L'alimentation, c'est la base de la santé... et de la vie tout court !
Tout y est question d'équilibre, en évitant carences comme excès...
... Si, si, c'est très sérieux !Non, non, le but n'est pas d'engraisser son Maine Coon pour lui faire atteindre toujours plus de kilos !
Naturellement, le chat n'est pas réglé sur le modèle p'tit dej' - déjeuner - dîner : il est bien plutôt un "grignoteur", qui fait 10 à 19 petits repas quotidiens, en avalant de très petites quantités à chaque mini-repas. De la sorte, lui laisser sa nourriture accessible en permanence lui permet de s'alimenter sur un modèle plus "instinctif" pour lui.
Petit mangeur, il régule ainsi lui-même ses besoins... du moins au niveau de la quantité -- la qualité, elle, dépend de ce qu'il reçoit... donc de nous !
Permettre au chat de reproduire son comportement alimentaire instinctif, par de petits repas répartis régulièrement, peut aussi aider à ne pas fragiliser ses reins, qui travaillent en continu plutôt que par "coups de feu" (ce qui peut augmenter le risque de calculs urinaires, par exemple).
En prime, c'est même plus simple pour nous !
Bien sûr, et parce que les chats adorent contredire ce que l'on écrit d'eux, et par bon sens,
un chat qui a été habitué à ne faire que quelques gros repas par jour risque d
e se goinfrer si soudain il a libre accès à la nourriture.
De manière plus générale, le chat est aussi un être d'habitudes :
toute transition alimentaire (d'un mode alimentaire à un autre, d'un type d'alimentation à l'autre ou même d'une marque à l'autre)
doit se faire en douceur, par étapes (par exemple, quand on change de gamme de croquette, on mélange les anciennes et les nouvelles, en inversant progressivement les proportions en faveur de la nouvelle, sur une dizaine de jours idéalement),
au risque, sans quoi, de troubles digestifs, voire, plus basiquement, de rejet pur et simple.
La température idéale de la nourriture est ambiante (encore une fois, c'est pas compliqué, au fond, un chat !). Pour une pâtée qui sort du frigo, mieux vaut ainsi laisser l'aliment se réchauffer, ou quelques secondes de micro-ondes.
S'il a la réputation d'être un petit buveur, le chat a besoin d'une source d'eau permanente (comme pour sa prise de nourriture, il boit peu à chaque fois mais plusieurs fois au long de la journée).
L'eau a besoin d'être changée régulièrement (au moins une fois par jour), un chat pouvant bouder une gamelle qui n'est pas à son goût. Les chats ont en effet des papilles gustatives qui leur permettent de distinguer un goût à l'eau (enfin, c'est ce que disent les livres en tout cas ; pour ma part, je donne... ma langue au chat pour qu'il me montre !).
La température "idéale" de distribution de l'eau est fraîche, entre 4° et 10°. Certes, l'idéal n'est pas toujours de ce monde (... difficile de pouvoir assurer que l'eau ne passe pas à la température ambiante, et les glaçons, pour le coup, non seulement ça a un goût, mais en plus ça sert au "jeu des inondations rigolotes" !). En été, du moins, il peut être utile de veiller à ce que l'eau ne se réchauffe pas trop, certains chats plus difficiles pouvant alors s'hydrater insuffisamment.
Toujours dans la série "les chats aiment contredire ce qu'on dit d'eux", ils apprécient aussi tout ce qui se ressemble à un point d'eau naturel, de l'eau d'arrosage des plantes au robinet de la baignoire ("oh la jolie source buccolique !"), même quand elles peuvent, parfois, contenir des produits divers (les engrais, les liquides vaisselle et autres shampoings...).
Les Maine Coons ont d'ailleurs un "truc" particulier avec l'eau, et certains adoooooooorent les filets d'eau (on peut rapidement devenir "groom du robinet") ou boire avec leur grosse papatte (qui retient l'eau dans ses poils)
Le chat a besoin de deux gamelles minimum, une pour la nourriture, une autre pour l'eau. Il vaut mieux préférer l'inox ou un verre assez solide au plastique, qui est une matière assez poreuse qui retient... tout ce qu'on préfèrerait qu'elle ne garde pas (les odeurs, les p'tits germes...). Il vaut mieux, aussi, prévoir la chose assez lourde et stable, pour éviter les traînées de gamelle ou autre renversement intempestif. Le rayon chien peut être une source de bonnes grosses gamelles bien stables !
Le chat ayant, donc, un odorat très fin, il apprécie que ses gamelles soient nettoyées régulièrement.
Les gamelles ont aussi besoin d'être suffisamment éloignées de l'emplacement de la litière (le chat n'élimine pas ses déchets là où il se nourrit, et vice versa).
Les possibilités et gammes de nourriture pour chat sont si variées qu'il y a de quoi y perdre son félin !
L'alimentation sèche (croquettes) et l'alimentation humide (pâtées en boîte) sont en fait deux modes d'alimentation complémentaires.
Les croquettes, outre qu'elles sont sans conteste la solution la plus économique, permettent de répondre au besoin du chat de se nourrir à sa guise, par petits repas, répartis au long de la journée (difficile d'être présent 24h sur 24 pour assurer 10 à 19 distributions quotidiennes !), sans poser de problèmes de conservation (après quelques heures, la pâtée, elle, n'est plus tellement appétissante...). Les croquettes sont donc très utiles comme base de l'alimentation, pour permettre à Minou de reproduire son comportement le plus naturel, quoique dans une version nourriture technologique lyophilisée de cosmonaute. Et ceci en constitue également le point faible...
