Si elles sont presqu'aussi anciennes qu'avec le chien, les relations de l'homme au chat ont une histoire plus tumultueuse.
S'il a pu effrayer l'Occident médiéval qui l'a associé au "malin", le chat a toujours été apprécié en Orient, dès l'Egypte antique où il était considéré comme un vénérable et vénéré animal semi-divin, sous la protection duquel étaient placés les enfants.
... Fascinant félin.
Passager obligé des bateaux depuis l'antiquité (bon chasseur!) ou vivant aux alentours des granges et greniers (bon chasseur encore!), les chats ont peu à peu perdu de leur utilité d'anti-rongeurs pour entrer dans les maisons, leur domestication franchissant alors une étape supplémentaire : celle de l'animal de compagnie, qui ne "sert" à rien, mais dont on apprécie avec plaisir la simple compagnie (et plutôt deux fois qu'une!).
D'ailleurs, si le chat a acquis sont droit de séjour à l'intérieur de la maison plus tard que le chien, il n'a pas gardé de "fonction collatérale" : il ne fait pas de gardiennage, ne ramène pas de pantoufles, ni ne tire de traineaux.
Il est devenu, en deux siècles seulement, un "pur compagnon". Aujourd'hui "premier animal de compagnie" en France, le chat a supplanté le chien - 9 millions de foyers comptent un membre ronronnant.
... Souple félin.
Animal très adaptable (tout en étant extrêmement attaché à ses "petites habitudes" une fois qu'il les a prises), le chat d'appartement d'aujourd'hui, intégré dans le cadre familial, est souvent bien moins solitaire et bien plus social que ne le veulent les images d'Epinal félines.
Un pas (de velours) supplémentaire dans la domestication ?
... Adorable félin.
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Les modes de communication du chat
La propreté légendaire du chat
La majeure partie de la communication ne passe pas tant par les mots que par le langage du corps, des intonations aux gestes et attitudes. Et si quelqu'un en doute, la vie avec un chat l'en convaincra !
Les chats ont un répertoire de communication étendu, qui mobilise les différents sens.
Non seulement les chats ont un odorat très développé (plus que nous en tout cas!), mais ils émettent et perçoivent de nombreux signaux de communication qui font appel à ce sens.
Les chats reconnaissent très bien "l'odeur corporelle" d'un individu.
Les phéromones sont des substances chimiques sécrétées par les chats, qu'ils déposent sur les objets (et les personnes!). Elles laissent des "messages pour plus tard". Les chats sont comme des petits poucets qui se laissent à eux-mêmes des post-it partout.
Un premier type de phéromones apaisantes est déposé sur les objets familiers. C'est typiquement ce que fait le chat quand il frotte sa face ou sa queue le long des murs, des encadrements de portes ou au bas des meubles. Elles calment le chat, qui reconnaît qu'il est bien "chez lui". Il entretient d'ailleurs ce "petit jardin d'odeurs" quand il fait le tour de son petit univers.
Dans la famille des phéromones apaisantes, un autre type, qui dit "lui c'est mon copain", est réservé aux autres individus (chouette ! nous ne sommes pas des meubles pour nos chats, nous avons droit à un traitement spécial !). Typiquement, quand un chat "fait un bisou" (frottement face à visage), il dépose ce type de phéromones.
Il existe dans le commerce des "phéromones de synthèse", qui correspondent aux plus petits dénominateurs communs de ces substances entre les chats.
Féliway correspond aux phéromones déposées sur les objets familiers, et Félifriend à celles déposées sur les "amis".
Elles peuvent, par exemple, aider à familiariser un chat avec un nouvel environnement et à l'apaiser, ou à faciliter des présentations.
Néanmoins, une proportion de chats ne sont pas dupes ("c'est pas vraiment de moi ça") et/ou y restent insensibles.
Un type particulier de phéromones peut être déposé comme message d'alerte ("danger!") par les coussinets. Elles sont assez rémanentes. Typiquement, quand un chat panique d'un seul coup à l'instant où il est posé sur la table de consultation du vétérinaire, il est fort probable qu'il a perçu ce message déposé par un congénère qui l'a précédé - et qui n'a pas aimé son rappel de vaccination :-)
Enfin, un autre type de phéromone est signe d'excitation sexuelle chez le chat non-stérilisé, et favorise notamment le...
Le marquage urinaire est un élément de la "communication sexuelle". Elle est notamment le fait des mâles, qui affichent ainsi leur "enthousiasme" (ou leur frustration) et signalent leur présence aux femelles - de façon fort délicate s'il en est. Certaines femelles "marquent" également cependant.
