûr, on était les seuls dont la chose très-très-importante-qui-mérite-un-traitement-urgent,
c'était d'aller chercher une chatte Maine Coon au fin fond du Maine !).
Tout (... enfin, hum, hum, ou presque, évidemment) était donc prévu pour le mois de mai 2006,
et les passeports sont bien arrivés avant notre départ (3 jours avant pour le mien!).
Malheureusement, les résultats du test ADN HCM1 pour Covergirl, à la période où le labo a été débordé par le rush,
eux, n'étaient toujours pas là...
et ne sont arrivés que quelques jours après la date qui aurait dû être celle de notre départ
(arrrrgh! et youpiiii aussi puisqu'elle est négative! et re-argggggh d'avoir reporté).
Bref, après beaucoup de arrghh, de youpiii, de re-arghhh et de re-youpiii,
toujours est-il que le voyage était reporté aux calendes grecques,
c'est-à-dire fin août dans le calendrier des gens qui ne trépignaient pas d'impatience.
Autant dire qu'à notre arrivée à Boston, on n'était pas fatigué
(et puis les mesures de sécurité renforcées en août étaient là pour nous réveiller en cas de coup de pompe!).
D'ailleurs, on n'a pas été fatigué tout au long du séjour : pas question d'en perdre un poil de lynx tips !
C'est dans la petite mais néanmoins célèbre ville de Salem que nous avons passé notre première nuit (quitte à reporter aux calendes grecques, la période d'Halloween aurait été ici appropriée!), dans un adorablement kitschissime B&B. Le propriétaire des lieux ne manquait pas de posséder une chat, noir bien sûr, répondant au nom de... Bridgett. Si ce n'est pas de la sorcellerie ;-)
Le lendemain, cette petite ville visitée (sans omission du musée des sorcières!), cap à l'est, vers Cape Ann, au bord de l'océan.
La petite ville côtière de Rockport
C'est là que nous avons fait connaissance avec notre deuxième animal préféré de Nouvelle-Angleterre (quoique pour des raisons très, très différentes...), le homard. Dans les ports de pêche qui longent la côte, longent tout autant des lobster pools, où se dégustent des homards fraîchement pêchés, sur des terrasses de plein air, sans le décorum et les complications inutiles des moults instruments-pour-rester-digne-mais-ça-marche-pas et l'autorisation expresse de faire fi des bonnes manières et d'utiliser ses doigts pour le décorticage, le tout pour une bouchée de pain, ou presque.
Nous avons ensuite longé la côte vers le Sud, sans oublier de faire halte à Plymouth, la "première ville des Etats-Unis".
Mais après cette mise-en-bouche d'ambiance, je vais arrêter la "séquence diapo tourisme"... Place à la quintessence de la Nouvelle-Angleterre : ses chats !
La première chatterie que nous avons visitée est celle de Cathy Pettey (Petteycats), à Westport, tout au Sud du Massachussetts. Cathy possède en effet Thunderpaws My Solo, le père de Covergirl :
Je suis ravie de pouvoir prendre Solo dans mes bras !
Lui, en revanche, il préfèrerait que je le pose par terre, maintenant qu'il est plus près des nanas...
Solo est, comme j'allais le découvrir plus tard à mes dépens, tout identique à sa fille : impossible à prendre en photo ! Il bouge tout le temps ! Le compagnon de Donna le surnommait Lightning. C'est un chat hyper-actif !
Nous avons aussi eu le plaisir de pouvoir faire connaissance avec des demi-frères et des demi-sœurs de Covergirl, Cathy ayant deux portées nées de Solo chez elle à ce moment là :
Les plus jeunes demi-frères & sœurs de Covergirl...
... et d'autres half-sibs, nés en juillet, de Solo et d'une femelle de nouvelles lignées :
A gauche : "Solo bis", le "clone" de son père
Au centre : Solo au féminin, avec la pointe de la queue blanche
A droite : Une petite puce avec un très beau blotched !
Un point commun à tous les blotched : ce même patron "dessiné au pinceau" et aux ocelles nettes
qu'arborent Covergirl et ses parents.
Il était intéressant de voir autant de demi-frères et sœurs, pour jouer à deviner tout ce que Solo
peut avoir transmis à Covergirl...