... En effet, les chats qui se nourrissent exclusivement de croquettes risquent pour certains de ne pas s'abreuver suffisamment en parallèle
(pour couvrir ses besoins en eau, un chat doit boire au minimum 2 ml d'eau pour 1g de nourriture sèche avalée,
c'est-à-dire grosso modo qu'il devrait absorber en eau au moins le double du poids de croquettes qu'il a mangées : c'est raremement le cas).
A terme, cela peut poser différents problèmes, notamment rénaux (les reins des chats sont fragiles) :
c'est en cela que la nourriture humide, les pâtées en boîte, constituent un complément plus qu'utile à la nourriture sèche,
au moins une fois par jour, deux ou trois si c'est possible.
Bref... pourquoi choisir quand on a le choix ? L'alimentation mixte croquettes comme base / pâtée en complément pour s'assurer de couvrir les besoins en eau de son chat permet de combiner les avantages de ces deux types de nourriture.
Il est possible aussi d'humidifier un peu les croquettes pour un chat qui boit peu mais refuse l'alimentation humide, mais malheureusement, pour beaucoup de chats, cela en réduit fortement l'appétence.
Toutes croquettes ou boîtes ne sont pas de qualité égale.
De façon générale, mieux vaut éviter les "gammes de supermarché" : elles peuvent fréquemment contenir des produits issus des "rebus" de l'alimentation humaine, genre os ou plumes broyés, dont la valeur nutritive est pour le moins faible (!), sont de manière générale moins équilibrées pour les besoins du chat (et feront donc davantage travailler les reins), notamment parce qu'elles contiennent trop de sources nutritives végétales (le chat est, et demeure, un carnivore strict), et des éléments moins digestibles (le chat ayant un intestin relativement court, son alimentation se doit d'être très digestible), mais tout est fait pour rendre Minou accro en les rendant "super-appétentes" avec force graisse et odeurs-bien-odorantes-bien-exhaustées -- les chats sont d'abord et avant tout attirés vers leur nourriture à l'odeur (pour s'en convaincre, il suffit de parcourir le rayon alimentation pour animaux d'un supermarché et d'un magasin spécialisé : l'effet olfactif n'est pas le même, surtout niveau "prise à la gorge" !). Bref, c'est, en termes alimentaires, équivalent, pour nous, à manger frites-hamburger-soda à chaque repas (le même test olfactif peut d'ailleurs être réalisé, pour l'alimentation humaine, devant un fast-food et un restaurant ;-D) ! Le pire, c'est qu'une fois junk-food addict, un chat peut refuser une alimentation de meilleure qualité, car elle ne dégagera pas tous les arômes de super-appétence auxquels il est complètement accro (et là aussi ça marche pour les humains ;-D) !
En prime, si elles peuvent paraître plus économiques, les gammes de supermarché ne le sont pas en termes de rapport qualité/prix.
Comme cette nourriture est moins nutritive, le chat risque d'en consommer plus pour moins de nutriments assimilables.
Au final, le coût de revient est identique à une alimentation de meilleure qualité.
Et pour achever de se convaincre des bénéfices d'une alimentation haut-de-gamme, voici la "minute de réflexion scatologique" !
Une moindre valeur nutritive, c'est une moindre valeur assimilable... c'est-à-dire plus de déchets en bout de chaîne digestive,
aussi odorants que les exhausteurs de goût du produit ingéré !
Et comme la main qui nourrit est aussi celle qui vide la litière...
Bref, si vous ne le faites pas pour votre chat, faites le au moins, prosaïquement, pour vous ;-D !
La nourriture féline vendue en animalerie ou chez le vétérinaire, appelée aussi premium (ou, parfois, la surenchère du marketing étant partout, "super-premium"), plus équilibrée, est donc nettement préférable pour la santé de Minou, jusque dans le volume de ses crottes !
Reste qu'entre toutes les marques "premium" qui se disputent les parts de marché, pas toujours facile de choisir...
A titre indicatif, ici, les chats sont nourris avec les aliments des marques Hill's
(cette gamme proposant un apport en protéines d'origine animale élevé)
et Mastery/Virbac (le nom de la marque diffère en fonction du réseau de distribution - magasin spécialisé ou vétérinaire), et, pour l'alimentation humide, Hills toujours (et Almo nature pour "faire plaisir").
Mais il en existe -beaucoup- d'autres, plus ou moins connues ou faciles à se procurer (Nutro, Leonardo, Proplan, Royal Canin...).
J'omets volontairement d'indiquer Eukanuba/Iams dans cette liste,
non pas que la qualité des croquettes soit en cause,
mais du fait d'une polémique au sujet de l'utilisation plus que "douteuse" des animaux dans les "tests" des produits de cette marque et du groupe auquel elle appartient,
dénoncée par des associations de protection animale ; et bien que je n'ai pas constaté de mes yeux les agissements en question, je préfère appliquer la bonne vieille règle du "dans le doute, s'abstenir"...
et en espérant que les autres pratiquent effectivement la démarche éthique que prônent leur chargés de communication.
Le choix peut venir de Minou, par une préférence particulière pour telle ou telle gamme, à qualité égale par ailleurs.
Il existe des échantillons "pour voir".
Néanmoins, tout changement d'alimentation peut être un gros changement pour nos petits êtres d'habitudes,
et, quand il y en a d'autres (arrivée d'un chaton dans son nouveau foyer, par exemple),
il est important de lui conserver une partie de ses habitudes alimentaires comme repère pour les tous premiers temps (entre une semaine et un mois).
Un changement trop brusque ou un aliment peu appétent aux goûts de Minou peuvent conduire à un refus pur et simple de s'alimenter
(et les chats sont têtus !)