Ce type de marquage sexuel disparaît dans la plus grande majorité des cas avec la stérilisation. Néanmoins, certains chats qui ont "pris cette habitude" ne la perdent plus après la castration, de sorte qu'il est préférable, pour un chat de compagnie, de faire réaliser la stérilisation avant que ce schéma comportemental ne soit mis en place.
Plus généralement, l'animal peut marquer quand il est perturbé (par exemple : anxiété, "conflit" avec les autres chats de la maison...).
Il est alors important de cerner la cause du problème.
Le marquage urinaire "émotionnel" n'est pas tout à fait la même chose qu'un problème d'élimination hors de la litière.
Pour distinguer "à quoi on a affaire", il faut réussir à observer le chat "en flagrant délit" : quand il élimine, le chat est accroupi.
Quand il marque, il reste "debout" sur ses quatre pattes et lève la queue.
Certains chats neutrés conservent la posture du marquage urinaire (dos un peu rond & queue en l'air, qui "frétille") quand ils sont très excités (distribution de la super-friandise adorée par exemple), mais sans projection d'urine.
Les chats ont une impressionnante palette de vocalises.
Certains sont plus "bavards" que d'autres, et il s'agit parfois de caractéristiques de certaines races.
Les Siamois, les Rex Devon, par exemple, sont de "sacrées pipelettes".
Mais les Maine Coons aiment bien "discuter" aussi.
Les chats n'ont pas qu'un miaou. Avec le temps, un maître arrive très bien à distinguer un miaou d'un autre... miiiiiiaououou.
Par le miaulement, le chat communique de nombreuses choses : le "salut", le "rappel au bon souvenir" (hé ho! je suis là!), la demande (... de nourriture, de câlin, de jeu, d'ouverture de porte, de robinet...), la demande insistante, la demande très insistante, l'étonnement, l'excitation, l'attention, la protestation, la curiosité, la plainte, la râlerie... sans oublier toutes les petites particularités propres à chaque chat (...celui qui signale qu'il se rend à la litière, celui qui informe qu'il va boire, celui qui aime bien commenter son ascension de l'arbre à chat...)
La palette des "miaous" est graduée, du roucoulement au couinement pour arriver au "vrai" miaulement, plus ou moins appuyé, plus ou moins long, plus ou moins modulé... et avec plus ou moins de décibels.
D'autres sons font aussi partie de "l'attirail de communication sonore" du chat :
Un soufflement bref et sec à travers les narines... chat va pas, chat-pas-content.
Un chat qui a très faim (ou en tout cas qui attend impatiemment une distribution de nourriture) peut claquer des dents. Il peut aussi le faire en regardant un objet convoité ("proie réelle" comme l'oiseau à la fenêtre ou "proie leurre" comme le joujou fétiche), ou quand il est mécontent de l'avoir raté...
Quand ça ne se passe pas au mieux avec un autre chat, il émet des sons très caractéristiques (... et qui peuvent surprendre le maître qui jamais, ô grand jamais, ne les avait entendus auparavant sortir de la gorge de son petit minou d'amour !).
Le feulement (très dur à décrire... un espèce de souffle fort avec la gueule ouverte) est émis en situation de menace, et à titre d'avertissement (recule l'autre ou ça va mal se passer).
Dans pareille situation "tendue", le chat peut aussi siffler, cracher, gronder (un espèce de "rugissement" la bouche fermée).
... Mais ces sons-là, heureusement, on ne les entend pas tous les jours !
Le doux bruit du ronron, par contre, on ne s'en lasse pas...
La chaton apprend le ronronnement, marque de fabrique féline, de sa mère qui communique ainsi avec sa portée et l'apaise. Le ronron est le premier son qu'apprend à produire un chaton.
Les chats qui vivent en liberté, uniquement à l'extérieur, perdent l'habitude de ronronner une fois adultes. Dans le cocon douillet des maisons, le chat domestique la conserve... et c'est même souvent un de ses moyens de communication privilégié avec ses humains. Adorable privilège qu'il nous fait !
Le ronronnement est une marque d'apaisement... Pendant les câlins, chat va bien, chat ronronne fort.
Il y a toutefois également des gourmands qui ronronnent quand leur humain préféré refait le plein de croquettes ou distribue la friandise convoitée, ou des joueurs qui ronronnent quand ils demandent à jouer et que leur humain corvéable de bon cœur démarre une partie de "ruban-serpent" ou de "baballe-qui-roule".
Le ronron est plus ou moins fort, suivant "l'état émotionnel" du chat.
Pendant les "super-câlins", c'est un vrai petit moteur !
La "personnalité" du minou joue aussi : il y a de plus gros ronronneurs que d'autres, et des chats avec le "ronron facile" et d'autres moins.