Cathy nous a accueilli chez elle avec extrêmement de gentilesse, et nous sommes restés plus longtemps que prévu, nous attardant dans l'après-midi, à parler "de chats et de rien", à jouer avec les chatons et à regarder les pedigrees (enfin... moi surtout, pendant qu'Alex râlait que ça allait nous conduire jusqu'à la nuit si on partait dans les pedigrees !).
Les autres chats n'ont pas été en reste, et nous avons notamment fait longuement connaissance avec la jeune relève : un mâle silver polydactyle, aux yeux or, impressionnant de taille et d'ossature ; un adorable petit brown blotched avec qui j'ai eu une une "connexion léchouille" (tous deux sont en photo sur le site de Cathy) ; une petite puce noire et blanche de lignées Dirigo (photo ci-contre)...
Nous sommes ensuite remontés vers le Nord du Massachussets, où se tenait un show CFA le lendemain...
Il a été à la fois amusant et formateur d'assister à des rings CFA, sans compter qu'aimant beaucoup les sweet-faced Maine Coons au "look CFA", j'ai pu me régaler les yeux !
Cerise sur le gâteau, cette expo m'a permis de rencontrer plusieurs éleveuses qui habitent aux quatre coins de la Nouvelle-Angleterre (... voire des EU)
et que je n'aurais pas pu toutes voir autrement dans le temps du séjour : les Bergs mère & filles de la chatterie Kelim Coons,
Joanne Ezepeck de la chatterie Hollis Hill,
Tina Dodge de la chatterie Fogcity,
et même Donna Hinton de la chatterie Nascat,
venue du Texas pour chercher un jeune mâle, dont je n'ai réussi à prendre que des photos floues (...),
mais qui se trouve sur son site.
J'étais toute intimidée !
Infiniment plus formateur encore que de regarder les rings, le "débat en live" entre ces éleveuses chevronnées pour évaluer trois chatonnes d'une portée. Dans pareil cas, on se tait, on écoute sans en perdre une miette, et on apprend !!!
Une calico diluée de 6 mois (à gauche)
et Eva, l'une des trois minettes de la portée "en balance" (à droite)
Pas très dur en fait !
Ensuite, direction le Nord, dans le New Hampshire, pour une soirée chez Robin Warren de la chatterie Red Flannel.
Robin a commencé l'élevage sous l'aile de la célèbre chatterie
Advent Hill,
dont la moitié environ de son cheptel est issue.
Comme je lui avais dit qu'on connaissait bien le "look Advent Hill" en France
pour avoir beaucoup importé de chats de cet élevage,
on a donc joué à reconnaître qui. Heureusement pour moi, ils ont vraiment un look distinct !
Par la suite, elle a introduit des chats de nouvelles lignées dans sa chatterie, avec l'aide de Donna Chase avec laquelle elle partage en outre la passion de la musique. Il était intéressant de voir côte à côte des chats issus de lignées classiques, nouvelles... et le mélange des deux.
Thunderpaws Oedipuss, mâle crème de 4 ans 1/2,
un des "tontons" de Covergirl
Robin avait également invité un couple d'éleveurs de ses amis. Nous avons passé une très agréable soirée, à discuter des différents looks et standards du Coon (avec pleins d'exemples sous les yeux !), y compris de l'existence du stop chez le Coon (débat sans fin lol!). Tous trois étaient très intéressés de découvrir le standard français, le LOOF (aux Etats-Unis, il existe plusieurs organisations délivrant les pedigrees, et l'idée d'une organisation centralisée est "amusante", esprit fédéraliste oblige!) et les obligations des éleveurs à son égard. Bref, nous avons beaucoup comparé les différents modes de fonctionnement de part et d'autre de l'Atlantique, avec des regards extérieurs et enrichissants sur chaque système.
Le lendemain, nous sommes allés rendre visite aux Gagnons, à la chatterie Cameowcoons, qui, comme le nom le suggère, ont de magnifiques caméos (red silver & crème silver shaded, c'est-à-dire au patron presque invisibilisé par le silver).