On n'aime pas toujours ce qui est bon pour nous ! Une partie des chats perdent, après leur enfance, la capacité à assimiler le lactose, ce qui provoque... une bonne diarrhée ! Certains la conservent cependant (vive les "tests" en direct...)
Si la tentation de faire plaisir à Minou qui supplie (c'est mignon, un chat...) de se voir accorder une petite régression laitière, et qu'il fait pourtant de la majorité des chats qui ne peuvent plus le digérer, il existe des "laits friandise" pour chats, sans lactose (ou une toute petite dose de lait de vache, pour rester en-dessous du seuil d'intolérance du lactose)...
Il y a aussi d'autres faux amis : le chocolat (toxique pour le chat), l'oignon cru (qui l'empoisonne aussi, par destruction des globules rouges - autant on ne penserait pas à lui en donner spontanément, autant Minou peut trouver rigolo les "baballes" d'oignon : mieux vaut donc ne pas les laisser accessibles...), le poisson cru (ça c'est un faux ami majeur ! le poisson cru "annule" l'absorption des vitamines B : le poisson donné doit donc toujours être cuit), le mou (friandise appréciée, mais d'apport nutritif ultra-faible), les pommes de terres et autres féculents (hyper indigestes pour le chat, sauf très très cuit - riz notamment)
L'alimentation préparée maison peut être à la fois la meilleure et la pire des choses.
Quand c'est bien fait, c'est tout simplement difficile de faire mieux, le nec plus ultra de la nourriture fraîche et équilibrée ôtant en prime tout questionnement sur le procédé de fabrication du produit fini et les intérêts réels d'un groupe industriel pour le bien-être animal par rapport à celui de ses actionnaires.
Mais pour bien faire, il faut du temps... pour préparer les rations (quoique, avec l'habitude...), mais surtout, préalablement, pour savoir quoi y mettre, pour éviter carences comme excès de tel ou tel nutriment !
A l'inverse, les rations "improvisées" peuvent être très déséquilibrées.
Il peut même être dangereux pour la santé d'un chat, à plus ou moins long terme, de le nourrir avec les restes de table des humains :
nous sommes des omnivores, les chats sont des carnivores ;
nous n'avons pas les mêmes besoins à couvrir, ne digérons pas les mêmes choses de la même façon, n'avons pas les mêmes capacités et incapacités de synthèse de molécules que nous fournissent ou non notre alimentation.
L'alimentation pour chien est, dans le même ordre d'idée, à éviter, les besoins alimentaires canins et félins étant très différents (et, réciproquement, mieux vaut empêcher Toutou de se nourrir dans la gamelle de Minou - il suffit de la placer en hauteur, le chat saura y accéder).
La perplexité et le désarroi peuvent prendre face à un rayon nourriture pour chats... Entre les croquettes spéciales adulte, spéciales chat à poil long, spéciales chat fainéant, spéciales chat difficile, spéciales ci, spéciales ça, et les boîtes spéciales chat d'intérieur ou spéciales chat ayant tendance à l'embonpoint, là, vraiment, il y a de quoi s'y perdre -- surtout quand on a un chat adulte et à poil long et qui vit en intérieur et fainéant sur les bords et qui a tendance à s'empiffrer et difficile quand même ! Je suppose que la stratégie, outre une bonne occupation des rayons, vise à faire acheter plus au consommateur désemparé et culpabilisé sur les bords, qui veut être sûr de couvrir les besoins de Minou...
En fait, on peut simplifier à 3 grandes familles :
Le chaton étant un petit être en pleine croissance, il a besoin d'un plus grand apport énergétique (plus de protéines, plus de lipides).
Le chat adulte a besoin de moins d'énergie (proportionnellement à sa taille et son poids, bien sûr!) qu'un chaton, car celle-ci sert à entretenir son organisme, mais celui-ci n'est plus occupé à se construire en prime.
La transition vers la nourriture adulte se fait donc quand l'essentiel de la croissance est achevé.
L'âge généralement recommandé est d'environ un an, mais cela dépend bien sûr de sa croissance
(chez le Coon en particulier, celle-ci peut durer plus longtemps, et deux Coons tous deux âgés d'un an peuvent ne pas du tout en être au même point à cet égard, certains construisant ce grand corps plus doucement)
et, par exemple, de son statut stérilisé ou non, le chat -ou la chatte!- entier ayant lui aussi besoin de plus d'énergie pour entretenir son organisme chatouillé d'hormones.
Mieux vaut ainsi prendre garde à ne pas faire cette transition trop tôt... mais pas trop tard non plus, surtout si la stérilisation a été effectuée
(il existe au besoin des croquettes jeune chat stérilisé pour gérer cet entre-deux).
Bref, cela dépend du chat (croissance rapide ou lente, stérilisation ou non, nature "mollassonne" ou "hyper-active", taille du chat), dans une fourchette généralement située entre 12 et 18 mois,
et tout est question d'équilibre et d'observation.
Les besoins d'un chat adulte stérilisé sont réduits
aux deux tiers environ de ceux d'un chat adulte, toutes choses égales par ailleurs.
Bien sûr, interviennent aussi le niveau d'activité et, pour les jeunes chats,
la poursuite de la croissance.
Un chat stérilisé nourri avec une alimentation trop énergétique (trop riche en lipides, notamment)
peut ainsi être sujet au surpoids.
Une autre "astuce" consiste à laisser au chat sa nourriture en libre-service,
mais en ne distribuant chaque jour que la quantité dont il a besoin
(il y a des verres doseurs très pratiques offerts avec les sacs de croquettes),
pour éviter qu'il ne dépasse la couverture de ses besoins.
Les chats peu actifs ou trop gourmands peuvent aussi avoir besoin d'une alimentation moins riche (moins de lipides, plus de fibres pour "remplir l'estomac"...)