Un chat peut aussi se mettre à ronronner pour s'auto-calmer, par exemple quand il est perché au sommet d'une étagère sans un plan valable de "désescalade", ou lorsqu'il est angoissé chez le vétérinaire.
Le ronronnement, c'est aussi bon pour la santé... des humains ! Un ronronneur sur les genoux apaise et fait baisser la pression artérielle.
Les chats ont un répertoire impressionnant de mimiques et de postures.
Bien sûr cette description rapide est très générale... un peu comme chez l'homme, une main tendue peut être l'ébauche d'une banale poignée de main, un mouvement pour attrapper un truc sur la table ou un geste héroïque pour retenir quelqu'un au-dessus d'un précipice... tout dépend du contexte :-)
Les variations de la taille des pupilles traduisent un changement d'état émotionnel (enfin... ou un changement de la lumière bien sûr !), notamment la dilatation des pupilles (quelque chose échappe à minou, il est en train d'analyser la situation - son émotion est positive ou négative en fonction du contexte). Quand ce n'est pas dû au plein soleil, les pupilles réduites à un trait ont plutôt une signification offensive (chat colère !).
Les oreilles du chat sont très mobiles.
Dressées vers l'avant, elles indiquent que le chat est attentif et confiant (il maîtrise la situation).
Et non seulement les chats peuvent bouger leurs oreilles sans problème, mais ils savent aussi orienter chacune indépendamment de l'autre : un chat peut ainsi tourner une oreille "du côté du bruit" tout en gardant l'autre vers l'avant (c'est amusant à regarder).
Un peu aplaties, les "oreilles en deltaplane" indiquent de l'étonnement (le chat "analyse" la situation, quelque chose lui échappe).
Là aussi, les "combinaisons" sont possibles, avec une oreille tendue vers l'avant et une aplatie (et c'est drôle aussi).
Tout à plat, les oreilles traduisent davantage de l'inquiétude ou de l'anxiété (un chat qui a peur se "rétrécit" tout entier : il ramasse son corps, la queue contre lui).
Quant aux oreilles complètement aplaties vers l'arrière, c'est une position de défense d'un chat qui se sent agressé.
A la différence du chien, le chat ne manifeste pas tant la joie par les mouvements de sa queue qu'une stimulation en général (positive ou négative, ça dépend du contexte).
Quand un chat s'échappe soudain des bras de son maître qui l'y tenait, éventuellement avec une petite morsure, le chat a généralement donné des signes préalables qu'il en avait "marre" (mouvement d'oreilles, balaiement de queue), mais qui sont restés "lettre-morte". Il peut être important d'apprendre notammment aux enfants à reconnaître ces "signes de ras-le-bol" et à laisser partir le chat quand il se met à remuer la queue assez vite.
La "queue en l'air" est un geste sympa. Le chat est bien et en confiance. On ne voit cette posture que chez le chat domestique, qui est suffisamment à l'aise dans son environnement pour pouvoir se détendre à ce point.
Le chat qui s'approche avec la queue en l'air est en "mode zen & copain". Il reproduit sa posture de chaton qui s'approche de sa mère.
Quand le chat se fait tomber sur le côté en regardant son humain, il appelle son attention et l'invite (... au jeu ou aux câlins).
C'est, cela dit, assez explicite en soi... et absolument irrésistible.
Les Don Juan séducteurs en rajoutent parfois en se roulant et en montrant le bidon.
Mais les chats ne sont pas des chiens : il n'y a pas d'idée de soumission attachée à cette posture (pas plus qu'aux autres positions couchées, par exemple quand un chat se fait tomber sur le côté pour désamorcer un conflit avec un autre chat, tout en étant en position de défense).
L'avant du corps, la tête, est une zone de communication privilégiée pour le chat. Son derrière est plus une zone personnelle. Son ventre est une zone sensible : celle où il apprécie les caresses quand il est détendu, mais plus "chatouilleuse" quand il ne l'est pas.
Sa réputation d'animal propre précède le chat. La propreté du chat en fait, sans conteste, l'un des animaux de compagnie les plus autonomes (pas de sorties pipi, pas de bains...).
Le chat apprend de sa mère à se servir de sa litière. Il s'y rend "tout seul" et y enterre ses excréments.
Dans l'immense majorité des cas, ça se passe comme ça toute sa vie, sans pertubation aucune de cette routine.
Aaaaah ! Les chats sont formidables !
L'emplacement de la litière doit être tranquille, tout en étant toujours accessible (un coin de la salle de bains, un coin de la cuisine, un coin des toilettes si ce n'est pas "inesthétique" d'en laisser la porte entr'ouverte...).