Oliver, assurant la promotion des caméos
Une pucette smoke prête à assurer la relève
Les Gagnons sont des gens adorables et très accueillants (preuve en est qu'ils nous ont offert un délicieux gâteau aux pommes fait maison et du sirop d'érable tout aussi fait maison dès notre arrivée ! miam !!! et, non, non, je ne pense pas qu'à manger !). Là aussi, notre visite s'est attardée dans l'après-midi bien au-delà de ce qui était prévu. Alex et le mari de Kathleen sont devenus inséparables (nous étions ses "premiers français en chair et en os" ;-D), surtout autour de "vraies bières américaines" (dont j'ai bien entendu déjà oublié le nom lol). Pendant ce temps-là, les femmes parlaient popotte ;-D Maine Coon, quoi !
Nous avons remonté le temps dans les photos de ses tous premiers Maine Coons (ils sont des ancêtres de Covergirl), et j'ai été ravie de pouvoir connaître leur histoire.
Nous avons aussi passé beaucoup de temps avec les chats, des plus petits aux plus anciens. Ce n'est pas qu'en caméo qu'on trouve beaucoup de silver chez Kathy : il y a aussi beaucoup de blacks et d'écailles silver & smoke. Autant dire que j'étais ravie de voir mes couleurs préférées ! Nous avons abordé beaucoup de sujets sur l'élevage, Kathy étant une éleveuse "avec de la bouteille" et beaucoup d'expérience à partager.
Les Gagnons s'emploient également à perpétuer la polydactylie, pour le plaisir des amateurs éclairés qui apprécient un compagnon Coon à grosses papattes.
Ci-contre, une petite poly, avec la bouille ronde de "l'ancien type" que l'on rencontre parfois chez les chats de vieilles lignées.
Nous avons passé notre soirée à Portsmouth, petite ville pleine d'histoire et préservée (il y a un écomusée en plein centre de la ville, qui compte de nombreuses maisons historiques retraçant l'histoire des pionniers à nos jours).
Et, au matin, nous sommes entrés dans l'état du Maine....
Immortalisation du passage de la frontière entre le New Hampshire et le Maine sur ce pont !
Nous avons remonté la côte en faisant de nombreuses haltes, pour admirer les petites villes portuaires, faire des pauses face à l'océan version "de l'autre côté, c'est l'Europe" (et, oui, oui, pour manger du homard!), sans oublier de faire d'amusantes rencontres...
Pas de doute, nous sommes dans le Maine !
Ici, on peut rencontrer des chats de gouttière aux poils longs et à la queue touffue,
qui s'approchent de vous pour venir discuter devant les maisons
(enfin, elle, en tout cas, elle l'a fait et elle avait pas mal de trucs à raconter!).
Je ne m'apesantis pas davantage sur la tête des autochtones face aux touristes
qui débattent dans une langue étrangère en prenant frénétiquement des photos de la p'tite gougoutte!!!
En fin d'après-midi, un drame survint : plus de piles pour l'appareil photo ! Et l'acmé du drame : plus de piles AA dans la station service où on s'est arrêté pour en racheter ! Et c'est vraiment dommage, car on avait alors rendez-vous chez Carol Pedley de la chatterie Le Beau Minu... Oui, je mérite des claques!
Carol Pedley est entrée dans le monde du Coon à la fin des années 1960 : elle est l'une des rares éleveuses de la première heure qui élève encore aujourd'hui (bon, c'est facile en fait, elles sont deux). Elle est une "mémoire du Maine Coon" et j'étais pour le moins impressionnée de la rencontrer. Je ne savais même plus trop quel sujet aborder en premier, il y en avait tant !
Chez elle, nous avons vu un Maine Coon des plus impressionnants, 12 kg tous de muscle et d'ossature, sans graisse aucune, un mâle noir, fils de son mâle Thunder, qui vient de chez Tina Dodge, noir aussi, et qui ne laisse en outre pas trop de mystère sur la provenance du gabarit de son fiston (et, forcément, là, la panne de piles qui la fiche d'autant plus mal... Tous deux sont néanmois sur la page des mâles de son site : il s'agit de Nighthawk pour le fils et de Thunder pour le père). Sans difficulté aucune, ça nous a arraché un grand "woooh" (et un grand fou rire de voir un si grand Maine Coon s'avérer un infini timide... un "doux géant").
Tous les chats que nous avons pu voir étaient d'une grande beauté, dans leur style respectif - quelques "ancien type" côtoient en bonne intelligence des Coons plus "modernes".