Un chat âgé n'a pas nécessairement moins de besoins énergétiques : cela dépend s'il devient moins actif ou non, ou, par exemple, s'il gloutonne pour se distraire. Cette baisse d'activité, si elle se produit, peut dépendre de l'âge et du caractère de Minou (6 ans pour certains, 10 pour d'autres, etc...). Dans pareil cas, une alimentation avec une moindre densité énergétique peut alors être utile pour éviter que Minou "fasse de la graisse" (toujours la même histoire : moins de lipides & plus de fibres...). S'il présente des signes classiques de vieillissement (les mêmes que pour nous : moindre masse musculaire, etc...), l'alimentation peut aussi proposer plus de vitamines (B & E notamment). La nourriture du chat âgé dépend beaucoup... de l'individu concerné.
Dans l'univers des aliments pour chats adultes, on trouve aussi toute sorte d'aliments avec une "fonctionnalité" supplémentaire,
genre l'entretien des dents (croquettes forçant à croquetter) ou l'élimination des boules de poils
(plus de fibres pour qu'elles soient éliminées par les intestins et non par un vomissement), etc.
Ils peuvent être utilisés comme base d'alimentation ou comme friandise.
A ce titre, il existe d'ailleurs aussi des "récompenses" qui visent le même effet
(friandises pour l'entretien des dents, friandises au malt pour le transit...).
L'agneau et le poulet, ainsi que le canard, sont les viandes les mieux tolérées par le chat ; le bœuf est celle qui est à l'origine de la majorité des allergies alimentaires. Le riz est la céréale la mieux digérée.
Les aliments de prescription (les marques/magasins les appellent parfois aliments diététiques, en opposition aux aliments physiologiques) sont liés à un besoin vétérinaire spécifique et nécessitent donc la recommandation d'un vétérinaire. Par exemple, si un chat a des problèmes de calcul urinaire, il aura besoin d'une alimentation spécifique. Mais attention : certains calculs sont liés à un pH urinaire trop acide (calculs d'oxalate), quand d'autres sont dûs à un pH trop basique (calculs de struvite). Donner une alimentation spécifique pour des problèmes de calculs sans savoir desquels il s'agit et la recommandation expresse d'un vétérinaire pourrait donc agraver ceux-ci.
Pour les plus curieux, voici quelques éléments plus détaillés sur les besoins nutritionnels du chat...
Protides, lipides, glucides : tous trois, outre leur rôle spécifique, apportent à l'organisme de l'énergie, dans des proportions différentes (beaucoup pour les lipides, moins pour les les glucides, et nettement moins pour les protides).
L'apport en énergie est mesuré par les fameuses calories
(kcal ou Cal avec un grand C = même chose), qui mesure l'énergie métabolisable,
c'est-à-dire l'énergie "utilisable" dans la nourriture
(il y a des pertes par rapport à l'énergie brute de l'aliment,
entre ce qui n'est pas digestible et l'énergie qu'il faut elle-même "avancer" pour assimiler les aliments).
La définition absolue de cette unité est absolument assomante (une sombre histoire de quantité d'énergie nécessaire
pour faire monter la température de l'eau d'un degré...).
Par contre elle est facile à envisager de façon relative (surtout si on est une fille, c'est vrai :-D).
Le besoin énergétique d'un animal dépend bien sûr d'abord de sa taille (et donc de son poids). Ainsi, le besoin énergétique "de base" d'un chat adulte est de l'ordre de 60 Calories par kilo. Pour un chat de 6 kg, cela fait donc 360 Calories par jour à trouver dans son alimentation.
D'autres éléments pondèrent bien sûr ce besoin de base, à la baisse, comme la stérilisation (baisse des besoins énergétiques aux 2/3, soit 40 Cal par kilo) ou une faible activité, ou bien à la hausse, comme la température (1,5 fois plus d'énergie nécessaire quand il fait 0° qu'un doux 20°) ou une forte activité (chat ayant accès à l'extérieur en permanence tout en étant entier, pour lequel les besoins journaliers en énergie tourneront plutôt autour de 70-80 Cal par kilo).
Les besoins énergétiques d'un chat âgé devenu moins actif sont généralement réduits de 20%.
La densité énergétique des aliments peut varier fortement
(plus ou moins de lipides, à l'inverse plus ou moins de fibres pour "diluer" l'apport énergétique tout en "calant") :
elle représente l'énergie métabolisable (en Cal.) par kg de matière sèche.
Pour un adulte "moyen" (entier, degré d'activité normal), il est recommandé qu'elle soit
supérieure à 3800 Cal/kg de matière sèche (380 Cal pour 100 g de matière sèche).
Elle est plus élevée pour le chaton en croissance (au moins 4400 Cal/kg de MS)
Comme pour la plupart des êtres vivants, le premier nutriment essentiel au chat est l'eau. Quelle que soit la qualité des nutriments que contient par ailleurs le régime alimentaire, un apport insuffisant en eau peut avoir des conséquences néfastes.
Le chat souffre quelque peu de sa réputation de "tout petit buveur",
les besoins en eau du chat n'étant pas si bas que ça.
Au minimum, le chat a besoin quotidiennement de 40ml d'eau par kg (kgs du chat, donc),
et de 60 ml pour un chat avec un degré d'activité normal :
un chat de 5 kg a ainsi besoin d'absorber au minimum 200ml d'eau, idéalement 300ml s'il est actif
(via sa nourriture ou telle quelle) : ce n'est pas rien.
Le Maine Coon étant un chat de grande taille, ses besoins en eau peuvent facilement ne pas être suffisamment
couverts, et il vaut mieux être vigilant en la matière.