Il doit être suffisamment éloigné de l'espace repas (le chat n'élimine pas là où il mange !).
Il existe des bacs ouverts et des bacs fermés (avec un dôme).
Les bacs fermés limitent davantage les odeurs... mais ils supposent d'autant plus un entretien nickel (puisque lesdites odeurs sont "concentrées" sous le couvercle, ce qui n'est pas forcément au goût du chat).
Certains chats apprécient en outre "l'intimité" des bacs fermés.
Les bacs fermés ont en général une "porte", mais éviter de la monter n'est pas forcément une économie d'énergie perdue.
Elles peuvent "claquer" sur le derrière du chat à la sortie de sa litière, et, à force de "se prendre une fessée" à chaque fois qu'il s'y rend, il peut utiliser à la place la bac à fleur ou la baignoire pour ne plus être "puni"...
Il existe différents types de litière : les litières dites "économiques" (du type copeaux, papier recyclé, granules...), dont on met une fine couche en changeant le tout très souvent, et les litières "durables", de type agglomérante (l'argile humidifiée fait des boules compactes qu'on retire) ou cristaux de silice (la silice est une matière super-absorbante qui absorbe complètement l'urine).
Il suffit de retirer ce qui "affleure", le changement complet étant moins fréquent.
Elles sont donc super pratiques, mais moins hygiéniques.
Le choix de l'une ou de l'autre des options dépend de ce qui pèse plus dans la balance entre le pratique et l'hygiénique, et aussi du nombre de chats (plus il y a de chats dans une maison, plus l'aspect sanitaire est important : plusieurs chats s'échangent leurs germes).
Et puis il y a aussi les... préférences des chats (certains chats n'aiment pas du tout le contact de tels grains ou matière, ou alors n'apprécient pas telle odeur de litière, et cætera...).
Les chats demandent peu de soins... mais ça ne veut pas dire zéro. Etant effectivement un animal très propre, un chat peut bouder sa litière si elle n'est pas suffisamment entretenue à son goût. Le seuil de tolérance de chacun est plus ou moins élevé... mais le plus simple, c'est de ne pas l'éprouver et de garder la litière toujours propre !
Un chat passe à peu près un cinquième de son temps à se faire la toilette. Non seulement il se lave méticuleusement, mais en plus il s'apaise en se nettoyant (c'est comme un bain moussant pour nous). C'est ainsi qu'un chat peut se mettre à se lécher quand il a raté la baballe pendant un jeu, ou quand il est hésitant... une petite léchouille pour se calmer et se remettre les idées en place, et ça repart.
Le toilettage mutuel est une marque d'affection entre chats. Ils s'échangent leurs odeurs et s'apaisent mutuellement. Un chat peut aussi réserver ce traitement à ses humains préférés :-)
Les chats avalent des poils quand ils font leur toilette. Celles-ci peuvent former des boules de poils, que le chat régurgite (c'est quelque chose de tout à fait normal, pas d'inquiétude !).
Pour limiter la quantité de poils ingérés, surtout avec un chat à poils mi-longs comme le Maine Coon, un brossage hebdomadaire est utile (cela évite aussi la formation de nœuds inextricables). Le brossage peut devenir un vrai moment plaisir et câlin.
Pour aider le chat à éliminer ses boules de poils, il est possible de lui laisser un petit baquet d'herbe à disposition : elle l'aide à se purger (et ça évite le machouillage de plantes d'intérieur !). Il existe aussi des friandises au malt.
Pour un chat qui n'est pas destiné à faire d'expositions félines, il n'est pas nécessaire de lui donner de bains : il assure lui-même son nettoyage. Un shampoing pour chat dans un coin n'est cependant pas une mauvaise idée pour les "petits accidents" imprévus ("Oups! J'ai sauté sur le plan de travail -malgré les interdits- et j'ai atterri dans le plat de macédoine de légumes avec beaucoup, beaucoup, de mayonnaise").
Le jeu occupe une place importante dans la vie du chat d'appartement. Tout son "comportement de prédateur" est reporté sur un mode ludique.
Les chats peuvent s'amuser avec quantité d'objets tous plus rigolos les uns que les autres, qu'ils font rouler et poursuivent dans toute la maison (avant de les coincer sous le canapé !).
Il existe quantité de baballes de différentes textures et autres fausses-souris en peau de lapin qui amusent les chats.
Mais les jouets faits-maisons (boulette de papier, bouchon) sont tout autant appréciées...
Et, bien sûr, il y a tout ce qui n'est pas un jouet, comme le stylo (plume bien sûr!) ou les écouteurs de baladeurs, qui sont, bien entendu, généralement les meilleurs !