Carol a ensuite été chercher une "boîte à trésors", de laquelle elle a extrait pedigrees et photos de chats "nés avant même que je sois née", ses tous premiers fondateurs et les lignées qu'elle a construites avec eux, ces chats qui sont souvent présents tout au fond de nos pedigrees.
Que cette soirée m'a paru courte!
Le lendemain matin, nous avions rendez-vous avec Betsy Piper de la chatterie Heritage Coons. Le problème des piles n'ayant pas été résolu entre temps, je tends par conséquent l'autre joue...
Même si cette visite fut la plus courte, elle m'a fait une forte impression : Betsy est une femme très directe, un "personnage", qui vit dans une grande ferme ultra-difficile-à-trouver, en compagnie de ses chats. Elle conserve beaucoup de ses retraités d'élevage avec elle : nous avons ainsi pu voir plusieurs "Methuselahs", des chats de plus de 15 ans. Un régal de rencontrer autant de Coons matures! Comme, d'autre part, ils proviennent de vieilles lignées, c'est comme un voyage dans le temps de l'évolution du Coon que de voir tous ces "pedigrees vivants" autour de soi (oui, je continue à tendre l'autre joue, et je rends même la première pour un tour...).
Beaucoup de ses chats de vieilles lignées ont un type assez ancien, la "bouille ronde" ou le "type doux" des anciens Coons : il est possible de s'en faire une idée dans les galeries de son site, à défaut de photos de ma part (... oui, oui, je sais, j'alterne les joues du mieux que je peux là!).
Betsy fait aussi beaucoup de rescue (sauvetages de Maine Coons dont les maîtres ne peuvent plus s'occuper), et il y a également chez elle pleins de Coons avec une histoire bien propre, souvent émouvante.
Retour au monde des piles!
Nous n'avons pas manqué l'occasion de faire un crochet pour une ballade dans le parc d'Acadia:
Zénitude garantie!
Et pendant que nous roulions toujours plus au Nord du Maine....
... et que nous affrontions le trafic sur l'autoroute...
...nous sommes enfin arrivés au terme de notre destination, juste à temps pour le coucher de soleil sur le Mont Katahdin...
Non, ce n'est pas une carte postale !
C'est, "en toute simplicité", la vue qui s'est offerte à nous à notre arrivée tout au Nord du Maine.
Et pour qu'une "handicapée de la photo" comme moi,
spécialisée exclusivement dans le flou et le mal cadré,
parvienne à prendre une photo pareille,
c'est vraiment que j'étais servie par le paysage !
Une fois chez Donna Chase (chatterie Thunderpaws) - j'étais en transe plus on s'approchait de Covergirl!!! - difficile de ne pas tomber immédiatement sous le charme des lieux...
Une vue enchanteresque & et des p'tits Coons qui accourent pour faire coucou derrière la moustiquaire!
J'étais complètement aux anges!
Comme l'a dit Donna, on reconnaît un amoureux des chats au fait qu'il s'assoit directement par terre quand il entre quelque part!
Ci-contre, à droite, une photo d'une grande valeur sentimentale pour moi, puisque c'est mon tout premier contact avec Covergirl... De tous les chats de Donna, c'est elle qui a choisi de venir s'installer sur mes genoux (j'avoue que c'est aussi elle que j'avais laissé le plus tranquille... sacrés minous!)
Et à gauche, un demi-frère particulièrement bavard, qui avait envie de voir le monde comme sa grande sœur et essayait de me le faire savoir!
A "Siberia Farm", Donna n'élève pas seulement des Maine Coons dans sa maison, mais différentes espèces dans sa ferme :
Des chevaux (avec en fond le Mt Katahdin dégagé de nuages pour ne rien gâcher)...
... des chèvres aux oreilles longues rigolottes et le colombier...
... des poules bleues (oui, bleues), qui pondent des œufs multicolores qui ont un grand succès à Pâque (et en France, hein Florence ;-DD)...
... sans oublier Tiboon le veau, qui se prend pour un animal de compagnie, et aime passer la soirée auprès du feu, couché à côté des humains qui lui grattent l'encolure...
Pour des urbains comme nous, c'est l'opposé radical de notre vie : une vie simple, loin de l'agitation, avec toutefois pour point commun de n'être pas de tout repos (nous avons suivi Donna dans sa journée, et je ne sais pas comment un aussi petit bout de femme, du même mini-gabarit que moi, arrive à faire tant de travaux de ferme!).