On peut aussi ramener le besoin en eau à la quantité de matière sèche absorbée. Pour 1g de matière sèche (= tous les aliments sauf l'eau) qu'il absorbe, un chat a besoin au minimum de 2ml d'eau (et jusqu'à 4 ml). Comme les croquettes sont presque dénuées d'eau (5 à 10% en général), c'est, de façon simplifiée, presqu'un besoin du double d'eau du poids de croquettes qu'il mange, au minimum (et jusqu'à quatre fois le poids de croquettes avalées).
Le besoin en eau étant proportionnel à la production d'énergie, on peut aussi l'exprimer par rapport aux calories absorbées dans la ration quotidienne : le chat a besoin d'1 ml d'eau par Calorie (c'est facile à retenir en plus).
Un chat qui s'abreuve insuffisamment risque d'avoir des urines plus denses, ce qui le prédispose à la formation de calculs.
Les protéines sont le "matériau de base" de la vie :
à part de flotte, c'est principalement de cela que nous sommes composés et que nous renouvelons en permanence
(les protéines sont fabriquées à partir des recettes des gènes).
Nos cellules : des "usines à protéines", elles-mêmes bâties à partir de protéines.
Hormones, enzymes : tout cela n'est que protéines aussi.
Pour construire toutes ces protéines, l'organisme a besoin de... protéines !
Ils les absorbent à partir de sa nourriture, les décomposent et les recomposent à sa guise dans de nouvelles combinaisons.
Bref... les protéines, c'est important !
Le chat a des besoins protéiques élevés, même quand il est entré dans l'âge adulte (entre 32 et 40% de la matière sèche de ses aliments quand il est chaton, et toujours entre 28 et 35% une fois qu'il est adulte, avec un plancher à 20%).
Les carences en protéines sont nuisibles au chat (maigreur, croissance ralentie pour les jeunes, et problèmes plus graves en cas de manque de protéines essentielles...), mais, tout étant -encore une fois- question d'équilibre, les excès le sont aussi (ils font excessivement travailler les reins et le foie, sans compter que ce dernier va les transformer en lipides à stocker... Minou va grossir !).
C'est ainsi, aussi, que l'apport en protéines du chat "senior" dépend des cas : comme son métabolisme se ralentit (moins de synthèses, baisse des défenses immunitaires, moins de réserves...), il peut être bon de maintenir son apport protéique. Mais si un chat âgé a une quelconque fragilité rénale ou hépatique, problèmes fréquents chez le chat âgé, il est préférable de ne pas les faire travailler plus que nécessaire, et donc de réduire la part des protéines dans ses aliments à un seuil plancher. Les recommandations oscillent ainsi entre 18 et 25% de la M.S. des aliments, mais bien sûr cela dépend fortement de l'état de santé du "senior" concerné, et la qualité des protéines apportées a d'autant plus d'importance.
Le chat est un carnivore strict : cela signifie qu'il a un besoin vital en protéines d'origine animale.
Par exemple, pour lui, la taurine est une molécule indispensable car son organisme est quasi incapable de la fabriquer lui-même
(ce n'est pas le cas du chien, ni le nôtre dans une moindre mesure) :
or elle n'existe tout bonnement pas dans les protéines du règne végétal.
Une carence en taurine, par un apport carné insuffisant, peut avoir des conséquences graves (troubles de la vision voire cécité, troubles cardiaques - cardiomyopathie dilatée, à ne pas confondre avec la cardiomyopathie hypertrophique...).
Les cellules des végétaux ont aussi une particularité : elles sont recouvertes d'une "enveloppe de protection" faite de cellulose. Si cette enveloppe solide n'est pas cassée au préalable, les nutriments des végétaux ne sont tout simplement pas assimilés (c'est à cela que sert le broutage des vaches, herbivores quand on n'est pas occupé à leur donner des farines animales : elles cassent inlassablement la cellulose avec leur dents et peuvent ainsi digérer les nutriments - comme quoi elles sont beaucoup plus malines qu'elles n'en ont l'air, quoique d'aucuns puissent penser ou dire en les regardant faire ! C'est aussi à cela que servent, à nous omnivores, nos molaires et pré-molaires lorsque l'on mange des végétaux -- avaler une salade sans la mâcher remplit l'estomac et fait office de fibres, mais ne nourrit pas : on ne peut absolument rien en tirer d'assimilable, cela revient à sauter un repas... et à tirer les conclusions qui s'imposent sur qui a l'air et qui est entre la vache et l'humain ;-DD) ... Mais, toute digression mise à part, si on regarde la dentition d'un chat, celui-ci, avec les mignonnes petites quenottes qui lui servent de molaires et de pré-molaires, n'est tout simplement pas "équipé" pour une alimentation à base de végétaux. Par contre, ses canines (qui servent aux carnivores à découper leurs proies) sont là pour rappeler qu'il s'agit d'un carnassier.
Bref, ces deux exemples pour montrer que le chat est fait pour manger un régime à base de viande, et qu'il a besoin de protéines d'origine animale.
En revanche, cela ne signifie pas qu'un chat peut se nourrir exclusivement de viande, au sens de muscle : un chat chasseur mange tout ou presque de sa proie, ce qui inclut, par exemple, les os (source de minéraux, notamment le calcium...) et, même, des végétaux pré-digérés (avec cette fameuse enveloppe brisée) dans l'estomac de ses proies. Une alimentation à base de muscle animal seulement ne couvre pas l'intégralité des besoins du chat (pour le coup le trop est l'ennemi du bien) : un chat nourri exclusivement de viande souffre d'une carence en calcium telle qu'il enchaîne les fractures (les régimes BARF ne sont pas constitués exclusivement de viande crue, mais de viande + des os et des apports supplémentaires). La viande crue telle quelle, toute seule (par exemple, un bon steak haché) constitue un excellent "extra", mais pas une base alimentaire exclusive.