Chaque chat a ses petites préférences. Azraël, par exemple, voue un culte aux pièces de monnaie (surtout de 2 euros : elles sont plus lourdes, elles font plus de bruit, et c'est plus marrant de les coincer sous les meubles - en prime, ces joujoux là, les humains, ils ont la gentilesse de se mettre à quatre pattes pour les récupérer). Aucun autre joujou n'arrive à la cheville des pièces de 2 euros et du "monnaie-hockey"...
Les chats s'amusent avec les objets. Mais ils "s'éclatent" si l'objet en question, comme une "vraie-fausse proie", bouge tout seul comme par magie - enfin... par la gentille bonne volonté humaine.
Plumeau, "ruban-serpent", n'importe-quoi-au-bout-d'une-ficelle... les idées de joujoux ne manquent pas.
Quand le chat n'a pas à faire la proie et le chasseur (comme avec la baballe dont il initie lui-même le mouvement), il laisse totalement cours à sa "créativité féline". Tout y passe : phase d'approche, affût, embuscades... Il est très stimulant pour le chat que le jeu ressemble à une "vraie-fausse partie de chasse", durant laquelle il déploie une stratégie. Il ne faut pas hésiter à en rajouter et à faire une vraie "mise en scène", avec obstacles, fuites, "proie blessées" et victoire méritée à la fin ! En prime, c'est plus amusant pour l'humain aussi que de simplement agiter un joujou en lui faisant faire des mouvements de balancier sous le nez du chat.
Je trouve absolument fascinante cette transposition de comportements prédateurs instinctifs dans un milieu et un contexte différents chez le chat d'intérieur... Azraël -toujours lui- excelle à la chasse aérienne du plumeau-oiseau. Quand une "vraie-vraie" proie (une mouche!) se présente, c'est la fête ! Mais une fois celle-ci attrapée (et écrasée sur une surface blanche bien sûr!), après les quelques minutes de victoire savourées, il reste penaud à donner des coups de pattes dans son "super-jeu" pour le "réactiver"... comme tous ses autres joujoux qui ont "vies infinies". Ni chaton avec sa mère et sa portée, ni aujourd'hui, la mort-pour-de-bon de la proie n'a été intégrée dans les normes de sa prédation-ludique (... cela dit, on n'a pas poussé jusqu'à faire un lâcher de souris dans l'appartement pour vérifier qu'il ne s'en satisfait jamais !).
Ce type de jeu renforce les liens entre le chat et l'humain (le jeu c'est cool... donc celui qui agite le bout du jouet, il est super-sympa !).
En revanche, "jouer à la lutte" avec son chat n'est pas vraiment recommandé. Les possibilités d'imitation des jeux sociaux des chats sont limitées (...pas vraiment possible d'alterner les positions et les petites morsures de jeu comme le font deux chats !). Même, pour le chat, cela peut être perçu comme une punition bien plus qu'un jeu. Enfin, cela "autorise" le chat à mordiller et grifouiller la peau humaine, voire à considérer la main humaine comme une "pseudo-proie"... ce qui n'est pas la meilleure des habitudes à prendre.
La cataire rend les chats complètement fous... d'extase ! Il existe des vaporisateurs "d'essence" de cataire, et un pschitt sur un joujou le rend le plus attirant du monde. Elle se trouve aussi sous forme de feuilles & fleurs séchées, à mettre dans des jouets (ou des chaussettes!), sur lesquels minou "bavouillera" avec un plaisir non-dissimulé (ou alors, il est possible de mettre des joujoux et de la cataire dans un Tupperware et de laisser le tout mariner pour imprégner les joujoux).
Chaque chat a sa propre réaction à la cataire. Certains sont plus câlins, d'autres plus joueurs... mais version "extatique" dans chaque cas. Certains chats, toutefois, ne réagissent pas du tout. Dommage pour eux, les autres ont l'air de s'amuser !
Dernière phalange de ses doigts, les griffes rétractables du chat sont de tranchantes "armes" dans un gant de velours. Mais un chat bien socialisé et bien dans ses papattes ne s'en sert jamais à pleine puissance avec les êtres qui lui sont familiers (hommes, autres animaux ou autres chats), sauf par accident.
Comme la litière, le griffoir fait partie du nécessaire indispensable du chat. Tous les chats font leurs griffes : c'est impossible d'y couper. Toute les tentatives éducatives, toutes les ruses, tous les cierges brûlés n'y changeront rien : tous les chats font leurs griffes :-)
Ce sur quoi on peut agir en revanche, c'est où les chats font leurs griffes... Avec un griffoir à disposition, ce sera sur le griffoir. Sans griffoir, ce sera le canapé (ou les rideaux !). Bref... le griffoir fait vraiment partie du nécessaire indispensable.