Bien sûr, le centre du monde a quand même beaucoup tourné autour des chats... J'aurais pu écouter Donna parler de Maine Coons pendant des journées entières. Elle a une mémoire très vivace, et des tonnes d'anecdotes à compter de toute les époques de sa longue expérience dans l'élevage du Coon, de ses débuts, de réouverture des livres d'origine, des perceptions de l'élevage de fondation à différentes périodes, de l'histoire de chacun des fondateurs qu'elle a utilisés au cours des années et de tous les chats qui sont nés chez elle... Donna est une femme très instinctive, avec un regard aiguisé qui sait voir dans les chats très "matière brute" que sont les chats de fondation les potentialités à exploiter et les points à améliorer.
Où donner de la tête ?!?
Sur la première photo, de gauche à droite: Sparkler, Diamonds&Rust (la maman de Covergirl),
Covergirl, le jeune mâle caméo qui tourne presque la tête, Party Shoes et Gizmo.
Et sur la seconde, de gauche à droite: Sparkler, Jolie Blonde, le jeune mâle caméo en attente de nom (lol),
Diamonds & Rust, Folly's Angel, Gizmo, Covergirl, et Party Shoes qui est montée sur la commode.
J'adore la juxtaposition des trois puces silver blotched, c'est un festival de jolie tabbies !
Nous avons pu faire connaissance avec plusieurs "aïeuls" de Covergirl...
... méritant tous les premiers hommages: Fur-Taztic Diamonds & Rust (ou, plus simplement, "Ashley"),
la mère de Covergirl.
Elle a toujours l'air un peu grognon, mais elle est en fait adorable...
Diamonds & Rust est une chatte F4, issue à près de 60% de nouvelle fondation.
...Thunderpaws Stone Soldier ("Buster" pour les intimes),
que l'on retrouve deux fois en 3° génération dans le pedigree de Covergirl
(il est son double-arrière-grand-père),
qui, à 9 ans, se comporte en "roi de la demeure"
depuis qu'il a été neutré.
Le patron de Buster est hallucinant : non seulement il est d'une clarté remarquable,
"dessiné au pinceau", mais ce en dépit des impressionnantes densité & longueur de son pelage.
C'est grâce à lui que, dans la dernière décennie, Donna a pu obtenir ces très jolis patrons
chez ses descendants et l'installer dans ses lignées.
Et avec lui, on sait aussi d'où vient le gène
"je suis impossible à prendre en photo parce que je bouge tout le temps!"
Nous avons aussi fait la connaissance de Sarah Dolan, la grand-mère de Covergirl, très occupée par une portée de Diamonds & Rust dont elle avait décidé unilatéralement d'être la nounou attitrée (quand Diamonds & Rust, quand à elle, se la jouait mère moderne ravie de sa baby-sitter, et pas du tout inquiète quand les petits étaient à la crèche). Par contre, je n'ai pas franchement réussi à prendre d'elle une bonne photo (spécialiste du flou je suis et resterai...).
Folly's Angel (Follyana), demi-sœur de Covergirl par leur père Solo.
Une petite F4 à 70% issue de nouvelle lignée de fondation.
Follyana a un patron agouti "cas d'école" : elle partage le joli patron blotched
bien net de la "famille", et, dans les zones agouties de son pelage,
l'agouti est extrêmement prononcé (les poils sont complètement ticked). Joli & amusant !
Stryder, un frère de portée de Covergirl, qui vit des jours heureux de neutre de compagnie pas très loin de chez Donna, et dont les propriétaires ont eu la gentillesse amusée d'accueillir les p'tits français pour venir voir leur chat!
Un jeune mâle caméo et blanc encore en attente de nom, qui attend sagement de grandir...
Récemment, Donna a aussi introduit deux nouveaux chatons de fondation (F1) dans son cheptel... Ils ont été l'occasion pour nous de mieux comprendre le choix d'un futur fondateur de lignée, la manière dont Donna les trouve (c'est long!) et l'œil critique particulier qu'elle leur porte.
Bien sûr, un chat de fondation n'est pas d'un type exceptionnel,
comme un chat issu d'une sélection sur plusieurs générations
(c'est au fond une totale lapalissade: par définition il n'a pas fait l'objet d'une sélection sur son "look",
quand il est heureux que l'on voit une différence chez les chats sélectionnés sur plusieurs générations,
sans quoi on se demande pourquoi on y accorderait tant d'effort! ;-D).