Toutes les protéines que le chat absorbe n'ont donc pas la même valeur biologique : les protéines des aliments avec la plus haute valeur sont celles qui contiennent le plus d'acides aminés essentiels, c'est-à-dire les acides aminés (des "bouts" de protéine) que les chats ne savent pas synthétiser. Les protéines qui apportent ces acides aminés essentiels ont une plus haute valeur biologique.
En l'occurrence, les plus "cruciaux" sont issus de protéines d'origine animale (taurine dont on a déjà parlé, et arginine).
La qualité des protéines dans les aliments du chat sont aussi importantes -plus- que leur quantité. Outre la couverture des apports en acides aminés essentiels, la digestibilité des protéines ingérées a toute son importance (les protéines peu digestibles sont... très mal digérées justement, et fermentent dans l'intestin).
Non, non, les lipides ne sont pas automatiquement synonyme de "gras du bide" ;-D
Pour le chat, ils sont une source d'énergie majeure & privilégiée
(contrairement à nous, le chat ne digère pas particulièrement les "sucres lents" des féculents,
et pas tous les sucres rapides non plus).
La densité énergétique est directement fonction de la quantité de lipides dans la ration.
A part fournir de l'énergie, les lipides ont aussi tout un tas de rôle dans le métabolisme du chat (faire des membranes cellulaires, maintenir l'équilibre de la peau -- un chat carencé en graisses a le poil terne et peut être sujet à divers problèmes cutanés) ... et la graisse sert en prime à donner de l'appétence à la ration !
Là non plus, toute graisse ne se vaut pas : la valeur nutritionnelle d'un aliment dépend des acides gras spécifiques qu'elle contient (tous n'ont pas la même digestibilité, la même nécessité...).
Pour un chat adulte, les besoins en lipides se situent entre 14 et 20% de la matière sèche des aliments (avec un plancher absolu à 9%).
Les besoins sont plus élevés pour le chaton en croissance.
Contrairement au chien (ou à nous, en tout cas à moi !), les chats ne sont pas particulièrement attirés par le sucré, et n'en distinguent pas le goût (ils distinguent le salé, l'amer, l'acide et l'unami -- mais surtout, ils ont un odorat très développé, et c'est ce qui est rend un aliment plus ou moins appétent). La vie est bien faite : en tant que carnivores stricts, ils peuvent s'en passer et puiser exclusivement leur énergie des lipides et des protides (bien sûr, ils tireront néanmoins de l'énergie des glucides qu'ils peuvent assimiler s'ils en mangent).
Les capacités de digestion des glucides des chats sont assez limitées : en gros il sait absorber le glucose. Elles vont aussi décroissantes avec l'âge, puisque la capacité de digérer un sucre comme le lactose est perdue après l'enfance (et c'est ainsi que le lait peut entraîner de sympathiques diarrhées...)
L'amidon (le sucre des féculents) est particulièrement peu digéré par le chat,
à moins d'avoir été très cuit.
Ce n'est pas très grave, mais ça fermente sec dans l'intestin de Minou, qui risque de sympathiques flatulences
si sa ration contient beaucoup d'amidon mal cuit :)
Il est préférable que l'amidon (bien cuit donc) ne dépasse pas 35% de la matière sèche
(l'amidon sert notamment au processus de "mise en croquettes"),
et moins encore pour le jeune qui le digère encore moins bien
(moins de 25%, comme pour tout chat sensible).
Pour autant, ça ne veut pas dire que tous les sucres "indigestibles" ne servent à rien : au contraire,
ils jouent le rôle de fibres dans le transit digestif
(revoici par exemple la cellulose des cellules végétales).
C'est d'ailleurs sur cela que "joue" toute alimentation hypocalorique (light) :
elle contient moins de lipides et plus de glucides-fibres, sa densité énergétique s'en trouvant alors réduite
(l'estomac est câlé par le volume & le chat n'a pas faim, mais il y a moins d'énergie à puiser dans la ration).
Vitamines et minéraux sont autant de molécules qui vont remplir un rôle très précis dans l'organisme
(déclencheur de telle réaction métabolique, édificateur de tel élément du corps...)
Pour la plupart, les besoins sont peu élevés... mais pas pour autant nuls !
Attention cependant à ne pas "hyper-supplémenter" Minou avec des compléments minéraux ou vitaminiques, en particulier s'il est nourri avec une alimentation "calibrée", car cela risque de pêcher par excès !
Parmi les minéraux, deux méritent une attention particulière,
et parce qu'il en faut une plus grande quantité (ce sont des macroéléments,
pas des oligoéléments dont une toute petite quantité suffit),
et parce que leur bon équilibre dépend l'un de l'autre:
il s'agit du calcium et du phosphore, "en compétition".
Le calcium a besoin d'être apporté en quantités supérieures, pour un rapport calcium/phosphore aux alentours de 1,3 (entre 1 et 1,5).
Quantitativement, la matière sèche des aliments devrait contenir, optimalement, entre 0,8 et 1% de calcium, et entre 0,7 et 0,9% de phosphore (tout en respectant le ratio).
L'équilibre global des apports minéraux est aussi très important :
il intervient dans le pH urinaire, qui doit, idéalement, être légèrement acide et se situer entre 6 et 6,5.
Si le pH urinaire est trop basique, des calculs de struvite risquent de se former.
Ceux-ci peuvent être dissous via une alimentation corrective, de prescription vétérinaire.
Si le pH urinaire est trop acide, ce sont des calculs d'oxalate de calcium qui menacent (surtout chez le chat âgé).