... Mais si le griffoir est mal placé, ce sera le canapé quand même ! S'il est caché derrière une porte, le chat ne l'utilisera : le griffoir a besoin d'être dans une "zone de passage" du chat.
En effet, quand il fait ses griffes, le chat ne se contente pas de "se limer les ongles", mais il dépose aussi des phéromones apaisantes, à des endroits bien visibles qui plus est (les griffades, ça se voit bien !).
Il se fait aussi les griffes quand il est stimulé (par exemple, quand ses humains rentrent à la maison, "chouette! ils sont là! on va s'amuser") ou pour s'auto-calmer (quand il est frustré, par exemple, de s'être vu interdire de confondre l'assiette appétissante des humains avec sa gamelle...)
Les griffades font partie intégrante des marques familières que le chat dépose sur son territoire et de ses modes de communication.
La "rolls-royce" des griffoirs, c'est l'arbre à chat, sorte de "tout-en-un". Non seulement le chat peut y faire ses griffes et s'y amuser en l'escaladant, mais il dipose ainsi d'une aire de repos parfaite, rien qu'à lui. Les arbres à chat assez hauts lui offrent un point d'observation en hauteur, ce dont les chats raffolent pour se sentir bien et en sécurité (ils "dominent" leur petit monde). L'arbre à chat offre en prime à minou une cachette rien qu'à lui.
Il existe un nombre incalculables de modèles d'arbres à chat, plus ou moins bon marché, mais, je le concède facilement, rarement esthétiques version "fondu harmonieux dans l'ambiance". Si le monument en moumoutte est vraiment une épreuve trop difficile à faire subir à une décoration d'intérieur, il reste toujours la case "loisir créatif" : avec quelques planches, rondins de bois et un peu d'imagination, le résultat peut être joli... ou alors il y a le baobab d'intérieur avec un gros tronc :-)
Par rapport à un chat d'extérieur qui escalade des troncs d'arbre rugueux en permanence, la "manucure" du chat d'intérieur peut être moins efficace et ses griffes plus longues.
Pour éviter qu'il ne soit gêné (en s'accrochant partout) et/ou qu'il fasse mal quand il pétrit les genoux, il peut être utile d'épointer les griffes de minou de temps en temps. Il existe pour cela des petits "coupe-griffes" très bien fichus, et pas chers du tout.
Il n'est pas nécessaire de couper beaucoup : c'est un simple épointage.
Le plus important est d'éviter de couper dans la partie vivante, ce qui ferait très mal au chat.
Quand on sort la griffe, on voit bien la différence : l'ongle est transparent, la partie vivante rosée.
Quand on n'est pas trop sûr de son geste, il vaut mieux couper juste un tout petit peu, quitte à s'y reprendre en plusieurs fois, que de couper trop au départ.
La première fois, on le fait en une heure avec la trouille au ventre de blesser minou, mais ensuite cela devient de la routine.
Le chat se laisse complètement faire quand il est habitué (... surtout s'il sait qu'il aura une friandise à la fin !).
Le chat est un animal territorial... ce qui n'est pas sans accoler parfois au chat une réputation d'animal solitaire, peu social, comme des casseroles à sa queue.
De fait, chez le chat domestique qui vit en intérieur, socialisé à l'humain dès son plus jeune âge, nourri, logé et... stérilisé, le rapport au territoire est loin de consister en une "défense inconditionnelle des lieux" et n'est pas du tout exclusif d'une socialité du chat, avec un attachement aux humains... et aux autres animaux, congénères compris.
Ce qui caractérise avant tout le territoire du chat, c'est l'organisation de son espace de vie en aires d'activité.
L'aire d'élimination (chez le chat d'appartement: sa litière) est l'aire d'alimentation sont antinomiques, c'est-à-dire qu'elles doivent être suffisamment éloignées l'une de l'autre.
Un chat ne mange pas dans des gamelles trop proches de sa litière, ou bien il élimine ailleurs.
De même, l'aire de repos, ou plutôt les aires de repos, ne seront pas choisies par le chat à proximité immédiate de son aire d'élimination.
Le chat circule beaucoup entre ces espaces fondamentaux, et les marquages de familiarité qu'il dépose suivent souvent le long de ses trajets-type.
Chez le chat qui vit en extérieur et doit chasser pour vivre, c'est la taille de l'aire de chasse, plus ou moins étendue en fonction des "ressources alimentaires disponibles" et du nombre d'autres chats dans les environs, qui fait varier la superficie des territoires.