Rien chez eux n'a encore été "développé", et, en comparaison avec des chats issus de lignées "travaillées",
ils présentent "la même chose en réduction" :
les oreilles sont comparativement moins grandes,
comme les lynx tips qui les surmontent, le museau plus court, le gabarit moins grand,
le corps plus cobby...
Bref, ils sont "bruts de pomme".
Mais un Maine Coon de fondation, pour autant, correspond bien au standard du Maine Coon :
il n'est en rien extérieur aux critères de la race.
Ils ne sont pas "hors standard".
Et c'est même, quand on y songe, assez fascinant à quel point les shags perdurent à l'état naturel dans le grand Nord-Est américain.
Ce n'est pas sans rappeler à l'humilité : race d'origine naturelle, les Coons ont existé (bien) avant l'élevage du Coon ;
personne ne les a créés, ils sont venus à nous !
Ce qui nous a particulièrement frappé, en outre, chez ces deux "p'tits nouveaux", c'est leur caractère : ce sont eux qui ont accouru les premiers pour nous dire bonjour, en poussant littéralement les autres pour avoir tous les câlins, et ils n'ont eu de cesse de ronronner et de nous faire des gros bisous, avec un enthousiasme que nous n'avons pas su épuiser ! Les Maines Shags sont naturellement câlins et résolument proches des humains dont ils recherchent la compagnie. On me l'avait souvent dit, mais le constater de visu reste bien plus impressionnant, car il s'agit vraiment d'un "caractère de base" très à part, sur lequel on n'observe aucun décalage avec nos Coons !
Donna a au sujet du caractère naturel des shags une théorie, celle que la sélection naturelle a progressivement œuvré en faveur des chats les moins farouches et les plus charmeurs, capables ainsi de pouvoir s'accorder les faveurs des habitants pour les laisser se faufiler dans les maisons ou les granges sans en être chassés, ce qui leur aurait permis plus facilement de passer les rigoureux hivers, et, aux mères, d'assurer la survie de leurs portées, auxquelles elles transmettaient à leur tour ces comportements et fines stratégies de séduction! J'avoue que cette théorie nous a séduit !
Party Shoes, petite puce brown mackerel (tendance spotted) et blanc, qui adooooore être le centre de l'attention et était toujours prête à prendre la pose, genre "coucou, c'est moi la star".
Mackerel comme beaucoup de shags (sauf, d'après Donna, dans certaines zones particulières où le
patron blotched ségrègue), elle a pour elle un corps bien rectangulaire,
un pelage d'une bonne texture
et une queue touffue assez longue.
Elle est d'une douceur de caractère incroyable,
et rien ne peut arrêter ses ronrons....
Gizmo, tout jeune mâle noir et blanc, a, pour un chat de fondation,
des oreilles qui ne souffrent pas d'être proportionnellement trop petites,
et dont le placement est "déjà le bon"
(les lynx tips, ce sera pour les générations suivantes!).
Toujours pour un chat de fondation, son museau a une longueur acceptable,
et le corps n'est pas trop cobby.
Que les chats noirs sont difficiles à prendre en photo!
Réciproquement, en pouvant voir côte à côte F1, F3, F4, F5 (ce qui désigne l'éloignement aux fondateurs, un F1 étant un fondateur de lignée, un F3 étant à 3 générations de la fondation, etc...), on a tout autant été frappé de voir à quel point chaque génération pouvait présenter une amélioration du type (ou, plutôt, le "meilleur de la génération précédente"). Il est vrai que l'on peut parfois observer une "rapidité" similaire tout au long des galeries de photos des "grands ancêtres" du Coon, mais l'observer en live aujourd'hui n'a pas le même effet ! Si cela n'a rien de magique ou d'automatique non plus, nous avons vraiment été séduits par l'évolution du "brut" au plus "fini" (bien sûr, aucun chat n'est utra typé, mais ils sont beaux d'harmonie).
Jolie Blonde, une jeune F3, à près de 70% issue de nouvelle fondation,
une chatte très harmonieuse et au type très joli pour une minette si proche des fondations
(et peut-être même tout court, en fait!).