Ceux-ci nécessitent une intervention chirurgicale pour être éliminés.
En cas de doute (Minou se plaint dans sa litière par exemple), du bête papier pH permet de voir le pH urinaire
avec une simplicité enfantine (le plus compliqué, c'est de le placer au bon endroit au bon moment....).
En cas de problème, rien ne peut remplacer la consultation vétérinaire.
Il existe deux grandes classes de vitamines : celles qui se dissolvent dans l'eau (hydrosolubles) et celle qui se dissolvent dans la graisse (liposolubles).
Les excès en vitamines hydrosolubles sont relativement rares, car elles sont éliminées très facilement (via l'urine). En revanche, comme il n'y a presque pas de stock, il en faut un apport quotidien. Il s'agit des familles B et C (cette dernière étant moins "cruciale" au chat que les B).
Les vitamines liposolubles, elles, peuvent donc se stocker avec les graisses (elles sont aussi véhiculées par le gras, d'où, toujours, l'importance des lipides) : elles peuvent donc s'accumuler, et si l'alimentation en apporte trop, l'excès peut guetter. Les vitamines liposolubles appartiennent aux familles A, D, E et K.
J'adore les étiquettes !
Surtout la partie "commerciale" où tout est toujours mieux, plus adapté, et enrichi en le-nom-scientifique-de-la-vitamine.
Cette partie est tout de même un peu réglementée,
notamment pour les "teneurs en".
Pour les grands curieux, le code complet des réglementations est édité par la FACCO
(mais pas sur son site...).
A noter que premium n'est pas une appelation réglementée, donc elle peut être utilisée sans que l'aliment en question soit... premium justement. C'est plus important qu'elle le soit dans le paquet que dessus ;-D
Pour tous les aliments de prescription (qui ont une AMM), la mention "Avant utilisation, il est recommandé de demander l'avis d'un vétérinaire" est obligatoire... et c'est pas à tort.
Les ingrédients sont listés par ordre d'importance, ceux qui entrent en quantité la plus importante dans la fabrication du produit étant cités en premier, par ordre décroissant jusqu'à l'ingrédient utilisé en plus faible quantité.
Au départ de la liste, les ingrédients les plus importants, pour notre petit carnivore strict, doivent être d'origine animale et non végétale
(sauf cas vraiment spécial d'aliments de prescription très spéciaux,
mais qui de toute façon ne doivent préférablement pas être utilisés sans conseil vétérinaire
et ne sont pas destinés à constituer une nourriture sur le long terme).
Quand le pourcentage est indiqué, c'est mieux, mais les étiquettes sont parfois avares en la matière...
Autre "astuce" (s'il en s'agit...), les ingrédients peuvent être "décomposés" :
ainsi poulet, maïs, blé, riz, cela fait poulet comme ingrédient majoritaire sur l'étiquette,
mais trois céréales distinguées, dont les quantités additionnées peuvent en fait être supérieure à celle de poulet
(oui, je sais, c'est mesquin).
Les listes d'ingrédients ont aussi leur "langage", notamment les "catégories d'ingrédients",
qui donnent des indications super-générales genre viandes (de quoi ?) - il est tout à fait légal de n'indiquer que cette classe, mais c'est tout à fait agaçant.
Céréales ou légumes, de même, sont des catégories autorisées (sans distinguo frais ou non pour les derniers, par exemple...).
Sous-produits animaux regroupe en gros tout ce qui était impropre à la consommation humaine,
des poissons mal calibrés -au moins c'est un poisson entier- en passant par les carcasses de volaille
une fois la viande destinée à la filière agro-alimentaire humaine prélevée,
aux abats non-utilisés en boucherie humaine (revoilà le mou - les poumons) ou aux débouchés faibles (cœur par exemple)...
Bref, cela peut recouper beaucoup de choses (...),
même si des contrôles sont en principe effectués pour les animaux d'élevage destinés à la consommation humaine
(ce qui veut dire que, pour un produit français, même si qualitativement les "sous-produits animaux"
n'apporteront pas nécessairement des nutriments d'une qualité nutritionnelle exceptionnelle,
à tout le moins les animaux dont ils proviennent n'étaient pas malades ou autres -- enfin normalement et légalement, à tout le moins aussi ;
"légalement et normalement" encore, d'autre part, les déchets d'équarissage
ne peuvent pas rentrer dans la composition des aliments pour
animaux fabriqués dans notre pays -- l'indication du pays de fabrication est à ce titre intéressante).
Extraits de protéines végétales désigne une "concentration de protéines à partir de produits végétaux qui doit avoir un taux protéique d'au moins 50%"
(je sais que c'est flou...).
Farines schmurtz schmurtz là ça devient vraiment flou...
Globalement, cela peut laisser les étiquettes dans un univers assez elliptique (c'est agaçant),
au bon vouloir du fabricant, qui au mieux indique l'espèce (quelle partie est souvent gardé comme un secret des dieux...).
Au crédit des marques "premium", une transparence -un peu- plus grande
que les marques d'entrée de gamme où le flou le plus complet peut règner.
L'énumération des colorants, conservateurs et autres antioxydants est obligatoire, tout comme l'ajout de vit. A, D ou E dans le process de fabrication (après sur la "partie commerciale", il est possible de rajouter "spécialement enrichi en vit. A, D ou E" :-D)
Là aussi, elle peut être plus ou moins détaillée.
Sont obligatoires les taux de protéines, de matières grasses, de cendres ("cendres" recouvre toutes les matières minérales : cela inclut les minéraux nécessaires), de cellulose (qui peut entrer dans la catégorie plus large "fibres") et d'humidité (c'est-à-dire d'eau).