Le chat d'intérieur n'a pas "besoin" d'une aire de chasse de 50 km² puisque ses besoins alimentaires sont couverts... les chats d'intérieur ne sont pas des chats malheureux, du moment qu'ils trouvent dans leur lieu de vie les aires qui couvrent leurs besoins (élimination, repos, alimentation, jeu) !
L'aire de chasse, qui fait les "grands territoires", n'est pas une nécessité d'épanouissement, c'est une nécessité de survie.
Il n'y a pas de raison de culpabiliser (ou de se faire culpabiliser!) à garder un chat en appartement : les sorties en extérieur ne sont pas des éléments indispensables à l'équilibre du chat d'intérieur, en particulier s'il n'a jamais connu l'extérieur et n'a pas été éduqué par sa mère dans des conditions d'extérieur (avec la nécessité de chasser pour manger, etc).
On ne peut regretter que ce qu'on connaît !
Même, le chat étant casanier et très attaché à ses habitudes une fois qu'il a sa petite routine, l'extérieur (y compris le couloir de l'immeuble avec le "gros monstre l'ascenseur"), loin de l'attirer, peut le laisser plutôt "suspicieux".
De même, le chat a souvent la réputation d'être un animal solitaire, car le chat d'extérieur chasse seul. C'est plutôt un effet de la "force des choses" : le chat chasse des proies de petite taille, pas vraiment le genre de "butin" qui se partage. De l'instant où il est repu (ou, comme le chat d'intérieur, que la couverture de ses besoins alimentaires n'est "pas un problème"), le chat n'est pas asocial du tout, y compris avec ses congénères.
Dans l'organisation sociale des chats, les notions de "dominance" et de "soumission" ont une pertinence limitée.
Les choses sont beaucoup moins "figées" que cela.
Il y a, certes, des chats avec un caractère plus fort que d'autres, et certains qui sont plus amicaux et doux envers leurs congénères que d'autres.
Mais les chats n'ont pas une hiérarchie rigide : au contraire, elle est toute en flexibilité et en fluidité (... en particulier chez les chats stérilisés, puisqu'il n'y a plus de situation de compétition liée à la reproduction).
Un chat à l'attitude "dominante" ou "soumise" l'est dans tel contexte donné, pas "dans l'absolu" et de façon irréversible.
Entre chats, les rapports peuvent s'inverser en fonction des activités... ou de "l'humeur du moment".
Ce n'est pas entièrement l'anarchie non plus, et on peut observer des règles de préséance entre chats (mais pas nécessairement pour les mêmes activités : celui qui a la préséance pour l'accès au sommet de l'arbre à chat n'aura pas nécessairement la préséance dans telle autre activité, etc).
Le territoire du chat n'est pas un espace exclusif. Les aires d'activité individuelles peuvent, tout à l'inverse, se superposer : plusieurs chats peuvent partager la même aire d'alimentation, la même aire d'élimination ou la même aire de repos (le même arbre à chat!).
Sans compétition de chasse ou de reproduction, des chats peuvent développer de belles "amitiés félines", et dormir ensemble (à l'instar des chatons d'une portée) ou se faire la toilette mutuellement.
Ils partagent ainsi une odeur commune, "l'odeur du groupe".
Le chat n'est pas particulièrement "bagarreur" (sauf les mâles entiers pour l'accès aux femelles et la reproduction) : le chat, au contraire, est un animal "diplomate", qui évite tout conflit autant que possible (avec un chat inconnu, il préfèrera fuir tant qu'il en a la possibilité plutôt que d'engager une bagarre).
Certes, tous les chats ne sont pas "destinés à s'aimer", et il peut exister des inimitiés de base ("lui, je peux pas le sentir, c'est spontané"), mais si les chats ont suffisamment d'espace et n'ont pas trop de choses à partager (litière et gamelles individuelles semblent appropriées), cela évoluera en indifférence.
Bien sûr, si on introduit brusquement un nouveau chat dans une maison, il s'agit, pour le ou les "ancien(s)", d'une intrusion. Mais si les présentations se font de façon progressive, par rapprochement graduel (d'abord via les odeurs, puis visuellement à distance, etc), la cohabitation se mettra en place et les chats accepteront peu à peu un contact de plus en plus proche.
Toutefois, quand il est malade par exemple, un chat cache cette "faiblesse" : c'est une sorte de réflexe atavique, les chats ne montrent pas leur vulnérabilité.
Dans la cohabitation de plusieurs chats, il est ainsi important que chacun ait la possibilité de pouvoir s'isoler s'il le veut.