La p'tite photo souvenir d'un voyage que je n'oublierai pas et ai hâte de refaire !
Donna, Covergirl et moi... avec le Mt Katahdin derrière
(dont Covergirl préfère manifestement garder un dernier souvenir en mémoire!)
En un peu moins de dix jours, nous avons vu une centaine de Maine Coons (sans compter les chatons), de tous les styles et "de toutes les époques" : des Coons de lignées classiques, dans les looks plus doux de la CFA ou plus "typés", voire avec un look résolument plus "sauvage" ; des Coons de vieilles lignées qui offrent un véritable "voyage dans le temps" en permettant d'apprécier en chair et en os "l'ancien type" plus nounours, plus doux, voire en rondeur, qui a servi de base à la sélection des Coons plus "modernes" d'aujourd'hui et qui sont les témoins de cet héritage ; des Coons de nouvelles lignées de fondation, des promesses de jeunes fondateurs en devenir au charme équilibré et très nature de chats issus de nouvelles lignées qui dévoilent progressivement toutes leurs qualités plus achevées... Bref, tous les styles !
Le spectacle de cette diversité a bien sûr été extrêmement formateur pour moi, dans le regard, dans l'esprit et, plus subjectivement, dans les goûts et les orientations que je souhaite prendre.
Pourtant, tous ces styles (de chats et... d'élevage!) que j'ai pu rencontrer de façon très condensée (en poursuivant parfois avec l'une le fil d'une réflexion amorcée avec l'autre!), ne m'ont pas tant laissé l'impression d'une indépassable disparité, mais un petit goût d'unité de la race... Cela tient sans nul doute d'abord à l'attitude coonesque, infiniment plus constante que les looks : ils ont tous le charme cajoleur et la langue bien pendue des grands bavards ! Mais il n'y a pas que ça. Le Maine Coon est une race sélectionnée à partir d'une base naturelle, vieille d'au moins deux siècles. Bien sûr, les lignées anciennes ou de nouvelle fondation tendent plutôt du côté "nature" quand les lignées plus travaillées sont plutôt de celui de la sélection. Bien entendu, aussi, la différence des looks et l'intensité de la sélection sont visibles à l'œil nu. Pourtant, alors qu'on pourrait, au fond, être en droit de s'attendre à un véritable gouffre entre "témoins du passé" des vieilles lignées & chats de nouvelle fondation d'un côté et Coons modernes de l'autre, ce ne sont pas des années-lumière qui les séparent quand on les observe (ni même les presque quatre décennies de sélection exercée sur la race "institutionnalisée" ;-D), le Coon rappelant qu'il vient du Shag et le Shag rappelant qu'il est à l'origine du Coon. L'hétérogénéité des styles ne suffit pas à mettre le doute sur le fait que, devant soi, c'est à un Maine Coon qu'on a à faire. Cela relève moins des détails, certes (quoique... ah les bonnes grosses papattes "après-ski" des Coons avec leurs poils interdigitaux!), que des "fondamentaux" : l'impression de robustesse qu'ils dégagent (avant même de considérer la question du gabarit... ou du poids), la "force tranquille", les oreilles & le museau pointés vers l'avant qui donnent aux Coons leurs expressions inimitables, la queue en panache, la solide rusticité "taillée pour le froid" et une sorte... d'équilibre (et, oui, oui, le caractère qui va avec tout ça encore une fois!). Ce qui fait tout le charme du Coon ne l'a jamais quitté et est présent dès le départ !
Je suis rentrée sereine quant à l'avenir du Maine Coon, aussi, après une année 2006 où l'humeur fut parfois morose autour de ce merveilleux chat. Savoir qu'il s'agit d'une race naturelle, "forgée dans et par le Maine", et qui perdure pour partie à cet état naturel est une chose. En "sentir l'atmosphère" en est une autre. Avec son résevoir naturel, notre belle race féline a la chance de pouvoir puiser dans ses propres sources pour éviter de perdre en diversité génétique et s'en affaiblir.
Epilogue - Au vu de l'acclimatation record de la petite chez nous,
parfois je me demande qui a le plus stressé : elle du voyage, ou nous en stressant qu'elle stresse du voyage !
Tout s'est bien passé, nous développons une complicité dans la suite du choix qu'elle
a fait de venir s'installer sur mes genoux entre tous les chats.