Certains fabriquants indiquent la part de glucides assimilables (ENA), d'autres non. Il est facile de la calculer en additionnant les taux de protéines, mat. grasses, cendres, cellulose & humidité, puis en retirant cette somme de 100.
Si les comparaisons avec les besoins quantitatifs recommandés supposent de calculer le pourcentage de tel ou tel nutriment par rapport à la matière sèche (sans prendre en compte l'eau),
les fabricants indiquent généralement plutôt le pourcentage par rapport au poids de l'aliment fini (avec l'eau),
ce qui suppose de
faire des maths
C'est un bon vieux produit en croix, presque plus long à expliquer qu'à faire :
On cherche le taux de protéines dans la matière sèche :
Ce qui fait x = 37.8x100 / 94.5 = 40
37.8
(taux de protéine dans produit fini)x
94.5
(100-5.5 / 100-part d'eau)100
[taux de protéines donné dans produit fini x 100 / (100-proportion d'eau dans produit fini)]
... et qu'à cela ne tienne :-D
Voici ce que ça donne pour certaines croquettes "chaton" de marques haut de gamme. Les proportions ramenées à la matière sèche (MS) sont indiquées dans la colonne bleue :
| Hills Kitten Poulet | Hills Kitten Thon | Mastery chaton | RC Kitten 34 | Proplan Kitten Poulet et riz | Nutro Choice Complete Care Kitten | |||||||
| % brut | % MS | % brut | % MS | % brut | % MS | % brut | % MS | % brut | % MS | % brut | % MS | |
| Humidité | 5.5% | - | 5.5% | - | 8% | - | 7% | - | 8% | - | 9% | - |
| Protéines | 37.8% | 40% | 37.8% | 40% | 36% | 39.1% | 34% | 36.5% | 42% | 45.6% | 37% | 40.6% |
| Matières grasses | 25% | 26.5% | 25% | 26.5% | 22 % | 23.9% | 20 % | 21.5% | 21 % | 22.8% | 22% | 24.1% |
| Cendres | % | % | % | % | 6.5% | 7.1% | 6.5% | 7% | 6% | 6.5% | 7% | 7.7% |
| Calcium | 1.05% | 1.11% | 1.09% | 1.15% | 1.2% | 1.3% | 1.1% | 1.18% | 1.1% | 1.2% | 1.2% | 1.3% |
| Phosphore | 0.85% | 0.9% | 0.92% | 0.97% | 0.9 % | 0.98% | 1% | 1.07% | 1% | 1.08% | 1.1% | 1.2% |
| Ratio calcium/phosphore | 1.23 | 1.18 | 1.32 | 1.1 | 1.11 | 1.08 | ||||||
| Densité énergétique | 4500 Cal/kg de MS | 4480 Cal/kg de MS | ||||||||||
Et pour quelques boîtes...
| Hills Kitten | Nutro Choice Complete Care Kitten | |||
| % brut | % MS | % brut | % MS | |
| Humidité | 68.2% | - | 82 % | - |
| Protéines | 15.6% | 49.1% | 9 % | 50% |
| Matières grasses | 8.9% | 28% | 3 % | 16.7% |
| Cendres | 2.4% | 7.5% | 2.5 % | 13.9% |
| Calcium | 0.38% | 1.19% | 0.18% | 1.5% |
| Phosphore | 0.32% | 1.01% | 0.14% | 1.16% |
| Ratio calcium/phosphore | 1.18 | 1.29 | ||
| Densité énergétique | 4670 Cal/kg de MS | |||
On est ainsi en mesure, outre de pouvoir comparer aux recommandations (par exemple, l'apport protéique d'un aliment chaton doit être d'au minimum 32% de la matière sèche ingérée : sur ce plan, tous ces aliments remplissent leur rôle, à tout le moins quantitativement), de comparer les produits entre eux sur les mêmes bases (difficile sans cela de se rendre compte que, de ces exemples, le taux de protéines le plus élevé dans la matière sèche -50%- se situe dans le produit qui affiche justement le taux le plus bas -9%- dans le produit fini, puisque très humide).
Néanmoins, c'est une comparaison purement quantitative : la liste des ingrédients permet aussi une approche plus fine (par exemple, les croquettes qui ont le taux de protéines le plus élevé par rapport à la matière sèche -45.6%- contiennent aussi un apport végétal plus important en riz, ce qui amène une nuance sur ce taux : la part de protéines d'origine végétale y est plus importante aussi. Dans les boîtes, la proportion est systématiquement plus élevée, mais les indications sur l'énergie métabolisable (les calories) dans 100g bruts nous rappelle aussi qu'ils ont une moindre densité nutritionnelle. Etc...)
Guide pratique pour l'alimentation de votre chien ou chat (Association Canadienne des Médecins Vétérinaires)
Le comportement alimentaire du chat (chatterie Koolkat)
Et Outre-Atlantique, toujours prolixes en la matière :
CVM - FDA (Center for Veterinary Medicine - US Food and Drug Administration)
Voir aussi leur section Pet foods qui renvoie à différents documents d'information
AAFCO (Association of American Feed Control Officials)
L'alimentation du chat de R. Wolter et J.P. Clémentine (2002)
Il est aussi possible de trouver très facilement en occasion l'ancienne édition de Tout sur l'alimentation de votre chat
(de R. Wolter également) pour une bouchée de croquettes, et ce livre vient d'être réédité en juillet 2006 avec mise à jour
(si quelqu'un veut me faire un cadeau pour Noël...)
L'alimentation du chien et du chat de M. Colin. Destiné aux ASV, ce livre est un petit mémo très simple (et il vaut le coup rien que pour le chapitre "comment vendre des croquettes" qui est très-très-très drôle...)