La cohabitation entre plusieurs chats, c'est, plus généralement, un peu comme une collocation d'humains :-) Il y a les espaces communs, mais aussi les espaces individuels de chacun.
Les chats aiment se sentir libres de leurs mouvements.
Un chat fait plusieurs fois par jour le tour de son petit univers, et, s'il y a une chose qu'il n'aime pas, c'est les portes fermées (enfin... celles qui sont "normalement" ouvertes).
Cependant, il peut s'habituer à ce que certaines portes soient fermées à certains moments (une ou plusieurs chambres à coucher la nuit, par exemple, si on fait le choix de ne pas laisser son chat dormir avec soi et/ou les enfants la nuit).
Dans ce cas, mieux vaut éviter de répondre aux griffades sur la porte et aux miaulements, sans quoi le chat considère qu'on a répondu à sa demande (... et la fois suivante, il miaulera plus fort et plus longtemps, et ainsi de suite).
Après un certain temps (ça dépend du degré d'entêtement!), il abandonnera une demande qui n'a jamais de réponse.
De façon plus générale, et comme une règle d'or, on n'obtient jamais rien d'un chat sous la contrainte.
Les chats dé-tes-tent être contraints.
Le rapport à ses humains n'est pas vraiment un rapport à des "maîtres", plutôt à des "copains".
Les chats ne sont pas des chiens : on ne les dresse pas à obéir.
Dans l'éducation d'un chat, la règle d'or est de récompenser (carresse, friandise...) ce qui est "bien", plutôt que de punir ce qui est "mal".
Quand un chat n'apprécie pas particulièrement d'être tenu dans les bras, ou ne vient pas souvent sur les genoux, mieux vaut éviter de le prendre dans ses bras ou sur ses genoux "de force". C'est le meilleur moyen pour qu'il aime encore moins... Mais quand il vient de lui-même, se montrer disponible à ce moment "choisi par le chat" rendra l'expérience agréable et il recommencera plus souvent.
Il est important d'apprendre aux enfants à tenir le chat sans que celui-ci se sente "étouffé" ou trop serré, pour éviter qu'il se débatte pour desserrer la contrainte.
L'attachement d'un chat à son territoire n'est pas seulement "strictement immobilier". Le chat est plus globalement attaché à ses "habitudes de vie", des rituels qu'il répète... et à ses humains.
Spatialement, le territoire d'un chat, c'est, plus largement, une sorte de composés d'habitudes, liées tant aux marques qu'il a déposées partout qu'à ses petits trains-trains routiniers.
Intégrer un nouveau meuble, un nouveau bibelot, c'est, à coup sûr, trouver minou en train de le renifler (ils sont tout autant curieux!) puis de s'y frotter consciencieusement pour l'intégrer à son univers.
Quand on fait le ménage, on a souvent à sa suite un "second agent d'entretien" qui vient redéposer ses marques que la serpillère a eu le goût indélicat d'effacer :-)
Quand il s'agit d'un bouleversement plus important, comme un changement de domicile, là aussi, les étapes progressives, en assurant des points de repères tout au long de la transition, sont le maître-mot pour ménager en douceur le bouleversement pour le chat, que les modifications brusques stressent.
Mais même avec un chat adulte, habitué à un lieu de vie donné pendant plusieurs années, un déménagement peut se passer comme une lettre à la poste, si l'adaptation se fait par étapes.
Et puis... il y a des chats très adaptables qui se sentent bien partout avec leurs humains et partent en vacances avec eux !
Le chat qui vit en extérieur, peu ou pas domestiqué, reporte, après le détachement à sa mère, son attachement primaire sur son territoire spatial (notamment le jeune mâle qui "vogue vers de nouveaux horizons").
Mais chez le chat domestique, qui a été fortement socialisé, non seulement à son espèce, mais aussi à l'homme comme être d'attachement, et chez qui perdurent bien des comportements sociaux de chaton qui disparaissent chez le chat adulte peu socialisé (ronronnement, approche amicale avec la queue en l'air, "patounage" sur les genoux de ses humains, beaucoup de jeux mais pas de prédation en tant que telle pour se nourrir, beaucoup de jeux sociaux avec ses congénères et sommeil enlacés avec eux, etc, etc...),
le territoire n'est pas seulement spatial, c'est un univers social.
Lorsqu'il quitte sa mère et sa portée, le chat très socialisé s'attache profondément à sa nouvelle famille d'adoption : vous êtes aussi le territoire de votre chat, en tant qu'être d'attachement-repère.
Un chat très socialisé, habitué aux contacts et aux interactions sociales (jeux, etc) n'apprécie pas particulièrement la solitude prolongée : il s'ennuie.